‹ Cours d'économie socialeChapitre 72 sur 310 · I. Solidarité, par Léon Bourgeois · texte numérisé non relu

I. Solidarité, par Léon Bourgeois

a. Conf. Autour du Catholicisme social, i'» série, p. 47 seq. — Discours de Coinbat, 3» série, par Ferdinand Brcnetièbe. — l'Idée de solidarité, Morale sociale, Charilé et sélection, par G. Belot. — Classification des idées morales du temp* présent, par H. Daklu.

i44 L ORDRE SOCIAL

Article 5. — Justice et charité.

Justice et charité. — Lorsqu'on oppose la justice à lâchante, il importe de déterminer avec soin les deux termes de l'opposition. En effet il peut être question de la charité-bienveillance ou de la charité-assistance, delà charité chrétienne ou de la charité naturelle'. Puis, par justice, entendez-vous la seule justice commutative ou la vertu de justice dans toute son extension ? Dans le premier cas, la division est évidemment incomplète, et les deux termes ne s'opposent qu'imparfaitement, puisque vous laissez de côté la justice distributive et légale ; dans le second cas, les devoirs de charité sont opposés non seulement aux devoirs des trois vertus primaires de la justice, mais encore à toutes les parties annexes ou secondaires de cette vertu. Est-il mOnie permis de parler d'opposition entre la justice et la charité, comme si entre ces deux vertus régnait l'antagonisme ou l'hostilité ? En toute rigueur, pour être distinctes, elles n'en sont pas moins unies ; elle se prêtent un mutuel appui dans la société.

Justice et charité dans la société. — Lefondementde Tordre social, la base inébranlable de la société, c'est la justice. Dès que la justice est ébranlée dans une société, la liberté et la civilisation se trouvent menacées. La raison de ceci est manifeste. Qu'est-ce, en effet, que l'ordre ? Un ensemble de rapports considérés comme moyens pour une fin nécessaire Et l'ordre social en particulier ? C'est l'harmonie des droits et des devoirs conduisant à la fin propre de la société civile ; c'est encore l'accord des libertés humaines effectué par la loi et l'autorité dans l'unité de fin sociale. Je conclus que la société est une institution juridique, non un établissement de charité, un produit du droit naturel, et non une conception religieuse, qu'elle est fondée sur le devoir et le droit, et non sur l'abnégation ou le détachement.

Et cependant la charité, — au moins la charité naturelle, — est indispensable à l'ordre et à la conservation de la société ; c'est ce que remarque excellemment saint Thomas : « 11 ne

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