LIAISONS
Ici vient la question des liaisons entre les mots, lorsque le premier mot se termi-
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ne par une consonne non prononcée et que le suivant commence par une voyelle.
L’oreille naturellement demande, des liaisons pour éviter les hiatus ; aussi: le peuple en fait habituellement en mettant des { et des s même là où il n’y en a pas.
Ceci évidemment est de trop. Mais la question est üe savoir s’il faut faire la liaison partout où il y a des lettres qui s’y prêtent.
L'usage de la bonne société est loin d'admettre toutes les liaisons possibles. Il faut les faire chaque fois que l’omission produirait un hiatus désagréable, D’un autre côté, il faut éviter toutes celles qui sentent l'affectation, ou sont dures pour l'oreille, Ainsi on ne dira pas: Comment-t'êtesvous ? Mais, commen’ êtes-vous ? On les fait généralement pour faire sentir le pluriel ;. cependant l'usage ne permet pas de dire :
Deux heures zé demie ; mais deux heur’ et demie.
Lorsque les lettres # ou # sont précédées de la lettre r, c’est avec cette dernière let-
tre que se fait la liaison. Ainsi on ne doit pas dire :
Un discours z'intéressant ; mais un disconr” intéressant. De même on ne doit pas dire : un rapport t’'exact ; mais un rappor’ exact. Cependant si ces mots sont au pluriel on doit dire :
Des discours-intéressants ; des rapportsexacts. L’adverbe fort, pris dans le sens de très, fait sonner le # : fort-aimable, fortagréable. On fait aussi sonner Je { dans certaines interrogations ou autres expressions verbales où il suit l: verbe : Sort-il ? À quoi cela sert-il? Dit-elle. Le { dans ces circonstances semble si indispensable qu’on l’ajoute même lorsqu'il n’y est pas.
Ainsi on dit :
Aime-t-il Dieu ? Verse-t-elle des pleurs ?
Quelque permise que soit une liaison, on ne doit jamais la faire lorsqu'on sépare d’une manière appréciable les mots entre lesquels elle devrait se faire. Ainsi, on ne dira pas : = Les parent’ / z’et les enfants.
Il y a des grammaires où il est dit qu'il
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ne faut jamais faire de liaison entre deux mots séparés par une virgule. En général c'est bien le cas, parce que d'ordinaire la virgule dans l'écriture indique une interruption dans le sens et par corséqrent un repos, ce qui fait tomber dans la règle que nous venons de mentionner. Mais il est des circonstances où la virgule n’est que pour avertir le lecteur d’un vocatif, par exemple, ou pour l'empêcher de comprendre autrement que ce que l’auteur a voulu dire. Dans ces cas, si le sens ne demande pas un repos. il n’y a pas de faute à faire une liaison, naturelle d’ailleurs. Par exemple, soit le vocatif « O mon Dieu » au milieu de cette phrase.
« Que je souhaiterais, o mon Dieu, de ne vous avoir jamais offensé ! » Il n’y a pas plus de raison d’omettre la liaison entre sowhaiterais et o mon Dieu, qu'entre Jamais et offensé. Il ne faut pas conclure de là que c’est une faute de ne pas faire cette liaison, mais je dis qu’il n’y en a pas à la faire.
Delsarte disait agréablement : « La vir-
« gule,la virgule, quand je pme, je ne vois « pas la virgule : c’est mon discours qui « règle la virgule ; ce n’est pas la virgule « qui règle mon discours. »
L’e muet qui, dans l’article, est remplacé par une apostrophe devant un mot commençant par une voyelle, ne doit pas s’élider dans certains cas; ainsi on doit dire :
le / un et le deux; le / onze, le / oui et le non.
De même on doit éviter la liaison, et dire :
sur les / onze heures, sur les / une heure, nous étions / onze, 5 et 6 font / onze, les trois / onzième, les six / ... les sept / onzième, les / ouï-dire, aux / ouïdire.
ARTICLE QUATRIÈME