I. Block, les Progrès, p
». Cathreiî*, Die Aufgaben der Staattgewalt, p. 53 ; — Gepeda, Éléments,^. Sgg.
puisqu'il est soit une partie de l'Etat-société, soit l'élémenl dirigé, unifié par l'Etat-pouvoir.
Dans le second sens, on dira : l'Etat doit assurer l'exécution des lois; dans le premier : l'homme est, en certaines circonstances, obligé de .dire à l'Etat le sacrifice de sa vie.
C'est dans cette dernière acception que nous recherchions, au chapitre précédent, la nature et les fonctions de l'Etat; il s'agissait alors de V Etat-société; c'est, suivant l'autre signification, V Etat-pouvoir, que nous considérons l'Etat en ce moment.
L'importance de cette distinction, dans la recherche si délicate des droits, des devoirs et des attributions du pouvoir suprême, n'échappera à personne. La formule devenue célèbre : « L'Etat, c'est moi, » qu'elle soit le cri d'une démocratie en délire ou la règle froidement exprimée d'un César, représentera toujours le despotisme en haut et l'esclavage en bas. De plus, elle renverse l'ordre qui doit exister entre le pouvoir et la société. Rien n'est plus manifeste. Dans un sens vrai, l'Etat considéré comme société est à lui-même sa propre fin. N'est-ce pas, en effet, pour lui-même qu'il recherche la félicité temporelle? La prospérité qu'il poursuit est-elle ordonnée à une autre société, à d'autres individus que ses membres? En aucune façon. La fin de la société politique est celle des citoyens; elle n'est soumise qu'à la fin dernière, terme suprême de toute la création.
En va-t-il de même pour le pouvoir politique, et peut-on soutenir, sans défendre le règne de la tyrannie et de l'arbitraire, que l'autorité suprême est à elle-même sa propre fin, sacrifiant à la grandeur de son développement les individus et la société elle-même? L'ordre des choses, la saine raison protestent hautement que le pouvoir politique existe uniquement pour la société politique, pour aider les citoyens à mener sur cette terre une vie tranquille et honnête et développer leurs facultés dans un progrès sage et prudent. C'est ainsi que l'autorité du père de famille n'existe pas pour elle-même, mais pour conserver, protéger, perfectionner la famille ^