‹ Cours d'économie socialeChapitre 41 sur 310 · Encycl. Im jortale Dei, § Non est magni negotil · texte numérisé non relu

Encycl. Im jortale Dei, § Non est magni negotil

l'état W

Par conséquent l'Etat, pour diriger efficacement et gouverner d'une manière raisonnable, doit être armé du pouvoir de commander, c'est-à-dire du droit d'imposer l'obligation morale.

Sur ce point, les théologiens sont d'une parfaite unanimité, a Le gouvernement, dit Suarez, alléguant le témoignage de l'Ecole, s'il n'est armé du pouvoir de contraindre, est inefficace et facilement exposé à la révolte. D'ailleurs, le pouvoir de contraindre sans le pouvoir d'obliger en conscience, est moralement impossible, car la contrainte, pour être juste, suppose une faute; tout au moins est-il très insuffisant. Dans un grand nombre de cas urgents, en effet, il ne suffirait pas à sauvegarder !a société*. »

Cette doctrine est généralement attaquée par les représentants de l'Ecole libérale, qui, au nom de la Déclaration des Droits de l'Homme, ne reconnaissent à l'autorité publique que le pouvoir de coercition.

Frédéric Bastiat résume en ces termes l'idée maîtresse de la Déclaration : a Le droit collectif, dit-il, a son principe, sa raison d'être, sa légitimité dans le droit individuel; et la force commune ne peut avoir rationnellement d'autre but, d'autre mission que les forces isolées auxquelles elle se substitue... et comme chaque individu n'a le droit de recourir à la force que dans le cas de légitime défense, la force collective, qui n'est que la réunion des forces individuelles, ne saurait être rationnellement appliquée à une autre fin*. »

On ne saurait exposer plus clairement la théorie de l'Etatgendarme.

« L'Etat, dit M. Beudant, c'est la force collective qui protège le libre développement des facultés de chacun et qui veille à ce que personne n'usurpe le droit de personne ^ »

D'après M. Maurice Block, « l'Etat est la force; mais la force n'est ni une vertu ni un vice, elle peut opprimer ou protéger le drpit selon la direction qu'elle reçoit*. »

i.De Leg., lib. III, cap. xxi, n«8; — conf. St, Thom., 1,2», q. 6, a. 4î — Bellakm, lib. III, a de Laicis » cap. 11.

a. La Loi, Œuvres complètes, t. IV, p. 343, 388.

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