‹ Cours d'économie socialeChapitre 46 sur 310 · Loc. cit., p · texte numérisé non relu

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l'état 65

de Rousseau'. « Tout droit, dit-il, dépend des lois; mais une loi publique est l'acte d'une volonté publique dont procède tout droit, volonté à laquelle personne ne peut résister sans commettre d'injustice. Or, sous ce rapport, il ne peut exister d'autre volonté que la volonté collective du peuple, car il n'y a qu'envers soi-même qu'on ne puisse commettre d'injustice. Cette loi fondamentale qui ne peut provenir que de la volonté universelle du peuple s'appelle le contrat primitif. Par ce contrat, l'homme abdique pleinement sa liberté primitive, mais pour retrouver aussitôt dans la dépendance de la loi, comme citoyen de l'Etat, cette même liberté sous une forme morale et civilisée \ »

Quant à l'origine historique de ce contrat initial, Kant laisse la question indécise, faisant appel à l'idée pure de la raison^.

Telle est la théorie du célèbre auteur de la critique de la raison pure*. L'erreur capitale de ce système se trouve dans l'autonomie complète accordée à la liberté. Pour les disciples de Kant, la liberté est une idole à laquelle tout doit être rapporté, c'est le deas ex machina., auquel rien ne résiste. Cependant la liberté n'est qu'une force créée et limitée, qui n'est pas sa fin à elle-même, reçoit sa loi d'une autorité plus haute, et doit s'encadrer dans l'ordre moral et juridique fondé sur l'absolu. S'il en est ainsi, pourquoi limiter la fonction du pouvoir à la protection du légitime exercice de la liberté? « Le légitime exercice de la liberté est, dit-on, le plus grand des biens ; on ne peut le sacrifier pour en obtenir aucun autre. » Examinons cette raison. La liberté est-elle un bien ? Sans doute. Mais pourquoi est-elle un bien ? Est-ce parce qu'elle permet de violer impunément la loi morale en ce qui n'intéresse pas le prochain? non,

I. Pesch, Siimmen, 1879, l. XXI, p. 40S. a. Loc. cil. , p. 148.

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