MÉTHODES DÉFECTUEUSES
Pour mieux apprécier les qualités et la nécessité de îa méttode que nous venons d'exposer, il ne sera pas inutile de passer en revue les principales méthodes rivales ; à savoir : la méthode déductive pure, la méthode historique, la méthode positive et la méthode de Le Play.
Méthode déductive pure. — Cette méthode appartient principalement aux économistes libéraux de l'école anglaise, Ricardo, Malthus, Senior, Stuart Mill, et à leurs imitateurs français, J.-B. Say, Bastiat, Gournot, J. Garni«r^
La méthode déductive pure considère Thomme abstrait a^ité par un besoin indéfini de jouir, déployant, pour satisfaire ce désir, le minimum d'effort et obéissant à la grande loi de l'offre et de la demande. L'unique ressort qui meut cet homme, c'est l'intérêt personnel dégagé de la loi morale et des liens sociaux. Des notions primordiales du travail, du capital, de l'échange, de la valeur, se déduisent, par un enchaînement séduisant, les lois naturelles absolues et immuables deTécoiiomie-. Hélas ! transportées dans le domaine de la vie réelle, ces formules fascinantes n'offrent trop souvent qu'erreurs et qu'illusions^. C'est ainsi que des fameuses maximes de Ricardo sur la rente foncière résulte nn antagonisme radical et irrémédiable entre les propriétaires fonciers et les autres classes de la société. La même méthode et les mêmes principes conduisent, au contraire, Bastiat à l'optimisme économique et aux harmonies sociales, spontanées et indestructibles*.
Une variété de cette méthode est fournie par la méthode mathématique. Elle consiste à représenter, par des quantités mathématiques, les différentes grandeurs et variables écouo-
I. T. W. Pahkto, Cours d^ économie politique. \. V. G1.UWÈ3, Précis, p. 3a.