I. Taparelli, Saggio, a» 485; Pescb, Siaatêlehre, p
l/ÉTAT 51
Article a. — Nécessité du pouvoir suprême.
L'autorité. — L'Etat-pouvoir est le détenteur de l'autorité publique; il commande, fait des lois, prononce des peines et les fait exécuter. Mais qu'est-ce donc que l'autorité, et, plus spécialement, l'autorité sociale? Sans entrer dans des controverses qui nous éloigneraient du but, nous répondons : rautoriié est le droit de diriger efficacement les membres d'une société dans leur action commune vers la fin sociale. Un principe d'unité et de conservation, une force directrice, telle nous apparaît l'autorité.
Dès lors l'autorité politique n'est autre que le principe directeur de l'action collective des citoyens dans leur tendance au bonheur temporel*. Comme le remarque avec beaucoup de justesse le P. Mendive% on peut appeler le pouvoir politiqueja raison s^ociale, parce que, vis-à-vis des citoyens, il remplit le même rôle que la raison individuelle dans la conduite de l'homme.
Que l'autorité suprême soit un élément ijidispensable de la société, c'est une vérité que personne ne met en doute, sauf peut-être les anarchistes dans les plus mauvais jours des révolutions sanglantes, ou encore quelques rêveurs à l'esprit mélangé de raison et de folie, Proudhon'. par exemple. Comment, en effet, dans une société nombreuse, de longue durée, composée d'éléments divers, d'intérêts souvent en lutte, comme l'est la société civile, comment le concours simultané des efforts, la variété des démarches, l'union des intelligences et des volontés absolument nécessaires pour atteindre le but, seraient-ils obtenus, si un pouvoir ne dirigeait efficacement les associés, ramenant à l'unité leurs efforts et leurs actions?
a II n'y a point, dit Bossuet, de pire état que l'anarchie : c'est-à-dire l'état où il n'y a point de gouvernement ni d'autorité. Où tout le monde peut faire ce qu'il veut, nul ne fait ce qu'il veut; où il n'y a point de maître, tout le monde est