DIVISION DU TRAITÉ
La science sociale a pour objet les lois qui régissent la société; l'ensemble de ces lois constitue l'ordre social. L'ordre social, considéré dans toute sa généralité, se divise en plusieurs ordres particuliers : l'ordre juridique, l'ordre politique, l'ordre économique. Etudier chacun d'eux en détail, ce serait dépasser notablement les limites assignées à ces leçons. Nous bornerons donc notre étude à l'ordre social économique, et nous considérerons, dans la première
I. La Réforme êbeiale, eh. viii. — r Organisation du trapail, § 5.
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partie de ce traité, la constitution' foind'aineiitale de la sociiété;, dans la seconde, l'ordre économiqu*. L'ordre; qui doii régner dans la société résulte des diverses parties, unies par des liens communs et orientées vers une même; fiin. Par conséquent, nous examiaierons sa<îcessivememt : la fin de la société politique, les unités soGiates : individlus, familles, groupements divers», l'au-torité poli/tique, forme de la société, le lien qui unit ces parties, la justice et la charité, l'organisme social qui en résulte, et enfin l'Eglise chaorgée de conduire la société civile à sa fin dernière. Tout cela constitue l'a première section. Dans um© seconde section, nous; ferons l'application d« ces théories à la question sociale,, dont nous indiquerons les principales; solutions, à savoir la solution libérale^ la solution soeialiste et la solution, catliolique.
La seconde partie de notre traité» qui se rapporte à l'ordre; économique, ne peut avoir que trois parties principales : production, distribution, consommati'oa de la richesse. Comme le^ remarque justement Liberatore, « la raison de cette division est elaire; c'est que tous les points de vue sous lesquels la richesse peut être considérée se réduisent à ces trois questions priTicipales : Comment se produit lat richesse? Comment doit-elle se répartir entre ses prodiucteurs? Quelles règles président à la consommation? » Quelques auteuTS pejettemt comme siaperflue la dernière partie, c'est-à-dire la consoraniation des richesses. Mais la consommation de la richesse doit appartenir à l'économie politique. Pour se convaincre de cette vérité, il suffit d'observer que cette consommation est le but, la fin môme de la production et de la distribution. Or aucune science, et moins que toute autre une science pratique, ne peut négliger la fin à laquelle tendteat les au.tres matières dont elle traite..
D'autres auteurs, en plus, grand nombre,, divisent l'économie politique en quatre parties, ajoutant aux trois préeédentes la circulation, des richesses. Citons,, parmi les contemporains,, Baudrillart, Scliôaibierg„Walker, Ely„Leroy- Bcaulieu, Beauregard, de Laveleye, Levasseur,Joiirdan. Cette division nous paraiit pécher par excès. La circulation n'est qu'une forme de l'échange et se ramène facilement à la pro«duction de la richesse, dont elle est le complément nature!, ou à la distribu'tiûa, dont elle est, un des principaux moyenn»