Ibid., p
soixante mille la quatrième. Mais, pour que lamiiltiplicatîoR procède ainsi, il iaut que la nourriture, savoir la terre, ne manque pas au blé ; c'est tout comme pour l'homme*. »
Les subsistances influent sur la population ; qui pourrait douter de cette vérité ? Sans vivres, on ne saurait vivre. Ce truism était connu longtemps avant V Essai sur le principe de population. Malthus suppose un État fermé et démontre sans peine que, par suite d'une diminution dans la fertilité du sol, il arrivera un moment où l'accroissement de la population sera tel que les produits du sol seront insuffisants à l'alimentation des habitants. Rien n'est plus exact inabslracto. Ce fait se rencontre même à l'état d'exception, comme par exemple, dans l'île de Tsong-Ming, en Chine . Mais d'une exception induire une loi générale, c'est commettre un paralogisme.
La théorie de Malthus trouve-t-elle du moins dans les faits et la statistique un fondement solide? Nous ne le pensons pas. D'une part, en effet, la loi de progression géométrique pour l'accroissement de la population est en contradiction avec les stastistiques les plus dignes de confiance. D'autre part, l'écart entre l'accroissement de la population et celui des subsistances est si faible que, dans ces limites, la théorie est vaine et sans aucune application pratique. A l'appui de sa thèse, Malthus apporte l'exemple de TAmérique du Nord, dont la population a doublé plus d'une fois en moins de vingt-cinq ans ; on cite encore l'accroissement très rapide de la population en Australie. Mais ces exemples ne sont d'aucune utilité à la thèse. Dans ces deux pays, en effet, la population s'est accrue par les émigrants et les fils d'émigrants ; en outre, la population a donné une énorme extension à la production des subsistances. Malthus semble avoir oublié qu'un peuple ne vit pas seulement de denrées produites par le sol où il est fixé ; il se nourrit encore et en grande partie des produits obtenus par l'échange. Dès lors, que faut-il pour que les subsistances suffisent à la population? Trois conditions sont nécessaires : i* que les terres cultivables ne fassent pas défaut; a* que la fertilité de ces terres se maintienne à un niveau suffisant; 3* que les moyens de commu-