‹ Cours d'économie socialeChapitre 47 sur 310 · Eléments métaphysiques du Droit, p · texte numérisé non relu

Eléments métaphysiques du Droit, p

4. V., pour la réfutation détaillée du système juridico-moral de Kant. Catiirein, Moraljihilosophie, Bd I, p. 406; — Stockl, Lehrbuch der Philosophie, Bd III, p. 72, seq. ; — Metek, Insliiutiones Juris naturalis, p. i32 et 145 ; — Cepeda, Élémenta de Droit naturel, p. 109; — Beaussike, les Principes, p. 25; — Walter, Naturrecht und Pulili/c,p. 10; — ïh. Funck-Brentano, Sophistes allemands et Nihiliste» rusies ; — Paul Ja.net, lïistoire de la science politique, p. 073, seq.; — Ckesso:<, ^o Morale de Kant {F. Alcan).

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évidemment; mais parce qu'elle permet, au contraire, de faire ce qui est conforme à la nature humaine, à savoir le bien moral. Que suit-il de là ? C'est que l'exercice libre de l'activité humaine n'est pas un bien en lui-même, mais seulement à cause du bie^ moral qu'il permet de pratiquer. Il n'est donc pas AT^ai que l'exercice de la liberté soit le plus grand des biens. Mais, insistera-t-on, c'est le plus grand des biens que le pouvoir politique puisse donner. Où a-t-on démontré cette assertion ? Pourquoi avec l'exercice légitime de la liberté l'Etat ne pourrait-il pas encore assurer à l'homme, par exemple, un milieu moralisateur? Manquet-il de moyens pour cela ? Ne peut-il pas, en exigeant une éducation morale, en accordant charges et honneurs à la vertu, en réprimant les scandales, en surveillant la presse et le théâtre, arriver à entourer les citoyens d'une saine atmosphère morale et imprimer ainsi à l'opinion une pente viers le bien ? D'ailleurs, nous l'avons démontré, le pouvoir social a la même fin que la société, et cette fin ne consiste pas dans la coexistence des libertés individuelles sous une loi générale de contrainte.

Etat libéral. — Les théories politi-queset sociales de l'Rcole libérale ont, avec les principes du philosophe allemand, des liens de parenté assez étroits. L'influence du rationalisme kantien se fait sentir, même chez des écrivains qui affectent une grande indépendance de jugement et se séparent de la philosophie d'outre-Rhin,

Voici, d'après M. Beudant, les principaux traits de la thèse libérale : « Le droit, c'est l'autonomie de l'être humain, la faculté inhérente à sa nature de ne dépendre que de luimême dans la direction de sa pensée et de ses actes : inviolabilité de la personne, liberté dans ses diverses manifestations, propriété enfin qui n'est qu'un corollaire de la liberté individuelle... La loi est une volonté impersonnelle, impassible par là même et constante... L'autorité, au lieu d'être dévolue à un chef, réside dans une rè^le, dans la règle immuable d'après laquelle les froissemeuts sont contenus et les dissentiments jugés. Elle a pour organe l'Etat, qui la personnifie et qui apparaît comme l'institution sociale du droit.

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« L'Etat, c'est la force collective qui protège le libre dévoloppement des facultés de chacun, et qui veille à ce que personne n'usurpe le droit de personne. Dans la cité antique, on le regardait comme pouvant et devant tout pour 1» bonheur de l'homme ; il avait charge d'âmes. Dans la société moderne, la formule est renversée : l'individu, pris en luimême, n'a rien à attendre que de ses propres effoi'ts... La loi, enfin, c'est l'arme mise aux mains de l'Etat pour organiser la discipline sociale^. »

Voilà le droit nouveau, l'Etat moderne, l'immortelle conquête de 1789, dont l'origine et les désastreuses conséquences sont tracées de main de maître par Léon XIII en ces termes : a Le pernicieux et lamentable désir de nouveautés qui se manifesta au xvi* siècle dans les questions religieuses pénétra bientôt par une pente naturelle dans le domaine de la philosophie, et de la philosophie dans l'ordre social et politique. C'est à cette source qu'il faut faire remonter ces principes modernes de liberté effrénée, rêvés et promulgués parmi les grandes perturbations du siècle dernier, comme les principes et les fondements d'un droit nouveau inconnu jusqu'alors, et, sur plus d'un point, en désaccord non seulement avec le droit chrétien, mais encore avec le droit naturel. Yoici le premier de tous ces principes : tous les hommes, dès lors qu'ils sont de même race et de même nature, sont semblables et, par le fait, égaux entre eux dans la pratique de la vie ; chacun relève si bien de lui seul qu'il n'est d'aucune façon soumis à l'autorité d'autrui; il peut, en toute liberté, penser sur toute chose ce qu'il veut, faire ce qu'il lui plaît ; personne n'a le droit de commander aux autres. Dans une société fondée sur ces principes, l'autorité publique n'est que la volonté du peuple, lequel, ne dépendant que de lui-même, est ainsi le seul à se commander. Il choisit ses mandataires, mais de telle sorte qu'il leur délègue moins le droit que la fonction du pouvoir pour l'exercer en son nom. La souveraineté de Dieu est passée sous silence, exactement comme si Dieu n'existait pas, ou ne s'occupait en rien de la société du genre humain, ou bien comme si les hommes, soit en particulier, soit en société, ne

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