L ECONOMIE SOCIALE OU POLITIQUE
réduite à l'étude des phénomènes physiques connus sous le nom de production, distribution, consommation de la richesse, car la richesse n'est pas un fait humain, elle n'est qu'une chose matérielle ; prendre la richesse pour l'objet de la science, c'est donner à l'effet une importance plus considérable qu'à la cause, c'est subordonner l'activité humaine à son produit, c'est matérialiser l'économie politique, en supprimant son élément humain'.
L'objet propre de l'économie politique est donc l'activité I de l'homme, dans l'ordre des intérêts matériels. '
Les intérêts matériels, la richesse, peuvent être envisagés d'une manière abstraite, étudiés en soi sans aucun rapport avec l'ordre moral, le bien social ou l'intérêt national. C'est ainsi que la plupart des économistes contemporains, appartenant à l'enseignement officiel en France, considèrent la science économique. Pour ces auteurs, l'économie politique est la science des richesses « tout court », science matérielle, science d'observation, science indépendante, qui décrit les phénomènes, classe les faits, constate beaucoup, prévoit très peu et abandonne à l'art économique le souci de la morale, le soin de l'intérêt national et du bien social. Cette conception nous paraît étroite, car l'économie politique est essentiellement sociale^.
L'objet de l'économie politique doit, en effet, comprendre la fin propre de la société civile et, en même temps, exprimer le genre particulier d'action qui lui donne son caractère distinctif. Mettons en relief ce double élément, générique et spécifique, et nous obtiendrons cette expression de l'objet de l'économie politique : l'ensemble des fonctions des membres de la société par rapport au côté matériel de la prospérité temporelle^ fin de la société politique. Dans cette définition, l'élément commun et générique est représenté par : la p raspérité temporelle, fin de la société ; l'élément spécifique et particulier par : l'activité humaine dans la sphère des intérêts matériels *