‹ Cours d'économie socialeChapitre 271 sur 310 · I. Cité par Raffalovich, Des Logements d'ouvriers, p · texte numérisé non relu

I. Cité par Raffalovich, Des Logements d'ouvriers, p

€96 l'ordre économique

enfant La dépense totale aurait donc été, pour une famille de quatre personnes, les enfants n'étant pas en âge de travailler, de 2.400 francs (1.200 -f- 600 -f- 3oo -\- 3oo). D'après ces données, l'ouvrier marié et sans enfant, à raison d'un salaire de 6 francs, ne gagnait pas la somme nécessaire à l'entretien du ménage. S'il y avait deux enfants, son salaire pour pourvoir à l'entretien de la famille aurait du être de 8 fr. 25. Il fallait donc que le travail de la femme fournît un appoint assez considérable ; ajoutons, toutefois, qu'on ne peut calculer sur le taux moyen du salaire des ouvrières, le gain d'une mère de famille qui doit s'occuper des enfants, des soins du ménage, de la préparation des repas, etc. La famille ouvrière ne pouvait être entretenue avec le salaire moyen du chef de famille ; le gain des heures supplémentaires, le salaire de la femme et des enfants déjà élevés, devaient apporter un complément indispensable. « Voilà, concluait M. Gauwès, auquel nous empruntons ces données, le fait général qui résulte de nombreuses monographies de familles ouvrières. Mais il convient de faire remarquer que le compte des recettes a été établi à raison de cinquantedeux semaines. Or, combien est précaire l'équilibre d'un budget qui ne donne qu'un faible excédent sans cesse menacé par des interruptions de travail, qui peuvent être involontaires et provenir de la maladie, des mortes-saisons ou des crises' ! »

Le rapport sur la situation des classes ouvrières, présenté à la Chambre des députés en 1875, contensil cet aveu : «Aujourd'hui une famille rangée, économe, laborieuse, dont les membres sont bien portants et à qui le travail ne manque pas, peut suffire à ses besoins ; mais dès qu'une de ces conditions n'est pas remplie, les privations commencent*. » M. du Maroussem, dans ses monographies professiannelles, confirme pleinement les conclusions que nous venons de présenter*.

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