I. V. Weiss, O.-P., Sociale Frcge, p. t6o, seq
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terrestres et sensibles, la richesse d'un petit nombre s'oppose directement au bonheur des autres. Par conséquent la propriété est une injustice : la propriété, c'est le vol.
L'athéisme et l'autorité*. — Pour affermir l'ordre social et sauver le droit de propriété, fera-t-on appel à la majesté de l'autorité, à l'inviolabilité de la loi? Vaine chimère! Dès que l'homme a renversé Dieu de son trône, il ne lui reste plus que la suprématie de la force. Tout autre dépendance a pour fondement nécessaire et inébranlable la dépendance vis-à-vis de Dieu; ou plutôt toute soumission à une autorité créée n'est. qu'un hommage rendu à la puissance de Dieu. Rien d'étonnant que, dans l'ordre social fondé sur l'athéisme, l'obéissance cesse d'être une vertu; elle devient une défaillance, une faiblesse que la raison condamne et que réprouve la dignité humaine. Proudhon était logique lorsqu'il appelait la liberté vraie la négation de toute autorité, lorsqu'il définissait le pouvoir civil le droit d'oppression et proclamait le droit de révolte comme l'évangile de l'humanité afl'ranchie-. Ils sont conséquents, les socialistes qui, pour conquérir la liberté, unissent ces deux négations : Ni DieUy ni maître.
C'est ce que démontrait avec une terrible logique l'anarchiste Henry au Jury de la Seine, a Je vis, dit-il, qu'au fond le socialisme ne change en rien l'ordre actuel, il maintient le principe autoritaire, et ce principe, malgré ce qu'en peuvent dire de prétendus libres penseurs, n'est qu'un vieux reste de la foi en une puissance supérieure. Or fêtais maté' rialiste et athée ; des études scientifiques m'avaient graduellement initié au jeu des forces naturelles; j'avais compris que l'hypothèse Dieu était écartée par la science moderne, qui n'en avait plus besoin. La morale religieuse et autoritaire basée sur le faux devait disparaître. Quelle était alors la nouvelle morale en harmonie avec les lois de la nature, qui devait régénérer le vieux monde et enfanter une humanité heureuse? C'est à ce moment que je me mis en relation avec quelques compagnons anarchistes*. »
I. D' Ratzinger, Die Volkstvirthsehaft inihren aittliehen Grundlagen, p. 397. 1. De la Justice dans la Révolution et dans PEglise, passim. 3. Cour d'assises de la Seine, a8 avril 1894.
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Cette morale, pas n'est besoin de l'inventer ou de la renouveler, il suffit de la demander à TEglise, tout comme^ il suffît de recourir à ses enseignements pour éviter lespérils sociaux de l'athéisme.
Artiglb 3. — L'Eglise et la morale.
L'Eglise et l'ordre moral. — L'ordre moral consiste dans l'ensemble des droits et des devoirs de Fhomme : or l'Eglise, et c'est là sa mission spéciale, définit et prescrit les devoirs de chacun. Rappelez-vous comment Léon Xlll, dans l'Encyclique Rerum novarum, rappelle aux patrons et aux ouvriers, aux riches et aux pauvres, leurs devoirs respectifs.
Que la vie du travailleur soit réglée d'après les principes du catholicisme, il se trouvera souvent à l'abri des étreintes de la misère, et toujours fortifié, consolé et heureux. Troubler par la violence l'ordre établi par Dieu, attaquer et détruire la propriété, se mettre en état de guerre contre les patrons, voilà ce qu'un ouvrier fidèle aux principes du christianisme ne se permettra jamais *. En vérité, combien d'ouvriers pourraient, par une vie chrétienne éviter la misère î L'ouvrier chrétien pratiquera la sobriété et l'économie, réprimera ses passions, se contentera d'un genre de vie conforme à sa condition ; célibataire, il préparera par une épargne constante un capital suffisant pour entrer en ménage; père de famille, il élèvera ses enfants dans la crainte de Dieu, l'amour du travail et la pratique des vertus chrétiennes '. Nous ne saurions trop le répéter, si l'on ne revient aux principes du christianisme, tous les moyens proposés pour empêcher les ouvriers de se jeter dans les bras du socialisme et de bouleverser l'ordre social, tous ces moyens, dis-je, seront frappés d'impuissance '. Pourquoi? Parce qu'ils ne combattent pas le mal dans sa racine, parce qu'ils se bornent à calmer le malade sans le guérir.