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Political Economy, p. i

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quantité de biens extérieurs dont l'usage est requis à l'exercice de la vertu. Or, tous ces biens, c'est le travail de l'ouvrier, travail des champs ou de l'usine, qui en est surtout la source féconde et nécessaire. Bien plus : dans cet ordre de choses, le travail a une telle fécondité et une telle efficacité que l'on peut affirmer, sans crainte de se tromper, qu'il est la source unique d'où procède la richesse des nations. L'équité demande donc {Jubet igitur aequilas) que C Etat se préoccupe des prolétaires [curam de protêt ario publiée geri) et fasse en sorte que, de tous les biens qu'ils procurent à la société, il leur en revienne une part convenable, comme l'habitation et le vêlement, et qu'ils puissent vivre au prix de moins de peines et de privations^. »

En d'autres termes, l'Etat doit, dans la limite de ses attributions, procurer la prospérité économique de la nation. Comme le remarque très justement le P. Castelein, « une nation économiquement prospère doit réaliser cette double condition : chacun y travaille librement selon ses a])titudes et son rang, d'une manière utile au bien général; chacun trouve dans ce travail le salutaire exercice de ses facultés et le légitime apaisement de ses besoins. Alors la répartition de la richesse se ramène à cette formule : à tous, lo nécessaire, à l'abri de l'indigence; — à la plus grande majorité possible, l'utile dans une modeste aisance; à une minorité digne et capable d'une mission plus élevée, un superflu qui lui permette d'être la providence des malheureux, la protectrice des sciences et des arts*. »

i" Action sur la natalité. — L'Alliance nationale pour l'accroissement de la population française, fondée en 1896, propose les mesures suivantes pour augmenter la natalité : dégrever d'impôts les familles qui ont plus de trois enfants, notamment en matière de succession; modifier les lois successorales et le régime des partages puisque les lois actuelles, basées sur le partage forcé, contribuent puissamment à inspirer les calculs de l'égoïsme paternel; enfin protéger l'enfance, afin de diminuer la mortalité du premier âge.

I. Encycl. Rerum novarum, §§ Sed illud, Quamvis eulem. *. La méthode des sciences sociales, p. 33.

Le 6 novembre 1901, M. le sénateur Piot présentait un(

proposition de loi tendant à combattre la dépopulation en

France. La loi consistait à faire payer aux célibataires et

aux ménages sans enfants un impôt qui serait employé à

subventionner les familles nombreuses. Les célibataires des

deux sexes, âgés d'au moins trente ans., seraient assujettis à

une taxe égale au quinzième de la principale des quatre

contributions payées par eux. Les époux, mariés depuis

cinq ans au moins, paieraient un vingtième, calculé de la

même façon, s'ils n'avaient aucun enfant vivant. Par contre,

i un crédit de vingt millions serait ouvert et distribué chaque

\ année aux parents ayant plus de quatre enfants vivants.

' Un grand nombre de propositions de loi ont été déposées

dans le même sens.

Actuellement la loi du aS juin 1920 stipule à propos de \ rimpôt sur le revenu :

Les contribuables mariés ont droit, sur leur revenu annuel, k une déduction de 3. 000 francs.

« En outre, tout contribuable a droit, sur son revenu annuel, à une déduction de i5oo francs par personne à sa charge, si le nombre de personnes à sa charge ne dépasse pas cinq. Toutefois, pour chaque enfant au dessous de vingt et un ans, resté à la charge de ses parents, et pour chaque personne au delà de la cinquième, quel que soit son âge, la déduction sera portée à 2.000 francs. » Au contraire :

« T,e montant de l'impôt général sur le revenu est majoré de 25 p. 100 pour les contribuables âgés de trente ans qui sont célibataires ou divorcés et n'ont aucune personne à leur charge.

« Le même montant est majoré de 10 p. 100 pour les contribuables âgés de plus de trente ans, mariés depuis deux ans au i®"" janvier de l'année de l'imposition, lorsque, à la même date, ces contribuables n'ont pas d'enfant et se trouvent n'avoir aucune personne à leur charge. »

Il ne faut pas négliger les mesures à prendre pour diminuer la mortalité infantile. Au point de vue de la mortalité infantile, l'amélioration est grande, car depuis un siècle elle est descendue de 28,2 à 22,1 pour i.ooo d'habitants. C'est ^ encore trop, car la perte annuelle de 170.000 enfants âgés de

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moins d'un an, est un véritable désastre. Il y aurait donc lieu de surveiller de plus près l'application de la loi Roussel qui a rendu déjà tant de services, d'étendre Tassislance malernelle à domicile, de retenir la mère pauvre au foyer et de la secourir au moment de ses couches. Il faut favoriser les œuvres créées dans cebut, comme les mutualités maternelles qui protègent la mère en même temps que lenfant et seconder les efforts de l'initiative privée en lui accordant les subventions de l'Etat. Il faut enfin combattre la tuberculose et l'alcoolisme, ces deux grands tueurs d'hommes.

Tous ces remèdes sont bons, mais sans la morale et la religion ils n'obtiendront jamais leur plein effet. Seule la morale religieuse est capable d'élever les cœurs au-dessus des séductions d'un sensualisme égoïste, de fortifier la volonté par l'espérance de la récompense éternelle, de ressusciter la sainteté du mariage, d'arrêter la stérilité systématique par la crainte des châtiments de l'au-delà.

Influence de l'Église sur la population. — Cette influence est décrite excellemment par M. Gh. Périn :

« La morale catholique, avec les institutions qui en découlent, donne au problème de la population la seule solution qui offre à la société de sûres garanties de prospérité, de force et de durée, par le développement régulier de toutes ses tendances naturelles et légitimes. C'est en faisant de la chasteté pour toutes les conditions de la vie une obligation rigoureuse; c'est en prêchant la chasteté dans le mariage et la chasteté dans le célibat, que l'Eglise catholique assure la fécondité des races, en même temps qu'elle contient leur expansion dans de justes limites.. On a reproché à l'Eglise tantôt de pousser, par les principes de sa morale sur le mariage, à un accroissement inconsidéré de la population, tantôt d'imposer au progrès de la population, par le célibat de ses prêtres et de ses ordres religieux, des restrictions fatales à la prospérité des peuples. On n'a pas vu que l'Eglise, en imprimant en même temps aux mœurs cette double impulsion, évitait par cela même les deux écneils contre lesquels vont se briser toutes les sociétés qui prennent leurs règles en dehors de ses principes, l'excès de population qui s'accroît plus rapidement que les subsistances, et une décrois-

sance constante de la population qui enlève aux sociétés leur ressort et les conduit à une inévitable décadence. L'Eglise maintient les sociétés dans la voie du progrès, parce qu'en même temps qu'elle leur imprime une tendance constante à s'accroître eu nombre, elle développe sans cesse en elles toutes les puissances du travail. Grâce à l'impulsion que les sociétés reçoivent de l'Eglise, l'accroissement de la population, contenu dans de justes bornes et accompagné d'un développement parallèle dans la puissance du travail, est à la fois leur honneur et leur force *. »

i. De la Richesse da/tt les êociéiés chiéliennes, t. 1, p. 54l.

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