‹ Cours d'économie socialeChapitre 68 sur 310 · I. Summ. Theol., Ja 2œ, q. c>i, «• i et · texte numérisé non relu

I. Summ. Theol., Ja 2œ, q. c>i, «• i et

a. L.I Science sociale contemporaine, p. 44 et 45. — Conf. Concinsicn, $ iv.

JUSTICE ET CHARITE i3l

Une remarque importante, c'est que la justice commuta* tive ne s'étend pas seulement aux choses, aux droits réels ; elle protège, elle garantit les droits personnels. « La personne humaine, écrit le P. de Pascal, s'appartient, elle est inviolable en elle-même, et elle imprime ce caractère d'inviolabilité aux choses qui lui sont légitimement unies. La léser en elle-même, dans ses facultés, dans ses biens spirituels, dans tout ce qui se rattache à elle par un lien véritable, dans sa vie, dans sa conscience, en un mot dans tout ce qu'elle peut appeler sien, c'est lui faire une injure, c'est violer la justice commutative, c'est briser un ordre et une égalité qui ne sont rétablis que par la restitution\ » Sur ce point la notion de justice est souvent altérée. Il n'est pas rare de voir des gens, très sensibles à l'injustice quand il s'agit de biens purement matériels, livrés à d'étranges illusions quand des intérêts d'un ordre bien plus élevé sont en jeu. Qui pourtant oserait dire que l'innocence d'un enfant ou la réputation d'autrui soient de moindre prix qu'un billet de 1 .000 francs ?

Justice distributive*. — La justice distributive a une double fonction : répartir les charges sociales proportionnellement aux mérites et à la capacité des citoyens ; distribuer d'une manière équitable les biens communs de la société. Parmi les charges sociales auxquelles doivent se soumettre les citoyens, se place en première ligne l'obligation de payer l'impôt. Pourquoi cela ? Parce que les citoyens doivent remplir toutes les obligations indispensables au bien commun de la société. Or c'est par les impôts que l'Etat se procure les moyens nécessaires à l'administration, au gou^ vernement et à la défense de la société. Vous vous défiez de la rapacité de l'Etat, et vous avez mille fois raison. L'Etat n'a pas le droit de mettre à contribution la fortune des citoyens au gré de ses caprices ; mais il peut et doit lever des impôts en se conformant aux règles de la justice distributive*. Voici les principales :

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