LES DIFFÉRENTS RÔLES DE L'OKATEUR
L'orateur peut être docteur ou narrateur. Il est docteur dans l'enseignement, dans la prédication. Il est narrateur quand il rapporte des faits.
Quand l'orateur fait le récit d'un événement, raconte un épisode, le choix de ses mouvements ou de ses gestes peut être fait à deux points de vue différents, suivant que l'orateur, quand il parle, est simple narrateur, ou qu'il se substitue aux personnages qu'il met en scène ; dans ce dernier cas, il joue le rôle d'acteur. Evidemment le rôle d'acteur diffère complètement de celui de simple narrateur.
Dans le rôle d'acteur, l'orateur s'identifie successivement avec chacun des personnages qu'il représente, et il doit en traduire tous les sentiments. Ce rôle, bien fait, est très agréable pour l'auditoire ; mais il suppose dans l'orateur, une grande impressionabilité, une profonde connais-
sances des règles et de grandes aptitudes mimiques.
Supposons donc que l'orateur ait à raconter une histoire. Tant qu'il raconte, il , doit regarder l'auditoire, et même tout l'auditoire. S'il regarde toujours les mêmes personnes, par exemple, celles qui se trouvent directement devant lui, il n'intéressera pas, ou du moins intéressera fort peu ceux qu'il semblera ainsi dédaigner. Il faut donc que, par un léger mouvement de tête il puisse être censé regarder successivement toutes les parties de l'auditoire. Ceci est une règle générale chaque fois que l'orateur parle à son auditoire. Si quelque circonstance particulière, par exemple, une indication de lieu, ou l'introduction d'un personnage dans son récit, l'oblige à détourner les yeux, ce ne doit être qu'un instant, juste assez pour appeler l'attention de l'auditoire sur ce lieu ou ce personnage. Cette grande loi, de parler à son auditoire, est trop souvent oubliée, surtout dans les discours appris par cœur.
Une chose très importante dans le récit,
c'est ce que j'appellerai la composition du lieu. Je m'explique.
A mesure que le récit se fait, si le narrateur décrit des lieux, il doit les localiser, c'est-à-dire leur affecter respectivement des directions et des positions apparentes qui restent toujours les mêmes par rapport au narrateur et par rapport à l'auditoire tant que la scène reste la même. C'est un grand avantage pour l'auditoire, qui finit par s'imaginer que la scène se passe sous ses yeux. Il en est de même évidemment des personnages que le récit fait apparaître successivement. Il faut s'arranger de manière qu'ils gardent leurs positions relatives tant que le récit ne les a pas fait changer de place. Il va sans dire que ces positions relatives doivent toujours être conformes aux dispositions du local telles que fixées précédemment ; autrement l'auditoire se mêlerait et ne pourrait que difficilement se rendre compte de la suite du récit.
Dans cette disposition des lieux et des personnages, l'orateur doit éviter tout ce
qui pourrait être une cause de distraction et détourner l'attention de l'auditoire.
Comme celui qui écoute réalise par la pensée la scène qu'on lui met sous les yeux, le narrateur ne doit disposer aucun objet ni aucun personnage entre lui et l'auditoire, mais les mettre sur les côtés. Il faut en effet que rien ne soit censé cacher l'orateur à ceux qui l' écoutent et empêcher ceux-ci de suivre ses moindres mouvements.
Si l'orateur en est le maître, il doit éviter de placer quelque partie importante de sa scène du côté oii se trouve quelque chose de saillant, comme un meuble remarquable, un beau tableau. En effet, l'auditeur suit des yeux la scène imaginaire qu'on déroule devant lui; et, si ses yeux sont dirigés vers un objet réel qui attire trop son attention, il sera distrait de celle qu'il devrait prêter au récit.
L'orateur lui-même doit éviter, dans son accoutrement, tout ce qui pourrait distraire son auditoire ; par exemple, il évitera, s'il le peut, de porter des lunettes, à
cause des reflets qui peuveut se produire dans certaines directions et devenir une source de distraction pour quelque partie de l'auditoire. Quelquefois, le soir, on j)lace une lumière près de l'orateur. Si celui-ci n'a pas besoin de lire, je conseillerais d'éteindre cette lumière, qui empêche plus ou moins de voir l'orateur. S'il ne peut s'en passer, qu'il tâche de la faire disposer de manière qu'elle soit au-dessus ou de côté et assez loin pour que l'auditoire puisse voir l'orateur sans être ébloui par la lumière.
Lorsque le récit transporte la scène d'un lieu dans un autre, le narrateur, sans changer de place, mais j^ar un changement de pose, doit comme transporter son auditoire dans le nouvel endroit et là faire une nouvelle composition du lieu, à mesure que le récit le comporte.
Lorsque le narrateur met en scène des personnages, s'il les fait agir et surtout parler, il cesse d'être narrateur et devient acteur. S'identifiant avec son personnage, il doit agir comme le font les acteurs sur
la scène, sauf qu'il remplace les changements de lieu par des changements de position. Il ne doit plus regarder l'auditoire, si ce n'est lorsqu'il reprend le récit, ne serait-ce que pour dire, dit-il, ou réponditil. A part ces courts moments, le narrateur doit se substituer à la place du personnage dont il ioue le rôle, et rea'arder, non l'auditoire, mais l'interlocuteur auquel le personnage est censé parler.
C'est ici qu'il est important de ne jamais oublier les positions relatives qui ont été données aux divers personnages. Si, dans le dialogue, les interlocuteurs changent brusquement sans indication préalable, l'orateur doit lui-même changer de position de manière à ce que l'auditoire comprenne que ce n'est plus le même personnage qui parle.
Dans ces cas, l'orateur ne doit jamais craindre de perdre trop de temps pour ces changements de position. Le danger est plutôt de ne. pas laisser d'intervalle soit dans les changements de personnages, soit simplement dans les changements d'idées.
Jamais on ne manque d'intéresser par ces silences nécessaires pourvu que le narrateur n'y soit pas inactif, et qu'on l'y voie préparer ce qui va suivre.
Mais aussitôt que le récit des faits recommence, il ne faut pas manquer de revenir à son auditoire.
Le rôle d'acteur de la part de l'orateur est, quand il est bien fait, extrêmement intéressant. Mais précisément parce qu'il fait descendre quelquefois jusqu'au trivial, il ne convient pas toujours ; et il y a des circonstances où l'orateur ne saurait se le permettre sans déroger à sa dignité, ou au respect qu'il doit soit à son auditoire, soit au lieu où il se trouve.
Le discours d'apparat ne saurait se le permettre. Le prédicateur, en particulier, ne peut pas prendre le rôle d'acteur dans le o;enre solennel du sermon. Il v a moins d'inconvénients dans les entretiens farailiers, devant un auditoirre restreint, dans les conférences.
§ unique. La 'prédication.
Le rôle du prédicateur c'est d'être docteur. Ses gestes par conséquent doivent rarement représenter les impressions de ceux dont il parle, mais uniquement les siennes propres.
A ce propos il est bon de remarquer qu'il y a, pour l'orateur, deux sortes d'enthousiasmes ou d'exaltations : l'enthousiasme senti actuellement par l'orateur, et l'enthousiasme qu'il rappelle.
Dans l'enthousiasme qu'il ressent, il y a une grande vitalité propre dégagée. Ici tout le monde se rencontre, les personnes du peuple comme les gens de la société cultivée ; tous les gestes tendent vers l'extrême : les épaules fortement soulevées, le visage illuminé, les bras qui s'étendent ou s'élèvent.
Dans l'enthousiasme rappelé, les épaules et le visage peignent bien sa vivacité comme dans l'enthousiasme senti ; mais les bras sont plus tranquilles, ils ne se déploient pas dans toute leur étendue. La même chose doit se dire lorsqu'on parle
de l'enthousiasme d'un autre. Si l'on faisait plus, on ajouterait une circonstance au récit : on serait soi-même enthousiasmé ou exagéré. A plus forte raison, si l'orateur ne partage pas l'enthousiasme de celui dont il cite les paroles, doit-il faire comprendre, en laissant intentionnellement de côté quelques-uns des traits qui caractérisent l'enthousiasme senti ; autrement il tomberait immédiatement dans l'enthousiasme faux, ou dans l'emphase affectée.
En général, les sentiments vrais étant toujours occasionnés par une conviction réelle, se manifestent par des mouvements qui se développent du centre à l'extérieur ; tandis que les sentiments faux (le mensonge) se trahissent par des mouvements voulus, et par suite se développent plutôt de l'extérieur vers le centre.
Le prédicateur, par là même qu'il parle au nom de l'Eglise et prêche la doctrine de N.-S. J.-C, doit parler avec autorité et par conséquent d'une manière digne de la grande mission qu'il a à remplir.
Ce serait toutefois une erreur de croire qu'un même sujet puisse être traité de la même manière par les différentes catégories de prédicateurs. Evidemment un jeune ne peut pas et ne doit pas parler comme pourrait le faire un ancien. Un prédicateur bien connu et qui a une grande autorité personnelle peut se permettre des choses, des allures qui seraient ridicules chez quelqu'un qui débute et n'a pas la même autorité.
Un jeune prédicateur, appelé à faire un sermon d'occasion, ne doit pas traiter toute espèce de sujets : il en est qu'il doit laisser de côté, à moins qu'il ne soit forcé par les circonstances à les traiter, comme par exemple, s'il est curé ou s'il s'agit d'une retraite. Mais alors il doit parler avec grande modestie, et sur un ton qui indique plutôt la conviction personnelle que l'exaltation.
La prédication admet deux tons, suivant les circonstances : le ton solennel et le ton familier. Le ton solennel est celui du sermon et autres discours analosfues.
Le ton solennel n'est pas de l'emphase. Celle-ci n'est jamais permise. La solennité dans le ton n'est rien autre chose que le respect inspiré soit par le local oii l'on parle, soit par le sujet du discours, soit par l'auditoire auquel on s'adresse. C'est en quoi il diffère du ton familier, qui n'est rien autre chose que le ton de la conversation ordinaire. De même que le respect empêche de prendre ses aises en présence de certaines personnes ou dans certaines circonstances, de même le respect exclut le ton familier de la conversation dans les situations analogues, ce qui ne doit pas l'empêcher d'être aussi naturel que ce dernier.
Il ne faut donc pas se méprendre sur le sens de ce mot solennel dans le cas qui nous occupe. Le ton solennel n'est ni un ton emphatique, ni un ton extraordinaire ; il doit être aussi naturel que le ton familier, et n'en diffère que parce qu'il ne se permet pas les aises qui sont le propre de ce dernier.
C'est en quoi se trompent certains pré-
dicateurs. Un curé, par exemple, sera très naturel dans sa conversation ; il le sera aussi pour les avis qu'il donne à ses paroissiens dans ce qu'on appelle ici le prône qui précède le sermon ; puis lorsque commence celui-ci il cesse d'être naturel, croyant que la solennité du sermon consiste à parler d'une manière qui ne lui est pas ordinaire.
Quant au ton familier, il n'est pas déplacé devant des auditoires restreints, mais il ne doit jamais descendre jusqu'au trivial.
Quelle que soit la nature de la prédication, sermon, homélie, entretien familier, le prédicateur doit toujours éviter de se présenter avec un air mondain. La modestie lui sied plus qu'à tout autre et il doit s'appliquer à reproduire celle qui paraissait dans tous les discours de N.-S. J.-C,
Le signe de la croix par lequel on commence généralement toute instruction religieuse, doit se faire gravement et de manière à impressionner favorablement l'auditoire. Aussi, après l'avoir fait, ne fiiut-il
pas trop se hâter de dire son texte, lorsqu'il y en a un.
Le texte latin, que l'on répète en langue vulgaire, n'est pas une simple affaire de routine ou une pieuse habitude. Il est tiré de l'Ecriture Sainte, et par suite c'est une autorité sur laquelle on appuie la doctrine qui va suivre. Il doit donc être choisi de manière à être comme le résumé de l'instruction, en même temps qu'il l'autorise. Il en est de même des citations qui se font de temps en temps dans le corps du discours.
Ces textes, qui ne doivent jamais être longs afin de ne pas ftitiguer ceux qui ne comprennent pas le latin, ce qui est le cas pour la masse des auditeurs, sont une grande autorité quand ils sont employés judicieusement. Mais pour cela évidemment il faut les prononcer de telle manière que ceux qui ne comprennent pas le latin puissent pour ainsi dire les comprendre. Il faut donc bien choisir la citation, et appuyer sur certaines syllabes dont la ressemblance avec le français puisse aider à
en saisir le sens. Dans tous les cas il faut que l'auditoire soit bien convaincu que la traduction qu'on en donne est réellement la représentation de la citation latine .
Pour atteindre ce but il ne faut pas se hâter de dire son texte après avoir fait le signe de la croix. Il faut attendre quelque temps afin que chacun ait pris son assiette et que le silence règne. Les jeunes prédicateurs sont presque toujours pressés de dire leur texte. Il en résulte qu'il est dit au milieu du bruit et que le plus souvent on ne l'entend pas. Le but du texte est manqué. De plus, une partie de l'auditoire, convaincu qu'il n'entendra pas suffisamment pour comprendre, en prend dès lors son parti et se met en position de ne pas écouter, et, s'il le peut, de dormir. Les orateurs novices ont peur des silences, -et pourtant, employés à propos, comme ils sont utiles !
Le silence entre le signe de la croix et le texte ne doit pas être un embarras pour l'orateur. Il en profite pour promener son regard sur son auditoire comme pour voir
si tout le monde est prêt à écouter, puis posément, en articulant bien, et parlant assez fort pour être bien entendu partout, il dit lentement son texte latin, suivi de la traduction française. Comme c'est une parole divine que l'on cite, le texte ne doit pas être dit d'une manière cursive comme le reste de l'instruction, mais de manière à faire comprendre que c'est une autorité respectée par le prédicateur comme elle doit l'être par l'auditoire.
Faut-il citer le texte en latin ? Ne pourrait-on pas se contenter d'en donner la traduction française ? La langue anglaise a une terminologie toute spéciale pour la Bible ; aussi une phrase tirée de la Bible se distingue-t-elle d'elle-même du langage ordinaire. La citation de l'Ecriture Sainte en anglais porte donc^)?-/^;^^ facie son caractère d'authenticité. Ceci dispense les Anglais de citer la Bible en latin. Malheureusement il n'en est pas de même en français. Pour donner de l'autorité à un texte que l'on cite, il vaut donc mieux le citer en latin et le faire suivre immédiate-
ment de sa traduction ; et pour mieux faire sentir l'identité des deux textes, il faut avoir soin de faire les mêmes inflexions sur le latin et le français.
C'est pour la même raison qu'on dit toujours d'oii est tirée cette citation.
Mais pourquoi commencer par un texte ?
Ne pourrait-on pas s'en passer ?
Le texte est une autorité parce qu'il est tiré d'un livre dout l'autorité est admise par l'auditoire chrétien auquel on s'adresse. Mais si l'on parle à un auditoire d'incrédules, comme celui auquel s'adressait Lacordaire dans le premiers temps de ses conférences à Notre-Dame de Paris, auditoire auquel il a dû commencer par démontrer que Jésus-Christ n'est pas un m^'the, il est évident que la citation de la Bible ne pouvait ajouter aucune autorité à son discours. Aussi commençait-il sans texte. Pour une raison analogue, au lieu de dire Mes Frères, il disait Messieurs.
C'est bien différent lorsqu'on parle à des chrétiens, pour qui la Bible est un livre
divin. Leur citer la Bible, c'est donc s'appuyer sur une autorité incontestée.
Sans doute le texte n'est pas essentiel à un sermon. Aussi bon nombre de prédicateurs, pour sortir du commun et imiter Lacordaire, s'abstiennent de commencer par un texte, sans peut-être remarquer qu'ils ne sont pas dans les mêmes circonstances.
Comme c'est se priver d'une autorité pour entrer en matière, je crois pouvoir engager Messieurs les ecclésiastiques qui liront ce Traité, de garder dans leurs instructions une coutume qui remonte jusqu'aux Pères de l'Eglise dans leurs homélies, de même que je leur conseille de dire Mes Frères, au lieu de Messieurs.
Quant à donner un texte, il faut le faire d'une manière sérieuse, et le traduire en en donnant le vrai sens. C'est un abus tout-à-fait condamnable de se contenter d'une ressemblance de sons ou prendre quelques mots d'un texte pour en faire sortir une traduction fantaisiste. Le grand Massillon est tombé dans cette faute, lors-
que, ayant besoin d'un texte pour son discours lors de la bénédiction des drapeaux du régiment de Catinat, il prit pour texte : Posuerunt signa sua signa, etc., le faisant suivre d'une traduction qui n'en était pas une.
Faut-il commencer à gesticuler dès le commencement de son discours ?
S'il est à propos de commencer tranquillement, il ne faut pas cependant que l'orateur se prive de la ressource que lui prête la coexistence du triple langage que lui a donné la nature. Il pourra donc gesticuler dès le commencement de son discours, mais ses gestes seront peu développés d'abord. Ils augmenteront ensuite d'amplitude à mesure que le discours avancera et aussi à mesure qu'il s'apercevra que l'auditoire monte à son unisSon. Quelque enthousiasmé que soit l'orateur dès le début de son discours, il ne doit pas oublier qu'il s'adresse à un auditoire qui est encore froid, et que celui-ci ne s'échaullera que progressivement. L'orateur courrait donc risque de manquer son coup et peut-être
de tomber clans le ridicule, s'il parlait, dès le début, avec une chaleur que ne partagerait pas l'auditoire.
Dans les exordes ex nhnipto, comme ces exordes célèbres que l'histoire nous rapporte, l'exorde de la première Catilinaire de Cicéron, l'exorde du discours pour la contribution du quart de Mirabeau, l'auditoire, préparé par les circonstances, était déjà excité, et l'orateur ne faisait que se mettre à son niveau. Mais en dehors de ces circonstances, un exorde véhément ex ahrvpto s' adressant à un auditoire calme, est un coup manqué.
Avant de terminer ce qui regarde le langage du geste, je vais répondre à une dernière question. Faut-il s'exercer avant de faire un discours ?
Celui qui n'a jamais parlé en public commettrait certainement une grande imprudence en faisant son début sans s'exercer. A mesure que l'habitude de parler se déloppe, cette nécessité évidemment se fait de moins en moins sentir.
Comment s'exercer? — Si le débutant est
absolument seul, il vaut encore mieux essayer de s'exercer seul que de ne pas s'exercer du tout.
S'il peut avoir un compagnon qui consente à lui dire ce qu'il pense, ce sera bien plus avantageux que de s'exercer seul. Même en supposant que ce compagnon soit hors d'état de lui dire comment faire, il pourra' généralement lui signaler ce qu'il fait mal et ce sera déjà beaucoup ; car il pourra travailler à fiiire disparaître ces défauts.
Dans le cas où il serait réduit à ses seules ressources, qu'il tâche de se procurer un miroir de moyenne grandeur, tel qu'il puisse s'y voir gesticuler, et qu'il s'étudie avec autant d'impartialité que s'il voyait un étranger.
Tout ceci montre combien ont tort les élèves de nos collèges qui ne profitent pas des occasions qu'ils ont de s'exercer pour satisfaire aux obligations des petites sociétés littéraires établies dans ces collèges. Il n'y a rien qui brise la glace comme ces exercices devant un public bienveillant.