‹ Cours d'économie socialeChapitre 285 sur 310 · I. Principii, p. aaS · texte numérisé non relu

I. Principii, p. aaS

MISERB ET BTENFÀISAKGE

pas du ressort du pouvoir suprême. Il s'agit ici de l'acte extérieur de bienfaisance, du secours donné; cet acte peut être commandé par la justice légale ou sociale, en tant qu'il est nécessaire au bien commun de la société.

2* « Recourir à l'impôt pour faire l'aumône, c'est prendre dans la poche des uns pour donner aux autres, c'est un vol. »

Lever un impôt, c'est prendre dans la bourse du contribuable, voilà une bonne et inofFensive vérité; pour que l'impôt devienne un vol, il faut qu'il soit injuste. Or c'est ce qu'il faudrait démontrer dans le cas présent, sous peine de tomber dans le sophisme appelé petitio principii.

3° « La charité a pour but immédiat et direct le bien des indigents qu'elle soulage, et non celui de la société. »

La charité, soit : la bienfaisance extérieure ordonnée par la loi, non. La bienfaisance obligatoire est un secours donné à la classe indigente, c'est-à-dire à une partie notable du corps social.

On réplique : « Tandis que les droits que l'Etat protège sont des droits individuels (ou collectifs), au contraire le bien que l'Etat /«rocwre ne peut être que le bien général. »

Cette objection repose sur une équivoque. Le bien commun que l'Etat doit procurer n'est pas un bien général également réparti entre chacun des citoyens ; c'est, suivant l'expression de Léon Xlll, « un bien auquel tous et chacun ont le droit de participer dans une mesure proportionnelle » ; d'autre part, en vertu de la solidarité qui unit les membres du corps social, le bien ou le mal d'une partie de la société se répercute sur les autres parties. Procurer le bien de la classe indigente, c'est donc procurer le bien commun de la société. Tel est encore l'enseignement du Pape dans l'Encyclique Reruni novarum ^

4** a Que le Gouvernement, dit-on encore, donne pleine liberté à l'Eglise, et la charité chrétienne suffira au soulagement de toutes les misères. »

Est-ce bien certain ? L'espérance n'est-elle pas prise pour une réalité ? Et puis, en admettant cette hypothèse, combien de temps faudra-t-il pour qu'elle se réalise? D'ailleurs, comme nous le disions au commencement de cet article,

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