Ci-dessous, ch. zix, art
DU SALAIRE Bij
A&ncLE 3. — Défense du salariat. *
Avantages du salariat. — L'union du capital et du travail par le contrat de louage de services est parfaitement con-* forme au droit naturel. Remarquons d'abord que ce régime n'est point une invention du xix" siècle. Il a existé de tout temps; toujours il y a eu, dans les classes libres d'un Etat, à côté des grands et des riches qui usent de l'esclavage, des pauvres qui doivent mettre leurs bras au service d'autrui. L'Ancien Testament fait, à plusieurs reprises, allusion à des artisans salariés : « Le prix du mercenaire qui vous donne son travail, lit-on dans le Lévitique, ne demeurer! pas chez vous jusqu'au mâtiné » Dans le Deutéronome et le livre de Tobie, on rencontre des passages aussi explicites*.. Homère, on le sait, a transmis à la postérité le nom des artisans qui ont fabriqué Tare de Pandarus et le bouclier. d'Ajax^ Personne n'ignore avec quel luxe de détail le poète Hésiode décrit les travaux libres du commerce, de l'agriculture et de la navigation *. A Rome et pendant toute la durée du moyen âge, le salariat fut toujours en vigueur, comme on peut s'en convaincre en lisant les travaux de M. Levasseur *.
Le régime du salaire présente pour l'ouvrier deux avantages principaux :
1° Elle l'affranchit des risques industriels; le droit au salaire naît immédiatement du travail, au lieu de dépendre du succès d^une entreprise dont la direction appartient à autrui. En cela le régime du salaire diffère essentiellement du régime de société ou de coopération;
2° Elle assure à l'ouvrier le paiement de ses services à échéances fixes ordinairement très rapprochées les unes des autres. La plupart des ouvriers n'ayant ni capitaux ni avances,