Les Progrès de la Science économique, t. I, p
56 l'ordre social
Gouverner les citoyens par la force, contraindre à respecter la manifestation souveraine de la volonté nationale^ voilà, d'après l'Ecole libérale, le rôle de l'autorité suprême. C'est un régime d'esclave, imposé et subi au nom de la liberté.
Cette conclusion, Rousseau ne la désavoue pas : « A l'instant, dit-il, qu'un peuple se donne des représentants, il n'est plus libre... sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l'usage qu'il en fait mérite bien qu'il la perde*.
Article 3. — Rôle général du pouvoir dans la société.
Mesure des obligations du pouvoir civiP. — A cette question : « Quel est le fondement, la mesure, le principe régulateur des obligations et des attributions de l'Etat-pouvoir? » nous répondons : Dans la fin propre du pouvoir suprême se trouvent le fondement et la règle de ses droits et de ses devoirs. Et cette fm, elle-même, qu'est-elle? Elle n'est et ne peut être autre que la fin de la société politique. Cette vérité ressort, avec la dernière évidence, de la notion primordiale de l'autorité civile, qui est le principe d'unité, de direction et de coordination des forces sociales dans leur tendance à la fin prochaine de la société'.
Toute autorité, quelle qu'elle soit, est déterminée, spécifiée, parfaitement limitée par le but spécial que se proposent les sociétés qu'elle doit diriger. Il en va de même, sans contredit, de l'autorité civile, dont toute la raison d'être existe dans le bien commun, origine et fondement du groupement des familles en société civile. De cette obligation primordiale de TEtat découlent toutes ses obligations particulières dans le champ multiple de ses attributions; sur elle repose l'édifice des droits répondant à ce devoir. Tel est, suivant le cardinal Tarquini, le principe constitutif, la magna charta de toute société parfaite*. « Une société parfaite, dit-il, a