Loe. cit
yoi L ORDRE ECONOMIQUE
une zone déterminée. Et si ces commissions présentent les garanties nécessaires, l'Etat pourra alors, dans certains cas limités, sanctionner leurs décisions et donner force obligatoire aux tarifs établis.
Salaire et charité. — La charité doit-elle, d'une manière normale^ intervenir pour remédier à l'insuffisance des salaires ? Certains économistes tiennent pour l'affirmative. C'est là, nous semble-t-il, fausser le rôle ordinaire de la charité :
I* L'ordre social naturel exige que les ouvriers valides gagnent par leur travail leur subsistance et celle de leur famille. Le vrai rôle de la charité consiste à secourir les onvriers incapables de gagner leur pain, à subvenir aux misères accidentelles et particulières. « Qu'on ne l'oublie point, dit excellemment M^"^ Pottier, la charité suppose qu'aucun droit proprement dit n'existe dans celui à qui on la fait. Celui à qui on la fait est le terme de l'obligation de la charité, et son titre est la nécessité. Dans le cas présent, de quelque façon qu'on le décore, ce que l'on donne, sil'on appelle les choses par leur nom, s'appelle une aumône ; et demander Taumône, c'est mendier et ne pas gagner. S'il n'y avait ici qu'un devoir de charité, il faudrait dire que l'ordre naturel est constitué de cette façon : tout en apportant, par une coopération complète et indispensable, une utilité qui donnerait droit aux patrons de s'enrichir indéfiniment, les ouvriers prolétaires, c'est-à-dire une bonne partie de l'humanité, n'auraient pas même le droit de subsister (n'auraient pas les moyens de subsistance). Fera-t-on passer une pareille conclusion? Elle est répudiée par la conscience de l'humanité, c'est-à-dire par le sens universel qui a consacré l'expression vulgaire, gagner sa vie, et ne consentira point à la changer en celle-ci, mendier sa vie '. »
2° La charité est impuissante à fournir à tous les ouvriers dont le salaire est insuffisant le supplément de ressources nécessaire pour subvenir à l'entretien de la famille. Déjà les catholiques succombent sous le pesant fardeau des œuvres qu'ils ont entreprises, la charité n'atteint qu'une