‹ Cours d'éloquence parlée d'après Delsarte [microforme]Chapitre 5 sur 73 · Développement de l'enfant · texte numérisé non relu

Développement de l'enfant

aque nous et nous verrons avec

94ges par lesquels se manifestent respectivement les trois états de l’âme.

L'enfant qui vient de naître ne réfléchit Pas, ne pense pas, ne Connaît pas, n’aime Pas. Est-il donc inerte ? Non : il vit et il

a des sensations : ou il est satisfait, ou il éprouve des besoins. Or il a un moyen, un langage pour exprimer ces situations diverses: il chante ! Les modulations, les inflexions de la voix, voilà son langage :

langage très expressif, que sa mère comprend parfaitement. L’observateur superficiel ne constate guère dans ce langage de l'enfant que le contentement ou la souffrance. Mais Delsarte, en observateur consommé, a distingué un nombre considérable de modulations diverses correspondant à autant d'états sensible: de l’enfant.

Jusqu'ici remarquons que l’enfant ne demande rien, ne sait pas encore ce que c'est que vouloir, Il sent ce qu’il éprouve, et fait connaître extérieurement ce qu’il sent. Mais plus tard, il connaît, il distingue ses parents, sa mère surtout, d'avec les étrangers ; il aime ou il n’aime pas, il désire ou il repousse. Le geste s'ajoute aux inflexions de ia voix, e: vient à son secours pour exprimer ses sentiments. Ainsi, ce que les inflexions de la voix sont aux sensations, le geste l’est au sentiment.

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Plus tard encore, il raisonne sur les caoses abstraites ; les langages du chant et du geste sont vagues : il lui faut un langage bien plus précis : ce sera le langage articulé, la parole ou l'écriture.

Nous voilà donc avec trois langages qui correspondent aux trois facultés de l’âme, C’est en vain qu’on en chercherait d’autres qui ne rentreraient pas dans ceux-là, Ces trois langages sont nécessaires, mais ils suffisent pour bien rendre toutes les manifestations de l’âme.

Ce nonibre 3, que Delsarte avait remarqué dans le Premier Principe, Prototype de toutes choses, il va sans dire qu’il l’a retrouvé partout, non seulement dans les facultés de l’âme, mais aussi dans tout ce qui sert à en exprimer au dehors les manifestations multiples. Au reste, nous le vérifierons avec lui à mesure que nous avancerons. Car c’est le propre de la méthode de Delsarte, qu’'étant fondée sur la nature, elle peut être vérifiée à chaque pas. Aussi, dans ce petit traité, contrairement à ce qui se fait dans une foule de Traités de

Déclamation, nous n’avancerons rien d’arbitraire, et le lecteur pourra toujours vérifier la vérité des assertions.

Comme l’emploi des chiffres 1, 2, 3, pour rappelèr la relation avec l’Archétype, est très commode et sert à abréger le discours, nous y aurons constamment recours dans la suite.

Pour familiariser avec ce mode d’exposition, nous mettons ici un petit tableau qui résumera ce que nous avons vu jusqu'ici.

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