‹ Cours d'économie socialeChapitre 278 sur 310 · Le Socialisme intégral, 2', p'», p. i5o · texte numérisé non relu

Le Socialisme intégral, 2', p'», p. i5o

plus large aux dépens d'autres affamés comme moi ; mais le mal qu'ainsi j'ai pu faire, n'est-il pas contradictoire de m'inviter à le réparer, puisque c'est aux dépens des faibles que je devais me nourrir? Vous me parlez de contrat? Au(|uel ai-je souscrit? Vous me parlez de penchants altruistes ? Mais si je ne les ressens pas? Et d'ailleurs, au nom de quel pouvoir mystérieux me tenez-vous ce langage ? Puisque rien n'existe au-dessus de l'homme que des lois fatales et aveugles je ne reconnais qu'un maître, la force. Je suis ou je cherche à être le plus fort. Au vainqueur les dépouilles*. »

Précepte de l'aumône. — Voici quel est sur ce point l'enseignement de saint Thomas : « Ce qui est de droit humain, ditil, ne saurait déroger à ce qui est de droit naturel ou de droit divin. Or, suivant l'ordre naturel établi par la divine Providence, les choses matérielles inférieures sont destinées à subvenir aux nécessités de l'homme. Et, de la sorte, la division des biens et leur appropriation d'après le droit humain ne peuvent faire obstacle à ce que l'on s'en serve pour subvenir aux besoins de l'homme. Aussi le superflu des uns revient de droit naturel, ex naturali jure^ au soutien des pauvres ^ » Jésus-Christ veut que nous donnions aux pauvres non seulement la dixième partie, mais tout notre superflu '. Écoutez Léon XIII : « Si Ton demande en quoi il faut faire consister l'usage des biens, l'Eglise répond sans hésitation : Sous ce rapporty Vhomme ne doit pas tenir les choses extérieures pour privées, mais bien pour communes, de telle sorte qu'il en fasse part facilement aux autres dans leurs nécessités. C'est ponrquoi l'Apôtre a dit : Divitibus hujus sseculi prsecipe... facile tribuere, communicare'' [Ordonne aux riches de ce siècle de donner facilement, de communiquer leurs richesses) '. Nul assurément n'est tenu de soulager le prochain en prenant sur son nécessaire ou sur celui de sa famille, ni même de rien retrancher de ce que les conve»

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