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V. Le Cour Grandmaison, loc. cit., p. t

4. E. LA.SK1NE. Le Socialisme suivant les peuples. Paris, Flammarion, igao.

l'association 461

comprend les Trade Unions, des unions travaillistes locales, V Inûi'pendent Labour Parti/y la Fabian Society. Ces deux derniers groupements surtout ont des programmes et des visées socialistes et, dans toute la Fédération, des tendances extrémistes se dessinent, dont quelques-unes rejoignent même le bolchevisme. Pourtant si certaines revendications du socialisme anglais, comme la nationalisation des mines, des transports..., ressemblent à celles du socialisme sur le continent, il ne faudrait pas en conclure que Tunité existe des deux côtés du détroit. Le marxisme est trop abstrait pour être apprécié des esprits positifs d'outre-Manche, la lutte des classes n'est pas là-bas érigée en dogme et l'anlicléricalisme n'y sévit pas dans les masses ouvrières. Mais les idées socialistes sont plutôt à l'état diffus, se traduisant par des réclamations d'ordre immédiatement pratique.

Les Chevaliers du travail ^ — En Amérique l'ordre des Chevaliers du tr.avail (TAe noble order of the Knights of labor) a eu longtemps une place et un rôle importants dans le monde du travail. Ses membres étaient unis par les liens d'une hiérarchie fortement organisée. A sa léte était un comité général exécutil de onze membres, présidé par un grand-maître ouvrier. Au-dessous, s'échelonnaientles assemblées d'État, les assemblées de district et les assemblées locales. Chaque année, se réunissait une convention générale, qui, seule, pouvait modifier la charte de l'ordre et élire aux hautes fonctions ^.

Le but de l'association était d'organiser les masses ouvrières, d'en faire une armée disciplinée, capable de tenir en échec les industriels et les financiers coalisés, et surtout les

I. Conf. R. Ely, The Labor Movement in America, p. 75, 88, 282, etc.; — E. Brelay, les Chevaliers du travail; — Divers articles dans \'A$s. catli., t. XXII, p. 7o3 (Laya) ; t. XXIIl, p. 583 (Cardinal Manning) ; t. XXIV, p. 295 (B. L. M...); — JoL'SSELiN, Rev. soc, janv. . mai 1893 ; — de Molinari, art. cité dans l'Univers, 12 avril 1887; — A. voN Sïl'D?(ITZ, Nordamerikaaische Arbeiterverhàllnisse ; — i Sartouius von Waltershausen, Die Nordamerihanischen Gewerkschaften unier dent Eiii/luss der fortschreitenden Produhlionslechiiik : Der moderne Sozialisnius in den Vertiitii(len Staalen von Amerika; Garrol-Wright, Uistorical Sketch of the Knights of Labor, Quaterly Journal of Economies, janv. 1887 > — ^^ Vogué, Affaires de Home, Rev. des Deux Mondes, t. LXXXl, 1S87, P- 842.

a. Conf. Elt. op. cit., p. 5t. \

monopolistes obstinés ^ Se& revendications, les unes 16^1 tirat'S, les autres à tout le moins hardies, ont été formulées par l'assemblée de 1878 en quinze articles, portées à vin^tdeux par les assemblées suivantes *.

L'Ordre ne date que de 1869. Son fondateur et premier grand-maitre, Uriah Stephens, était franc-maçon ; aussi établit-il avec l'obligation du secret, le serment sur la Bible et diverses pratiques empruntées à la franc- maçonnerie. Mais, en 1878, une transformation s'opéra par l'élection du grandmaître Térence Powderly, simple ouvrier mécanicien, mais doué d'une intelligence peu commune et d'une grande énergie de volonté. Powderly était un catholique pratiquant : sous son impulsion, l'assemblée décida que le secret ne liait pas les catholiques vis-à-vis de leurs confesseurs, et elle modifia les cérémonies de l'initiation qui rappelaient trop celles du rituel maçonnique.

Enfin, le Congrès de 1881 décréta qu'on rendrait j)ublics le nom et le but de l'Ordre ; jusque-là on ne l'avait désigné que par cinq étoiles, et l'emblème mystérieux avait éveillé bien des défiances et des soupçons.

Cependant l'association garda encore, en plus d'un endroit, surtout au Canada, ses tendances et ses allures maçonniques. C'est ce qui explique les condamnations réitérées dont l'autorité ecclésiastique frappa, dans ce pays, les Chevaliers du travail et la décision du Saint-Office de septembre 1884, assimilant l'association aux sociétés secrètes. Cette condamnation, qui ne concernait que le Canada, eut cependant son contre-coup aux Etats-Unis : en octobre i88(i, les archevêques américains, après avoir délibéré sur cette question, jugèrent, à la grande majorité de 10 voix sur 12, la condamnation inopportune. Le cardinal Gibbons, dans un éloquent mémoire^ adressé au Préfet de la Propagande, le cardinal Simeoni, se fit le défenseur des Chevaliers du travail et alla lui-même plaider leur cause à Rome. Le Saint-

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