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Histoire du luxe

<j. Traité élémentaire, IV» partie, ch. i. i, Principii, p. 287, seq.

l'ordre naturel des choses et, par suite, à la moralité des actes humains. La richesse est donnée à l'homme pour satisfaire à de véritables besoins, et non pour suivre les inclinations de la vanité ou de la sensualité. Le superflu, par droit de nature, doit être employé au bien commun de la société et au soulagement des pauvres. C'est l'enseignement de saint Thomas : Bes, quas aliqui superabundanter habent^ ex naturali jure debentur pauperum sustentationi^ Le luxueux fait servir à ses passions des biens qu'il a obligation d'employer à l'adoucissement des misères de son prochain.

A plusieurs reprises, dans les temps anciens et modernes, Tautorité publique a voulu mettre un frein au luxe par des lois somptuaires . Mais ces lois n'ont pas atteint leur but. Un moyen plus sûr paraîtrait consister dans une contrainte indirecte qui grèverait de lourds impôts les objets de luxe, mais ce moyen lui-même a peu de chances de succès, si même il ne sert pas à aiguiser encore plus la passion du luxe. On doit en conclure que le vrai remède contre les excès du luxe n'est autre que le sentiment religieux, qui inspire la tempérance, l'horreur de la vanité et des fausses jouissances, et l'amour de la bienfaisance.

L'épargne. — L'homme peut faire de la richesse acquise trois usages distincts ; il peut, en effet, la consacrer : i" à l'augmentation de ses loisirs ; 2* à l'augmentation de ses jouissances immédiates ; 3° à l'épargne. L'action par laquelle l'homme restreint sa jouissance et met en réserve une partie des fruits de son travail s'appelle l'épargne, et le résultat de l'épargne, c'est le capital. Celte action est le plus souvent méritoire et difficile ; il faut d'abord produire au delà de ses besoins et ensuite savoir se priver. Aussi, qui dit épargne, dit prévoyance, calcul et préoccupation de l'avenir; on ne saurait trop l'encourager et la recommander.

Les caisses d'épargne sont des établissements destinés à faciliter l'épargne en se chargeant de la garde des sommes épargnées ; en même temps, pour encourager l'épargne, ces caisses assurent au déposant un petit intérêt. Le rôle de la caisse d'épargne n'est pas de servir d'institution de place-

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