I. LiBE&iLTOSE, Principii, III» partie, ch, u
à réunir des collections précieuses. Dans cet usage de la richesse, il n'y a rien que de très rationnel.
De même les dépenses consacrées à l'hygiène et à une certaine aisance de la vie, par ceux qui en ont les moyens, n'appartiennent pas au luxe. Mais nous voyons, d'autre part, le luxe pénétrer chaque jour davantage dans les petites villes et au fond des campagnes. On prend sur le nécessaire pour satisfaire la vanité et la sensualité parla toilette, les voyages, les bains de mer, le théâtre, les courses, etc.
La question du luxe divise les économistes. Mac Culloch ', Maurice Block*, P. Leroy-Baulieu^ prennent la défense du luxe. Ce dernier avoue que le luxe doit être sévèrement condamné au tribunal de la morale et de la religion, mais absous devant l'aéropage des économistes. D'autres économistes, aux idées plus saines, blâment le luxe. Citons J.-B. Say*, de Laveleye*, Baudrillart®, Hervé-Bazin'', et surtout Liberatore *.
1° Le luxe, en diminuant les aumônes accordées aux pauvres, augmente le nombre et la misère de ceux-ci. Le luxe provient de l'égoïsme, opposé à la charité, et par conséquent tarit la source de la bienfaisance ;
2° Un effet fréquent du luxe, c'est de pousser les hommes à rechercher la richesse par tous les moyens possibles, fussent-ils illicites ou immoraux;
3° Le luxe fait disparaître des capitaux qui eussent pu être appliqués à la production. On objecte parfois que ces capitaux sont en d'autres mains ; mais il est facile de répondre que, disséminés entre une foule de personnes, ils n'ont plus qu'une fonction circulatoire et sont perdus pour l'industrie et le travail;
4' En soi, le luxe est un mal, parce qu'il est contraire à
i. Principes, IV» partie. ,
>. Les Progrès, t. Il, ch. XXXT.
3. Précis, IV« partie, ch. il, p. 33; ; — Gonf. Repue des Deux Mondes, t. CXXVI. 1894, P- 62, 547.