‹ Cours d'économie socialeChapitre 30 sur 310 · I. Stockl, Lêkrbueh der Pkilo$ophie, 6d I,,, p. 36o · texte numérisé non relu

I. Stockl, Lêkrbueh der Pkilo$ophie, 6d I,,, p. 36o

sociétés particulières peuvent s'établir entre leurs membres. Bientôt ces familles éprouvent le besoin de se protéger contre les dangers qui les menacent, soit de la part des éléments ou des animaux sauvages, soit de la part des hommes, voleurs, brigands ou ennemis. Ces dangers sont permanents, et, par conséquent, exigent une protection, une défense constante, qui dépasse les forces d'une famille isolée, réclame le concours, les efforts réunis de toutes les familles. Voilà un premier germe d'association politique.

Une famille seule pourrait à peine subvenir , d'une manière convenable, à tous ses besoins; réduite à ses propres ressources, elle mènerait une existence précaire, misérable et pleine d'angoisses. Ce besoin des familles les conduit donc de toute nécessité à s'unir entre elles pour répartir les travaux et les métiers. Alors chaque famille pourra exercer son activité dans un genre particulier de travail, donner une partie des fruits de son labeur, en échange d'autres produits obtenus par d'autres familles. C'est un degré supérieur d'organisation sociale.

Enfin la nécessité naturelle de la société civile apparaît non moins clairement dans l'ordre intellectuel. Jamais le genre humain ne s'élèverait au-dessus d'une civilisation précaire et rudimentaire s'il devait se composer de familles isolées. Tout progrès important dans les sciences ou lea arts, dans le domaine de la spéculation ou de la pratique, est le résultat des efforts combinés, des tentatives souvent répétées d'un certain nombre d'hommes, souvent même de plusieurs générations, en un mot de la vie sociale. Supprimez la société, et l'humanité retombera bien vite dans la barbarie.

Quel est le résultat de notre analyse.^ Le voici : pour obtenir le bien commun auquel elles sont portées par une pente naturelle, l'union et la coopération des familles sont absolument nécessaires. J'ajoute que cette union doit être la société politique, et non une agglomération de sociétés particulières.

L'action commune des familles dans la poursuite du bien commun ne peut être efficace, durable, harmonisée, si elle ne se troute ordonnée par un lien social commun, soumise à une autorité supérieure et dirigée par elle. Cette consé-

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quence s'impose nécessairement *. Sans une direction commune, sans un principe régulateur, sans un lien d'unité, il y aura, dans cette multitude d'hommes et de familles, le désordre, l'antagonisme, des actions divergentes ; il n'y aura pas d'orientation harmonique vers le bien commun. Mettons cette considération en pleine lumière.

Je suppose que cent familles de colons arrivent dans une île et se trouvent sans communication avec la patrie, comme seraient, par exemple, des familles de proscrits. Les commencements de leur société civile seront sans doute assez informes. Peut-être même vivront-ils sans pouvoir suprême, contents de leur indépendance. Cependant les contestations, qui ne manqueront pas de s'élever, feront sentir la nécessité d'un arbitre souverain ; Tinterdiction des vengeances particulières demandera une force armée, nécessaire pour faire respecter les décisions des juges. On reconnaîtra bientôt qu'il vaut mieux prévenir les injustices et les homicides que de les réprimer. L'arbitre défendra de porter les armes, et tout le monde l'approuvera; de fournir des vivres aux brigands condamnés et en révolte contre lui, et chacun le trouvera bien. Puis on s'apercevra que tel marais eause plus de morts que les brigands contre lesquels a été armé l'arbitre ; on se demandera comment se mettre à l'abri de ses atteintes. On a remis à l'arbitre des ressources pour entretenir sa police, il a des hommes. Que ne les emploiet-il ? Et il sera fait ainsi. Puis viendra le besoin de voies de communication, puis le besoin de la défense contre les pirates des îles voisines.

Les premières mesures avaient été approuvées ; les charges que l'arbitre devra imposer pour réaliser ses projets croissant toujours, il y aura division d'avis. Il faut pourtant décider. L'arbitre recevra le pouvoir de juger ce qui est le plus utile. Gela deviendra sa fonction universelle ; sa décision s'étendra bientôt à tout ce qui concerne le bien commun. Une nation demande à entrer en relations commerciales avec le peuple naissant : d'un côté, on vante les avantages d'échanges qui vont augmenter le bien-être ; de Tautre, les vieillards feront observer qu'on a vécu jusque-là

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