La Tjjrannie socialiste, p. i t i
688 l'ordre économique
L'auteur des Harmonies^ pour mieux faire comprendre s& pensée, la représente par les chiffres suivants : « Représentons, dit-il, les produits totaux de la société à des époques successives par les chiffres i.ooo, 2.000, 3. 000, 4-ooo, etc. Je dis que le prélèvement du capital descendra successivement de 5o p. 100 à 40j 35, 3o p. 100, et celui du travail s'élèvera, par conséquent, de 5o p. 100 à 60, 65, 70 p. 100, de telle sorte que la part absolue du capital soit toujours plus grande à chaque période, bien que sa part relative soit plus petite^ *
Après l'affirmation, la preuve : « Cette démonstration se divise en deux. Il faut prouver d'abord que la part relative du capital va diminuant sans cesse. Ce ne sera pas long, car cela revient à dire : plus les capitaux abondent, plus l'intérêt baisse... Peu à peu les capitalistes ne reçoivent plus qu'un quart, un cinquième, un sixième; leur part relative va décroissant, celle des travailleurs augmente dans la même proportion, et la première partie de ma démonstration est faite. II me reste à prouver que la part absolue du capital s'accroît sans cesse... Or je dis que le pourcentage, dans la tendance à baisser, ne doit ni ne peut suivre une progression tellement rapide que la somme totale des intérêts soit moins grande, alors que les capitaux abondent, que lorsqu'ils sont rares... Je n'admets pas, par exemple, que l'élévation du capital de 100 à 200 puisse faire tomber l'intérêt de 5 p. 100 à 2 p. 100 par exemple. Car, s'il en était ainsi, le capitaliste qui avait 5. 000 francs de rente avec 100.000 francs n'aui-ait plus que 4.000 francs de rente avec 200.000 francs de ca[Hlal. Résultat contradictoire et impossible, anomalie étrange, qui rencontrerait le plus simple et le plus agréable des remèdes, car alors, pour augmenter ses rentes, il suffirait de manger la moitié de son capital ^ »
Ce raisonnement du brillant écrivain de l'école libérale française est loin d'imposer la conviction ; sous une merveilleuse simplicité apparente, il présente un tissu compliaué d'équivoques :
I* Admettons que la part relative du travail Hans le prodiii» total suive une progression croissante; en résiille-t-il n<Messairement que la part des travailleurs aiiguieiiieia .' Sun,