‹ Cours d'éloquence parlée d'après Delsarte [microforme]Chapitre 67 sur 73 · IPS · texte numérisé non relu

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défauts qu'on peut corriger ou du moins atténuer.

1° Bégniement

2° Bredouillement

3° Balbutiement

4° Anonnement

5° Grasseyement,

a) Le bégaiement est un embarras plus ou moins considérable, dû soit à une faiblesse de certains muscles de la bouche, soit À un état nerveux et spasmodique, Quelquefois aussi il résulte d’une mauvaise habitude contractée à l’école par des enfants qui ne savent pas parfaitement leur leçon et qui suppléent à la mémoire en répétant le dernier mot ou simplement la dernière syllabe. Dans ce dernier cas, il suffit d’un peu de bonne volonté Pour se corriger. Ce n’est pas aussi facile lorsque la cause en est un défau: de la nature. Cependant en parlant lentement et peu fort, s'arrêtant au lieu de faire des efforts in::tiles pour vaincre l'obstacle, et recunmençant sans aucun effort, ou encore en rythmat sa lecture, on peut arriver, avec de

la patience, à corriger ce défaut si pénible, ou du moins à l’atténuer en grande partie.

b) Le bredouillement peut être dû à un état nerveux ; mais le plus souvent il vient d’une habitude vicieuse contractée dans l'enfance. Il consiste dans un excès de volubilité, qui fait séparer ce que l’on dit par petits bouts de phrases articulés chacur. avec une telle rapidité que les consonnes disparaissent presque. C’est ce qu’on appelle bredouiller. Il est évident que celui qui bredouille est difficilement compris, même dans la conversation. Ce défait conduit à manger des mots, c'est-à-dire, à en omettre dans les formules qui reviennent souvent, notamment dans les prières.

Il est extrêmement important de le corriger, surtout pour les prêtres, qui ont à réciter très souvent les mêmes formules dans l'administration des sacrements, et qui exposeraient ceux-ci au danger de nullité.

Heureusement ce défaut est facile à corriger et ne demande, pour cela, que de la bonne volonté. En effet il suffit de s’astreindre à lire ou à parler lentement en

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articulant nettement et distinctement toutes les consonnes qui doivent être prononcées.

Malheureusement quand on est jeuneet ennemi de la contrainte, la bonne volonté est souvent rara avis.

c) Le balbutiement n’est pas dû à une paresse ou à un défaut des muscles. Balbutier c’est chercher sa phrase en en essayant plusieurs tout haut au lieu de faire ce travail mentalement, soit que la difficulté vienne d’un défaut de mémoire, ou qu'elle vienne üe la difficulté de s’énoncer.

Exemple : La cigale, la cigale, ayant chanté, la cigale ayant chanté, té.

Te moyen de corriger ce défaut c’est de bien apprendre ce que l’on a à dire. Si le défaut vient de la difficulté à trouver sa phrase, il ne faut jamais se risquer à improviser, mais écrire ce que l’on veut dire, puis ou lire, ou apprendre parfaitement par cœur,

d) L'âänonnement diffère du balbutiement en ce qu’il consiste simplement à

prolonger le son de la dernière syllabe que l’on a prononcée, ou à faire entendre et à prolonger un son inarticulé en attendant que l’on ait trouvé le mot ou la pensée qui suit :

Ex : Je / voudrais / vous dire que !

Les Anglais ont surtout cette habitude :

Ex : I / wish to say / that.

C’est encore un défaut qui se contracte souvent dans les classes pour masquer le défaut de mémoire. Pour ce défaut, comme pour les autres dus à la même cause, les professeurs devraient être sévères pour ne pas les laisser se développer.

e) Le grasseyement est une prononciation vicieuse de l'articulation > : au lieu de faire vibrer le bout de la langue, on fait vibrer les membranes du fond de la bouche. Le grasseyement a des degrés. Il y en a de désagréables et fatigants à entendre ; il y en a un qui est léger et agréable. Ce dernier est très général en France dans la conversation. Mais tous les professeurs de lecture et de déclamation ne le regardent pas moins comme un défaut pour

l’orateur. La raison en est que la vibration du bout de la langue n’est aucunement fatigante et peut se faire entendre nettement à une grande distance ; tandis que la vibration des membranes du fond de la bouche est moins distinc‘+, et peut devenir très fatigante pour celui qui doit parler très fort et longtemps. Aussi tous les grands orateurs de la chaire et du barreau en France, comme Lacordaire, de Ravignan, Berryer, Montalembert, qui grasseyaient tous en conversation, ne grasse yaient jamais dans leurs discours, C’est pour cela que tous les ouvrages de lecture et de déclamation renferment des méthodes pour aider à corriger ce défaut. è

S'il faut travailler à se corriger du grasseyement quand on le tient de la nature, on comprend ombien il serait ridicule de faire des efforts pour arriver à grasse yer, lorsque l’on ne le fait pas naturellement.

Ceci soit dit, non seulement pour les orateurs, mais aussi pour les chanteurs et les chanteuses, qui croient mériter des louanges lorsqu'ils ont réussi à imiter le gras-

seyement en chantant, Il va sans dire que

ce blâme n’atteint pas ceux qui grasseyent naturellement.

Pour qu’on ne croie pas que je veuille faire ici le renard de la Fable qui ayant perd. sa queue, voulait que tous lesrenards prissent la mode de faire couper cet appendice, voici ce que dit un auteur bien français, l’abbé Branchereau, dans l'ouvrage déjà mentionné.

« On trouve des personnes qui, croyant « donner par là à leur parole plus d’élé- « gance et plus de grâce, affectent de gras- «seyer. Il n’y a rien de plus prétentieux, «et on a peine à comprendre que des ecclé- « siastiques puissent donner dans un pareil « travers, »

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