I. Coof. Fabrecuettes, Société, État, Patrie
a. it 3a, q. 96, a. 4.
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Voilà pourquoi l'autorité n'est pas seulement nécessaire pour prévenir les abus de La liberté. Elle n'est point exigée par des circonstances spéciales où se trouverait telle société particulière. Elle n'est point l'apanage des sociétés liumaines constituées après la chute originelle. Mais l'autorité dans une raonarciiie ou une démocratie est un élément indispensable à toute société civile, religieuse ou politique '.
Dans une démocratie directe^ l'autorité suprême réside dans la collectivité; une démocratie représentative, tout en conservant en elle-même le principe du pouvoir, en délègue l'exercice à un ou plusieurs élus de son choix. Dans la démocratie française, l'autorité suprême est exercée par la Chambre, le Sénat et le Président de la République ; elle existe principalement dans le pouvoir législatif confié par le suffrage univers-el aux deux Chambres, qui constituent le parlement.
ARTICLE a. — Origine naturelle de la société civile.
De ces considérations générales descendons à l'étude parti-cuiière de la société civile. Le premier caractère de la saci'été politique, c'est, sans contredit, d'être une société die d^^il natui-'el, d'avoir son fondement dans une tendance innée de la nature humaine.
La société politique est une société naturelle. — D'après Hobbes et Rousseau, la société politique n'est pas une institution naturelle; elle résulte, au contraire, d'un contrat librement déliattu et dont les clauses sont toujours révocables au gré des conti'actants ; en somme, il n'en va pas autrement du contrat social, d'où procède la société, que de tout autre contrat de société civile ou commerciale. Cette théorie, ou plutôt cette hypothèse gratuite, n'est pas fondée ^ Interrogeons l'histoire : elle nous dit que, parioiU et loujours^ on trouve les hommes organisés en société politique. Jamais on n'a rencontré un peuple qui ne possédât, avec une
I. V. "ScHïFPiNi, Etfiic. ^eneralia, p. 364; — CATHmEn», Moralphilosaphie, Bd lï, f, 3io ; — JL us VAJtEXLi.£s-ScufHiÈfi£&, les iPrineipes foodamentaux du dmii, p. 49 et 5o; — Tancrède Rotde, Traité de droit naturel, p. io8.
a. Pour la réfutation de la théorie du contrat social, v. de Vareilles-Sommièeks, les Principe» fondamentaux du Droit, XII-XW!-; — DE Pascm-, PMhtaphxt morale *t tociaU, Ut. III, i" sect., chap. ii.
LA SOCIÉTÉ POLITIQUE 3t
argajiisatioai ;»aciale envelopjpxant et réiuaissant les familles^ une icei-ilaine autorité politique &tij)érieiLre„
Une colletction de îfaaiiiUes Linies pour , leur défense et 'leur biejQ iCOHLinun, ■û'-esl-^ce pas là urne société politique.? Toul imparfaile et a'udime<n taire qu'elle soit, ceite oi'ganisation n'^en exisie pas moins et constitue un Elal dans ce qu'il a d'iessicoiitiel ^ Ce fait serait inexplicable, si la .tendance à constituer ia société civiile n'avait son fondement dajQS la nature même de Tbomme. Sans doute, le fait historique auquel chaque société civile particulière doit son origine, sa physionomie distincte >et sa co<ns.titution spéciale., est mulLi,ple et variaMte. Extension d'une famille, émigration de groupes, conquête du territoire, «consen bernent de Ja majorité : ces faits et d'autres semblables se trouvent inscrits dan^ l'acte de naissance des sociéLés. Toutes ces ,diifér.eaices accessoires s'ajoutent au fait primioa*dial et fondamental : l'existence des sociétés civiles. Or un phénomène fgénéral qui, au milieu des vicissitudes, des changements, des révolutions auxquels se trouve soumise l'humanité, îion seulement se reproduit avec une constance parfaite, mais encore se développe et se perfectionne avec la civilisation; un tel pliénomène a, de toute nécessité, une cause universelle et permanente : la nature humaine commune à tous les hommes.
La société civile a donc son fondement dans la nature de l'bomme; c'est, en d'autres termes, une société de droit naturel *.
Au témoignage de l'histoire se joint Je témoignage direct de la nature humaine. Tous les liommes sont, par une irrésistible impulsion de leur nature, poussés vers le bonheur.; tout homme désire être heureux i voilà un fait dé conscience, d'ex^périencB et d'hristoire.
Sans doute, le bonheur absolu et parfait ^ne se trouve que xians l'autre vie.; mais, -dès ici-iKas, l'homme aspire à être iieuineux, et dans la plus large jnesuine possible-; le bien-être temporel ne peut lui .êJbre indifférent, et, par un instinct naturel, l'homme fuit la misère et le malheur. Durant cette Tie, il cherche à s'établir dans un état où il puisse libremient