‹ Cours d'économie socialeChapitre 66 sur 310 · De Justitia, lib. II, cap. n · texte numérisé non relu

De Justitia, lib. II, cap. n

JUSTICE ET CHARITE lag

d'une autre, doit satisfaire à deux conditions : avoir avec la vertu principale un élément commun, n'avoir pas toute la perfection de celle-ci. » D'où il conclut que ces vertus que nous avons rapportées plus haut appartiennent, en toute vérité, à la vertu de justice; de plus, dans les questions suivantes, saint Thomas démontre, pour chacune de ces vertus en particulier, qu'elles sont réellement une partie de la justice.

L'enseignement de l'Ecole en cette matière est en parfait unisson avec celui du Maître : qu'il nous suffise de citer : Lessius*, Soto*, Valentia', la Théologie de Salamanque* et les manuels de droit naturel.

2* Ces différentes vertus n'appartiennent pointa la justice dans un sens métaphorique^ mais dans un sens propre : elles sont en toute vérité des parties de la justice.

L'équité. — On Tinvoque souvent, et parfois semble-t-il, un peu pour se tirer de cas difficiles où la pleine lumière ne rayonne pas. Mais cet abus possible n'empêche pas que l'équité n'ait, en effet, sa place et son rôle.

C'est une vertu qui tient le milieu entre la justice et la charité ; elle se rapproche davantage d'ailleurs de la justice, sans en avoir toute la rigueur. Elle suppose, chez celui qui en reçoit le bénéfice, un titre réel bien qu'imparfait, titre qui ne suffirait pas à lui assurer un droit absolu, qui pourtant détermine la faveur dont il est l'objet. Faveur sans doute, mais non faveur toute gratuite et spontanée de la part de celui qui l'accorde car celui-ci, au contraire, y est incliné par une obligation commencée.

L'obligation d'ailleurs, qui résulte de l'équité, n'est point grave de sa nature, elle ne peut le devenir que dans les cas où s'adjoint à ses prescriptions un précepte formel et urgent de charité'.

I. De Jutlii., lib. II, cap. xlvî, 1. De Jusdt., lib. II, q. i, o. i.

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