‹ Cours d'économie socialeChapitre 22 sur 310 · I. V. Devas, Groundivorkt, p. 4a · texte numérisé non relu

I. V. Devas, Groundivorkt, p. 4a

a. Beudant, le Droit indloiduel et PEiat, ch. m, § 4 : c l'Ecole historiqne ». 3. V. Menobr, Untersuchungen ûber die Méthode der Soeialwiatentchafî undpoli» iitchen Œkonomie, notamment p. 187, seq.

METHODES DEFECTUEUSES ai

nouvel évangile, la sociologie est la science positive des phénomènes sociaux et de leurs lois.

La sociologie applique la méthode positiviste, c'est-à-dire qu'elle repousse toute idée comme tout principe a priori^ n'admet que les faits sensibles, proscrit la spéculation et la déduction et tient la métaphysique pour une chimère. Son objet ne comporte qu'une méthode : l'observation et l'induction '.

Selon la doctrine positiviste, la société est un organisme vivant, ayant son anatomie propre, évoluant suivant une loi immanente, ordinairement d'après les principes du transformisme. Aussi Herbert Spencer applique aux sociétés, considérées comme organismes, les deux lois darwiniennes de l'évolution, la concurrence vitale et la sélection naturelle-. De ces principes, il découle nécessairement que la science sociale, la sociologie, est l'histoire naturelle de la société, une branche de la biologie générale. Après cela, on s'étonne moins de voir les sociologues rechercher la révélation des lois sociales, non seulement chez les peuplades les plus barbares, mais encore dans les sociétés animales. Groupes d'animaux, sociétés humaines, la méthode d'observation appliquée à l'étude des organismes n'y fait pas de différence. C'est aux fourmis et aux abeilles qu'échoit ordinairement l'honneur de résoudre le problème social. L'homme et « les autres animaux », disent couramment, et avec une certaine affectation, les disciples de Comte et Spencer. Dans la méthode positiviste, les mœurs générales et les lois se confondent et empruntent à la nature même leur certitude et leur nécessité inflexibles. La loi, c'est la succession des faits correspondant à des circonstances données, c'est l'expression du développement organique, de l'évolution des sociétés humaines. L'école sociologique en France se divise en trois branches : 1° l'école anthropologique ou ethnographique, qui a pour chef Letourneau ; 1° l'école criminalisie de Tarde et Lacassagne ; 3" l'école universitaire ou morale dont les principaux représentants sont Fouillée, Espinas, Durkheim. a Cette science sociale, remarque M. Paul

I. V. DE Vabeilles-Sommièbes, le$ Principes fondamentaux du droit. 1. V. Bbudant, le Droit individuel et l'État, ch. m, § 5 ; — Caxjwès, Pre'eit, t. I, p. 10 ; — Paul Janet, Histoire de la science politique, t. II, p. 754.

a* INTHOD^UeTION

Lero}^Beaulieu, g-énéralement décorée ^u»om de sociologie, n'a certainement jusqu'ici pieu de réel ef aucun indice ne prouve qu'elle soit en train de se former. Ce mot de sociologie est simplement une rubrique prétentieuse et sonore^ sous laquelle on agglomère suivant la fantaisie, des observations disparates ou des systèmes conjectiaraux'.. »

Méthode de Le Play. — A cette question : qu'est-ce que la science sociale ? l'illustre économiste répond : a La science sociale est l'ensemble des coninaissances qui easeignenit comment les sociétés s'assurent le bonheur fondé sur la paix et la stabilité^. » Ayant constaté l'insuffisance de la méthiode aprioristique, dont la domination était alors sajïLS rivale, Le Play fit appel a à la méthode en usage dans les sciences polytechniques », à la méthode^ tracée par ï>escartes'. Pour mettre en œuvreeette méthode d'indLtction,réminentpenseur emploie quatre procédés : i° l'observation par les monographies de famille qu'il choisit dans la classe des travailleurs industriels ou agricoles ; 2° le reeonrs aux autorités sociales; 5* la comparaison avec les peuples, prospères, c'est-àrdirc avec les sociétés où la paix règne sans un reeoiurs habituel à. la force ; 4* les enquêtes législatives*. Telle est,, dans ses. grandes lignes, la méthode dm maître*.

Avant de prononcer un jugement^ nous tenons à rendre^ le plu'S sincère hommage aux sentiments élevés ^ aux intentions droites, à la science étendue du grand économiste. Le Play a été, dans la première moitié de ce siècle, l'apôtre infatigable d'ane noble et généreuse pensée :1a. paiix sociaJie; il a mis à nu/ les sophismes du libéralisme économicpuiev dissipé l'illusion des faux dogmes de la Révoliiïtion française^ Fetroavé et confirmé par l'argument des faits um grand nombre de vérités sociales enseignées par l'Eglise et le

K Traité,, <. I, p. 65.

a.. Ouvriers européens^ i* édit.„ p. 475.

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