Encycl. Rerum novarum, § Conûdenter
i5.* l'ordre social
ment affirmée encore par M. Leroy-Beaulieu : « A ces manx des sociétés modernes, où donc est le remède et quel sera le médecin?... Le remède, répond le Pape, l'Eglise le possède; le médecin, le seul qui nous puisse guérir, c'est le Christ; il sait l'huile qui adoucit les plaies, le baume qui cicatrise les blessures. Allez à lui et vous serez guéri. Le Christ seul est capable de vous rendre la paix et de faire régner parmi vous la justice, car seul il en connaît les lois. Les questions sociales qui vous tourmentent, riches et pauvres, effrayant les uns et irritant les autres, vous ne sauriez leur trouver de solutions en dehors de Dieu et delà religion. Sans Dieu, tous les efforts des hommes sont vains : inania conata hominum^. »
Ce remède infaillible que seule possède l'Eglise, quel est-il? « C'est l'Eglise, répond Léon XIII, qui puise dans l'Evangile des doctrines capables de mettre fin au conflit, soit au moins de l'adoucir en lui enlevant tout ce qu'il a d'âpreté et d'aigreur; l'Eglise, qui ne se contente pas d'éclairer l'esprit de ses enseignements, mais s'efforce encore de régler en conséquence la vie et les mœurs de chacun; l'Eglise qui, par une foule d'institutions éminemment bienfaisantes, tend à améliorer le sort des classes pauvres; l'Eglise, qui veut et désire ardemment que toutes les classes mettent en commun leurs lumières et leurs forces pour donner à la question ouvrière la meilleure solution possible; l'Eglise, enfin, qui estime que les lois et l'autorité publique doivent, avec mesure sans doute et avec sagesse, apporter à cette solution leur part de concours*. » En résumé, l'Eglise offre à la société malade un triple remède : un dogme, une morale, des institutions sociales. Développons successivement ces trois pensées.
Article i. — L'Eglise et le grand mal social, l'athéisme.
L'Eglise et la destinée de l'homme. — C'est la gloire, et en même temps la nécessité de l'homme, de se poser la question de sa destinée. Or, entre toutes les religions, il n'ea