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tiens et un nombre infiniment petit de patrons dont le christianisme est assez éclairé, assez désintéressé, assez actif pour fonder une corporation chrétienne. Ce fait a été constaté à plusieurs reprises aux congrès catholiques de Liège, Lille, Reims, Mouveaux ; on a dit à ce dernier congrès : « il est certain qu'aujourd'hui même le plus grand nombre, le très grand nombre des patrons ne s'occupent pas encore de la situation pénible de la classe ouvrière, et que le petit nombre de ceux qui s'en occupent reconnaissent eux-mêmes qu'ils ne font pas assez ni assez bien en faveur de l'ouvrier ^ » Helas ! combien de patrons chrétiens, en France, comprennent leurs devoirs tels que les expose M. Léon Harmel dans son livre : Catéchisme du patron ? Il faut encore tenir compte d'un autre fait : l'existence d'un mouvement démocratique universel, affirmé par le pape Léon XIU " ; l'assurance plus grande que les ouvriers ont conçue d'eux-mêmes^, et leur union plus compacte les portent à s'associer «ntre eux. De plus, comme le remarque M^' Doutreloux, « en présence de l'irritation qui règne dans la classe ouvrière et de ses aspirations à améliorer son existence matérielle, nombre de patrons craignent de voir ces aspirations dégénérer en esprit de révolte et en prétentions exagérées ; de leur côté, les ouvriers craignent de rencontrer chez leurs maîtres des dispositions peu favorables à leurs espérances... Peut-on croire, dès lors, que les patrons prendront l'initiative d'associations où leurs intérêts se débattront entre deux parties, les maîtres d'une part et les ouvriers de l'autre ? Pourrait-on amener les ouvriers à entrer dans ces associations où ils craindraient, même à tort, soit la partialité, soit la prédominance, soit le mécontentement de ceux dont dépend leur pain quotidien?*» C'est pourquoi il paraît bien que, dans la plupart des cas, il faut en venir aux syndicats parallèles.
Pour éviter une équivoque dangereuse, remarquez que cette organisation ouvrière n'est pas composée de syndicats séparés. Il n'y a pour fonder des syndicats séparés que les