‹ Cours d'économie socialeChapitre 79 sur 310 · Eneycl. Rerum novarum, § Confidenter · texte numérisé non relu

Eneycl. Rerum novarum, § Confidenter

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est qu'une, l'Eglise catholique, qui donne à cette question la réponse ferme, sûre et précise dont l'humanité a besoin; en dehors de l'Eglise, il n'est, sur l'existence et la nature divine, et sur les rapports entre Dieu et l'homme, que des fragments de vérité, dogmes confus, lambeaux épars, conservés aujourd'hui d'une main ferme, et demain peut-être dispersés au gré du doute ou du libre examen : seule, i'Eglise donne à l'homme un dogme certain, une théologie complète; seule, l'Eglise a les ressources nécessaires pour sauver efficacement l'humanité du grand mal social, l'athéisme.

Or, qu'arrive-t-il, si l'homme hésite dans sa croyance sur les mystères de Tau-delà? Il n'a pas de bonheur à espérer dans une vie future, pas d'espérance d'immortalité; obéissant à la tendance invincible qui le pousse au bonheur, usant d'un droit souverain, il cherchera sa félicité dans les biens terrestres et sensibles. Possède-t-il ces biens, la jouissance deviendra sa règle de conduite; s'il ne les a pas, il emploiera, pour se les procurer, tous les moyens bons et mauvais. Le droit absolu de tendre à la fin dernière ne confère-t-il pas le droit d'employer les moyens nécessaires pour y parvenir*?

Dans une société émancipée de la loi du Christ et de la direction de l'Eglise, l'alternative de la richesse et de la pauvreté devient donc, du même coup, la question du bonheur et du malheur. Alors se dresse cette redoutable interrogation : pourquoi un petit nombre d'heureux en face d'une immense multitude de malheureux? Le pauvre, lui aussi, n'a-t-il pas droit au bonheur? N'est-il pas irrésistiblement poussé par sa nature, aussi bien que le riche, vers la félicité? Que répond l'athéisme? Rapporter sa réponse et en mesurer les conséquences au regard de la paix sociale, du droit, de la propriété et de l'autorité, c'est mesurer du même coup l'étendue des bienfaits de l'Eglise, la meilleure, disons mieux, la seule gardienne contre un tel mal.

L'athéisme et la paix sociale. — L'athéisme, par les conséquences de ses principes, tend à produire une société

I. Y. Stentrup. s. J., ZeiUehrifï fur kath. Theol., 1891, p. 5.

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constituée par un nombre toujours croissant de pauvres et un groupe toujours plus petit de riches. Nier Dieu, c'est, en efifet, rejeter toute destination de l'homme à un monde meilleur et confiner son bonheur dans les limites de cette vie. Dès lors une société irréligieuse et athée doit avoir pour premier principe : « Jouis des biens de la terre; efforce-toi par tous les moyens d'en acquérir la possession et la jouissance. »

Mais qu'arrivera-t-il si la jouissance devient le ressort de l'activité humaine? Une scission violente et profonde se produira dans la société, laissant d'un côté les riches, les jouisseurs, les repus; de l'autre, les pauvres, les meurt-defaim, les malheureux. Un pareil état social n'est-il pas une injustice criante? Car il viole le droit essentiel de tout homme au bonheur, pour satisfaire les folles convoitises de quelques-uns. Cet état social, enfin, c'est la guerre civile toujours menaçante; car l'athéisme attaque les fondements mêmes de la société : le droit, la propriété, l'autorité.

L'athéisme et le droit. — La plus élémentaire logique enseigne que la négation d'une idée détruit toutes les conséquences de cette idée. Mais l'idée de Dieu est le fondement nécessaire du droit, du devoir et de l'ordre moral. Qui mesurera les mines qu'entraîne avec lui l'athéisme? Niera-t-on que Spinoza ne fût parfaitement logique lorsqu'il écrivait : « Le droit de l'homme, c'est la force dont il dispose, et celui-là s'étend aussi loin que celle-ci. » S'il est indépendant de Dieu, s'il n'a, au-dessus de lui, aucun supérieur, l'homme est à lui-môme sa loi, et la mesure de son droit : e'est-à-diro que pour lui le droit c'est la force*.

L'athéisme et la propriérf'. — Si l'on y regarde de près, l'aphorisme des socialistes : La propriété^ c'est le vol^ découle nécessairement de la négation de la vie future, de l'au-delà.

L'homme a-t-il, oui ou non, un droit essentiel et inaliénable au bonheur, droit égal pour tous? Assurément. Donc tout ce qui s'oppose à ce droit est une injustice; et, si le bonheur consiste uniquement dans la possession des biens

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