De Reg. Princ, I, 9; — conf. I Poîitic, , lect. I
bonne, deux conditions sont indispensables : l'une, et c'est la principale, consiste dans l'exercice de la vertu, la vertu se définissant : ce par quoi l'hoinme vit bien ; l'autre, secondaire et en quelque sorte instrumentale, consiste dans la suffisance des biens corporels dont l'usage est nécessaire dans la pratique de la vertu*. » Saint Thomas exprime la même pensée lorsqu'il définit l'objet de la loi civile et du pouvoir législatif, à savoir : le bien commun temporel de la société. Nous produirons les témoignages au chapitre suivant.
En cette matière, Suarez est pleinement d'accord avec saint Thomas: « La société civile, dit-il, a pour but de permettre aux hommes de vivre dans la paix et la justice avec une certaine abondance de biens, qui concernent la conservation et le bien-être de la vie corporelle ^ »
Bellarmin' n'est pas d'un avis différent. Enfin les théologiens modernes reproduisent l'enseignement des princes del'école. Citons, entreautres, Zigliara*,Mazella%Tarquini', Liberatore ■'j Gasajoana', De Groote % Murray*", etc., etc. Quant aux philosophes catholiques plusieurs d'entre eux semblent donner de la fin de la société civile des formules différentes, mais ce désaccord n'est que superficiel ; il existe tout entier dans l'expression, et nullement dans l'idée ".
Autorité de Léon XIII. — Pour couronner ces témoignages, il convient d'apporter la parole du grand pape et du grand théologien Léon XIII, qui, sur la nature et la fin de la société civile, résume et confirme l'enseignement de la philosophie et de la théologie catholique.