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La Cité antique

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jugale et domestique, ont leur fondement dans les penchants innés de la nature humaine; ce sont des produits de la nature et, par conséquent, ils ont Dieu pour auteur, législateur et souverain maître. Tel est l'enseignement solennellement affirmé par Léon XIII en maintes circonstances'. Mais, si l'existence de la famille se rattache au droit naturel, commun à tous les peuples et indépendant des conventions humaines, au christianisme reviennent le privilège et l'honneur d'en avoir spiritualisé le caractère. Au despotisme arbitraire, à la sujétion serviie, qui dégradaient la femme païenne, il a substitué le respect affectueux, le dévouement mutuel, qui fait la force et l'honneur de la famille chrétienne*.

Aussi l'histoire, étudiée d'une manière impartiale, montret-elle que ce n'est qu'au sein du christianisme que la famille a atteint son idéal. Voilà pourquoi, lorsque le christianisme est abandonné par une classe nombreuse d'hommes, ils ne peuvent, l'expérience l'atteste, parvenir aux formes les plus élevées, les plus pures de la vie domestique. On les voit glisser par une pente fatale jusque dans les formes les plus basses qui se rencontrent chez les peuples païens et proclamer avec les docteurs du collectivisme l'amour libre, l'égalité politique absolue du père, de la mère et des enfants, le droit de l'Etat à l'élevage et au dressage des petits citoyens. Certains individus isolés peuvent, sans doute, tout en abandonnant l'Eglise, conserver les affections de famille, la pureté du foyer et la paix domestique; mais il n'en sera pas ainsi chez les masses, et la science sociale s'occupe des masses et non pas des individus*. C'est poui cela que la science sociale attache tant de prix à la constitution saine et vigoureuse de la famille. Celle-ci, en effet, exerce une influence prépondérante sur la prospérité de

I. Encycl. Inscrutabili, § Optima porro ; — Encycl. Ârcanum, % Constat intep omnes ; — Encycl. Rerum novarum. § Quod igitur.

a. V. P. Félix, {Economie sociale devant le Christianisme, 3« conférence : a l'Economie antichrétienne devant la famille i> ; — Don Sxrda y Saltakt, Mal social, t. II, ch. III, « le Sacerdoce domestique » ; — Staatslexihon, art. « Famille » et « Ehe »; — D' Georg. Ratzi^ger, Die Volkswirthschaft in ihren sitttichen Grandlagen, p. 434-43 1 ; Stimnien aus Maria-Laach, t. III, p. i5-20, et Saa, seq.

3. V. Devas, Studies of family life\ — Claudio Jannet, la Constitution d* ltt~ Famille dans le passé et le présent [Réforme sociale, i5 juillet 18S6).

la société, aussi bien dans l'ordre moral que dans l'ordre économique.

Importance de la famille. — Au point de vue moral, la famille remplit la fonction de dépositaire et de canal de la loi morale ; elle est l'éducatrice des enfants et de la jeunesse, la moralisatrice des adultes, la sauvegarde et l'aiguillon des vertus individuelles'. Cette bienfaisante action delà famille ne reste pas enfermée dans l'enceinte du foyer, mais elle jaillit sur la société tout entière. Pour que la société se trouve dans une atmosphère de paix et d'ordre qui lui permette de progresser, la première condition n'est-elle pas que les citoyens soient des hommes honorables et vertueux, qu'ils aient acquis au foyer de la famille les vertus domestiques, qui sont le fondement des vertus publiques, telles que l'obéissance, le dévouement, l'esprit de travail, etc.?

En outre la famille est la dépositaire et l'organe de transmission des traditions locales et nationales d'un peuple. C'est que, par la propriété, la famille adhère fortement au sol et, partant, s'intéresse à tout ce qui peut assurer la paix et l'ordre publics et favoriser les avantages moraux et matériels du pays. Dès lors s'explique l'importance de la famille dans l'ordre économique de la société.

N'est-elle pas le centre de production des forces économiques de l'homme, du travail, et par suite du capital? Non seulement la famille produit les forces économiques, mais, de plus, elle les perfectionne ; car la productivité du travail provient plutôt de la valeur que du nombre des hommes. Une race forte, patiente, sobre, courageuse, prévoyante, a une valeur supérieure au point de vue du travail et de l'épargne. Est-ce tout? Non; aux forces économiques qu'elle a produites et perfectionnées, la famille donne encore l'harmonie en les associant. L'association, c'est la fécondité; l'individualisme est la stérilité. Or l'association féconde entre toutes, c'est, sans contredit, la famille, parce qu'elle est le groupe des forces humaines le plus naturellement associé, le plus volontairement dévoué et le plus réellement productif qu'on puisse imaginer. J'ajoute que ces forces sont

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