La Réforme aoeiale en France
DIVISION DU TRAITÉ a5
autorités sociales, n'est-ce pas, en dernier ressort, le jugement capricieux de l'opinion publique ? Le Play ne compte pas le clergé parmi les autorités sociales, parce que, dit-il, « l'habitude du prosélytisme l'empêche d'avoir des idées complètement justes sur les questions sociales' » ; et cependant le premier, le plus sincère apôtre de la paix sociale, c'est, sans contredit, le clergé catholique.
A quel caractère reconnaître les bonnes ou les mauvaises institutions? « Les bonnes institutions, répond l'auteur de la Réforme sociale^ sont celles qui mettent la paix entre les hommes, les mauvaises sont celles qui font naître parmi eux l'antagonisme et la discorde. » Ce critérium est-il infaillible? Nous ne le pensons pas. Pour que des institutions sociales soient vraiment bonnes, il ne suffit pas qu'elles produisent la paix, c'est-à-dire, comme l'explique Le Play, l'absence de dissensions et de désordre; mais il faut, de plus, qu'elles favorisent le développement matériel, intellectuel ou moral de la société. La civilisation, vers laquelle tendent les efforts des membres de la société, n'est pas une paix inerte et stérile, c'est une paix active et féconde. En résumé. M. Le Play a recueilli des matériaux pour la science sociale; il a vérifié par l'observation plusieurs conclusions et développé le côté historique de cette science; mais, à notre avis au moins, il ne lui a donné ni une méthode exacte, ni une synthèse solide.