‹ Cours d'économie socialeChapitre 27 sur 310 · i« Ib, q. I, a. a · texte numérisé non relu

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l'union des membres présente une certaine stabiH|é. Toute société est une collectivité ordonnée, une multitude ramenée à l'unité. Quel est donc le principe d'ordre et d'unité qui fait àe plusieurs hommes une société une? Sans aucun doute, ce n'est point seulement l'unité du but à poursuivre. Direzvous qu'une société existe entre plusieurs savants dont les recherches ont le même objet, le remède de la tuberculose, par exemple, ou encore entre plusieurs capitalistes qui emploient leurs capitaux à faire hausser ou baisser la même valeur en différentes bourses? Non, car l'élément vraiment constitutif de la société se trouve dans la communauté des volontés et des tendances pour obtenir un bien commun. Il faut, en un mot, que les efforts isolés s'unissent dans une tendance collective sociale. S'il en était autrement, l'union des membres pour la fin serait fortuite, accidentelle, inefficace, et ne se distinguerait point de la multitude des parties agissant isolément pour leur compte personnel.

Eléments constitutifs de la société ^ — Ces notions nous font connaître les éléments essentiels de toute société. Gelfeci contient, en effet, un élément matériel {materia societatis), les membres de la société; un élément formel (forma socie' talis) idéal et abstrait, la coordination, l'union des volontés, pour un bien commun. C'est par ce lien moral orientant vers un même but les activités et les énergies des individus dans une action commune et collective, que la multitude s'élève à l'état et à la dignité d'être social.

Outre cet élément formel idéal, il entre dans la constitution de toute société un second principe formel concret; je veux dire l'autorité. Dans les membres de la société, l'union, l'harmonie, la coordination, l'efficacité des intelligences, des volontés, des opérations, est un fait qui doit avoir son principe immédiat. Ce principe, c'est l'autorité. Saint Thomas nous l'affirme de la façon la plus expresse : « La vie sociale est impossible sans une autorité qui ait pour fin le bien commun ; car plusieurs hommes par eux-mêmes tendent à des termes différents, mais un seul principe tend à un seul terme *. ».

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