I. Elévations, XX» semaine, VIII« méditation
a. V. Cil. PÉaiN, la Rlcheste dans les sociétés chrétiennes, t. 1, liv. II, chap, x et XI ; — L'abbé Mébic, loc. cit. ; — De Deckek, l'Eglise et l'Ordre social chrétien, ch. II ; — Janssen, Die allegemein Zustànde des deutschen Volhes, t. I, 3»Iivr. ; — DE Champacny, De la Charité chrétienne dans les premiers siècles, p. 280, seq.
3. Les Moines d'Occident, t. I, p. 70. — Conf. Gohini. Défense de TEglise, t. II, p. 160; — GuizoT, Histoire de la civilisation en France; — A. Thierry, Essai sut l'Histoire du Tiers Etat, ch. i ; — Levasseuk, Histoire des classes ouvrières e4 France, liv. II, ch. iv.
i64 l'ordre social
c'est là ce que poursuivent les socialistes. Mais contre la nature tous les efforts sont vains; c'est elle, en eflFet, qui a disposé parmi les hommes des différences aussi multiples que profondes : différences d'intelligence, de talent, d'habileté, de santé, de force; différences nécessaires, d'où naît spontanément l'inégalité des conditions. Cette inégalité, d'ailleurs, tourne au profit de tous, de la société comme des individus. Car la vie sociale requiert un organisme très varié et des fonctions fort diverses; et ce qui porte précisément les hommes à se partager ces fonctions, c'est surtout la différence de leurs conditions respectives ^ »
Pas plus que le travail, le droit de propriété n'échappe à la sollicitude de FEglise. Cette influence se manifeste surtout dans l'usage de la propriété et l'équité dans les contrats.
L'Eglise et la propriété. — Tout en maintenant très étroitement la propriété individuelle comme fondement de la famille et de la société, l'Eglise affirme hautement et ne cesse de proclamer dans son enseignement et sa législation les devoirs sociaux, les obligations de charité qui incombent à la propriété mobilière ou immobilière. De par Dieu, dispensateur de la richesse, les privilégiés de la fortune doivent user de leur superflu en faveur de la communauté, et principalement des malheureux*.
Comme conséquence de cette doctrine, on verra s'établir de nombreux droits au profit des pauvres. Le droit de glanage et de pacage, les biens communaux, les propriétés des corporations, les fondations d'utilité publique seront respectés comme le patrimoine collectif des pauvres, au même titre que la propriété des particuliers, et de manière à lui faire contrepoids^.
Enfin le droit canon imposera aux clercs et aux moines l'obligation de dépenser une grande partie des revenus ecclésiastiques en œuvres de miséricorde.
Si, d'une part, l'Eglise sauvegarde la liberté des contrats et revendique leur exécution loyale, de l'autre, elle veille