‹ Cours d'équitationChapitre 22 sur 26 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

SUB L'HISVOIRE DB L'ËQUIVATIOIV

DJJfB SES RAPPORTS ATEC U CATAUUE |IJ

L'éqtiltatlon a été de tout temps et sera toujours la base obligée de la cavalerie : aussi est-U arriré que, tout en ayant servi à réaliser les progrès de cetlf arme, elle a assuré les siens : elle s'est rationalisée, a posé des principes, formulé des doctrines, est devenue ainsi science et art tout à la fois. C'est ce que vont servir à démontrer les considérations suivantes.

Tant que l'homme a emplc^é le cheval -à franchir des distances et à porter des &rdeaus , il lui a été facile d'en obtenir ce qu'il voulait; il ne s'agissait que ie le réduire fe l'état de bote de somme ou de trait.

Mais lorsqu'il a voulu le monter pour combattre , il a dû chercher à lui faire comprendre, deviner même, en quelque sorte , sa volonté en l'identifiant à sa pensée pour qu'il y réponde: dès lors, il a senti la nécessité d'employer des procédés plus intelligents et plus Justes; or, cette recherche dans les moyens de conduite du cheval a marqué les premiers pas de l'art raisonné de Véquitation , d'où il faut conclure que la

(l ) Arlicls commauiqué par H. de SaiDt-Anaa>

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ab&ttre à cheval a fnaugiiré et ratîo-

sstre.

je l'histoire, et elle déposera suffisam-

de cette assertion : elle montrera que

que la cavalerie a voulu entrer dans

iique de progrès, elle n'a pu y réussir

à son secours les conseils de l'équita-

'autre part , l'équitation s'est perfec-

chant & aplanir les difficultés que la

lonné à résoudre.

obligé d'intérêt entre la cavalerie et

utte l'alliance ilitime qui les a unies

C'est pourquoi leur histoire se trouve

qu'on ue Baurait étudier l'une sans

litre.

merons h indiquer sommairement les

s de ce sujet.

I'»rt équestre comprend deux phases La première se rapporte à l'équitation ipond aux temps les plus reculés. La aux t«nps modernes et comprend l'émée.

p discuté pour savoir si on avait com- } porter des fardeaux au cheval ou :. Mais on doit négliger cette question, un intérêt de curiosité scientifique; it, il faut reconnajtre que l'homme qui, luté sur le dos d'un cheval et est parter, a inauguré le premiei l'équitalion

fut la seule qu'on dut pratiquer dans :es du monde.

i peuples de l'antiquité nous apprend ;nt ui:û Tiombreuse cavalerie; celle do

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Pharaon , roi d'Égyiile , comptait 60,000 cavaliers et 600 chars.

Lorsque Sésostris marcha h la conquête du monde, il conduisait 24,000 chevaux et 600,000 hommes depieii.

La cavalerie combattait alors tumultueusement , sans ordre et saasdiscipline. Les auteurs anciens nou; eo ont donné une juste idée en la définissant pai l'expression métaphorique : la tempélt de ta cavaleri (procella equilum).

A défaut de documents historiques, on doit supposer que les Égyptiens, qui portèrent les arts de la civilisation au plus haut degré de perfection qu'ils puissent atteindre, n'ont pas été étrangers à l'art de l'équitation, et, lorsqu'ils cessèrent d'occuper la pre mière place sur la scène du monde, ils transmirent aux Grecs, qui leur succédèrent, la pratique des arts parmi lesquelsdut figurer nécessairement l'équitation.

11 importe de faire remarquer ici la manière dont elle s'introduisit dans l'archipel de'la Grèce.

Les peuples de l'Asie et de l'Afrique ont été cavaliers dès leur origine, parce que leurs mœurs , leurs habitudes, le pays qu'ils habitent leur ont fait un besoin d'employer le cheval , soit pour parcourir les vastes mers de sable de leurs contrées , soit pour combattre les tribus ennemies; ils ontdonc été cavaliers par l'habitude d'être toujours à cheval; c'est pourquoi ils ont pu se passer du secours de l'art.

n n'en a pas été ainsi chez les peuples de l'Europe st chez les Grecs d'abord, qui habitaient un pays mon- ^gneuz , peu propre à l'élève du cheval , et ne l'avaient pas vu naître ^ur le sol, mais l'avaient reçu (lar l'importation étrangère. On se rappelle à ce sujet le f^liarmaut apologue de U fable qui nous montre

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» sur BOft CDar , traîné par des chevans maersant les mers de Syrie, pour aborder sur ;s de l'Adriatique.

les difficultés qui s'opposëreut à la pratique ation chez les Grecs, ils devinrent bientôt , grâce aux leçons qu'ils reçurent des Cen- .69 Scythes, leurs envahisseurs, qui , retirés it Pélion , s'occupaient à dresser des chevaux. irtenait au génie des Grecs d'être les pre- Dumettre au raisonnement l'art de monter à 'est ce qu'attestent les ouvrages de Xénoe Cimon l'Athénien; car lie renferment tous pes fondamentaux de l'art équestre , et l'on îonsulter encore avec fruit de nos jours.

e, cette brillante imagination des Grecs, qui

bien poétiser tout ce qu'elle touchait, n'apas bien compris l'équitatioD lorsqu'elle le mythe admirable du Centaure : cet étr»

imme, moitié cheval, qui est la personniflcalus ingénieuse et la plus juste qu'on puisseï • du cavalier parfait, puisqu'elle supposa qu'il tellement lié à son cheval qu'il nfi doit foire [u'un seul et même individu?

iction renferme l'Idée mère sur laquelle on ir un traité complet d'équitation.

gnement de l'équitation ne tarda pas à porter

chez les Grecs, car ils parvinrent à se créer lerie forte et puissante. On sait que la cavaisalienne et les 6,000 cavaliers d'Épaminon !0t obtenu une grande renommée dans toute

it les premiers jours de la République, Boms I pauv<^ pour avoir une cavt^erie, car on ne

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saurait appeler ainsi lea Céléres, qui n'étaient au» de" fantassins à cheval, puisqu'ils ne se servaient de leurs chevaux que pour se rendre sur le lieu du combat.

Bientôt les plus intrépides de ces Céléres se hasardèrent à escorter à cheval les chefs de l'armée et se battirent à leurs côtés avec une telle bravoure qu'ils en furent récompensés par le titre de chevaliers. Ceuxci devinrent le noyau de cette cavalerie qui obtint xine si grande renommée , lorsque le peuple-roi marcha à la conquête du monde.

L'histoire ne nous dit pas la part que renseignement équestre eut dans l'organisation de la cavalerie romaine; elle nous apprenJ seulement qu'elle se recrutait de Gaulois, deParthes, de Numides; que tous ces cavaliers étaient couverts de fer, comme le dit le nom de cataphractaires qu'on leur donna.

Jusqu'au v* siècle , époque de la translation de l'empire romain à Bjzance, une simple couverte étendue sur le dos du cheval tenait lieu de selle. Les Orientaux faisaient courber le dos à leurs esclaves pour leur servir de marche -pied lorsqu'ils montaient à cheval. A défaut d'étriers , les Romains s'élançaient à cheval on se rapprochant de certaines bornes, nommées stades, qui étaient disposées à cet usage le long des routes. Ce fut à la fin du v' siècle qu'on inventa l'argon, et, un siècle plus tard, on lui adapta l'étrier.

Avec ces auxiliaires obligés de l'équitation, les cavaliers eurent la facilité de monter le cheval en tout lieu, à tout moment, et de rester longtemps en sella sans se fatiguer , ce qui dut apporter de grandes modiUcations dans leur mode d'ëqidtation ; mais l'histoire ne Q0U6 apprend rien à ce si^et.

Lorsque les Francs s'établirent dans les Gaules, ils

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mauquateiit complètement de cavalerie. On rapporte qu'à la ijataille de Tolbiac, Clovis combattit à la lête de quelques cavaliers de son escorte, et que, secondé par leur courage, il gagna la bataille qui lui donna le trône de France. Cette circonstance apprit aux successeurs du Toi franc tout le parti que l'on pouvait tirer de la cavalerie dans les combats.

La cavalerie gauloise était en renommée chez lea Komains. On peut citer à cet égard le passage de l'excellent ouvrage de M. le lieutenant général de Laroche-Aimon,où il dit que, dans cette longue lutte que Home soutint contre les Carthaginois , on vit alternativement la victoire passer dans les rangs des deux partis , selon que la cavalerie gauloise fût à la solde de Rome ou de Carthage.

Pendant toute cette longue période de temps qui constitue le moyen âge, on sait que la cavalerie, en France, faisait toute la force des armées ; l'infanterie n'était composée que de vilains et de manants, malheureux qu'on ne pouvait pousser au combat que par la crainte des châtiments ou tespoir du pillage ; car que pouvait-on attendre de la part de ces hommes qui défendaient un sol qui n'était pas le leur?

Il importe de parler ici des deux institutions qui ont le plus contribué à la prospérité de la cavalerie et de l'équitation : ce sont la chevalerie et les toiirnois.

Lachevalerie, pendantle moyen ilge, représentait tmtc la cavalerie ; non-seulement elle comptait dans ses rangs l'élite de la noblesse française, mais encore une foule de jeunes gens qui y figuraient comme pages , varlets , courtîlliers ; tous , avides de s'élever jusqu'à la dignité do chevaliers , servaient avec la plus grande ardeur et , passnut par tous les grade»

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Intermédiaires , recevaient une éducation qu! consistait avant tout à apprendre à monter à cheval, E*.cco! est si vrai, que tel jeune seigneur qui ne cmigTiail pas d'avouer qu'il n'élait pas capable de signftr bod nom, aurait rougi de dire qu'il ne Bavait pas monter à cheval; on voit par là combien l'équitation et 1 1 cavalerie étaient alors en honneur en France.

Avant que la poudre à canon eût fait justice de l'invulnérabilité des combaltants, ce dut être un rude adversaire qu'un chevalier armé de toutes pièces. Se* armes défensives étaient le casque, la cuirasse , les brassards, les gantelets, les cuissards, les jambières. Pour armes offensives, 11 avait la lance , la dague, la masse d'armea, le poignard à merci et la francisque. Son cheval était couvert de fer , avec des espèces de caparaçons ou bandesde cuir garnies de fer. Une selle il piquer formait, par ses battes et le troussequin, un encaissement qui l'enveloppait jusqu'aux reins en se repliant sur ses cuisse. Elle lui prêtait une solidité nécessaire pour résister au choc de son adversaire dans les luttes des tournois.

Il est facile de concevoir que la position de ces hommes , bardés de fer de la tête aux pieds, devait être raido comme leur armure. Leur moyen de conduite était sans justesse ni progression, puisque leurs jambes tendues, raides et très-éloignées du cheval. ne s'en rapprochaient que par à-coup. D'où il faut conclure que l'équitation au moyen âge, surtout celle des cavaliers militaires, a été une équitation de force et de contrainte , mais qu'elle était ce qu'elle devait être , relativement au genre de combats en usage et. il l'espèce de chevaux qui existaient alors.

Les tournois furent un complément nécessaire de In

chevalerie. lî f&Tlait à la jeunesse française un th^fi hre où elle pût faire briller son adresse et sigDaler sa valeur. Les tournois, indépendamment des servîcea qu'ils ont rendus h l'arme de la cavalerie, ont servi, a t-OD dit avec juste raison , à naturaliser les vertus guerrières au sol de la France. En vain a-t-on cherché à en faire la critique, en prétendant que les chevaliers descendaient dans l'arène ponr conquérir le regard des belles et obtenir la faveur d'un prince Qu'importe ! il n'en est pas moins vrai que les tournois ont beaucoup contribué à habituer les Jeunes seigneurs à ftiire de l'éqnitation et à s'oemper- de l'élève du cheval ; enfin, ils ont été appelés, à justt titre, des écoles d'adresse et de courage ; car l'bistoiK noua apprend que les Du Guesclln et les Bayard 5 avaient combattu et gagné leurs éperons, avnnt de conduire à la victoire les armées de Charles V et de François I",

Dès la première moitié du xvi* siècle, l'équitation avait perdu beaucoup de son crédit en Fr^ice; l'établissement des armées permanentes, le discrédit de la chevalerie et l'abolition des tournois, qu'avait amené la mort de Henri II, tué par un seigneur de sa cour, Montgomery; ces causes, disona-nous, avaient fait quitter les rangs ^ela cavalerie aux jeunes seigneurs de la couret leur avaient fait négliger l'art équestre.

Cependant l'Italie brillait encore par ses écoles d'équitation. Celle de PignatelU était surtout le rendezvous des écuyere de toute l'Europe, qui accouraient de toutes parts pour venir prendre des leçons du grand maître.

A cette époque, l'équitation, renfermée dans les murs du manège, teMe que la professait Pluvinei,

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cOQtlntia4«ur des doctrines de PignatelU, était raccourcie dans ses mouvements : le travail compùtiué des reprises, la variété des airs de manège, tout ce qu'on exigeait du cheval, avait amené & le porifer davantage, par les aides des mains et des jamtA, à raccourcir ses allures, et par conséquent à l'assouplir plus qu'on ne l'avait fait jusqu'alors.

Quoique la poudre ti canon ait été inventée dès le XVI' siècle, ce n'est qu'à la bataille d'Ivry, en 1518, qu'on commença à mettre les armes à feu entre lec mains de la cavalerie. On abandonnait tous lesJounE> ces lourdes armures du moyen âge pour rendre la cavalerie plus maniable et plue rapide dans ses attaques.

Ces modiflcations furent secondées par l'équitation, qui demandait des allurea plus francbes, plus rapides, des mouvements plus simples, et abandonnait le travail raccourci des écoles de Pluvinel et de Newcastle pour adopter une manière de monter à cheval plus en rapport avec les besoins du siècle.

Ces modifications étaient l'avant-coureur d'une révolution complète qui allait s'accomplir dans l'arme de la cavalerie. Elle fut l'œuvre de Frédéric le Grand.

Mais l'équitation encore ne pouvait rester ékangère il Vanne dont elle est, avons-nous dit, la base obligée. Cest ce que va prouver l'histoire des faits.

Lorsque Frédéric le Grand monta sur le trûne d« Prusse, il reconnut bientôt que les superbes escadrob. que son père lui avait laissés, étaient loin de former une bonne cavalerie ; que ces hommes, véritables co< /osses, montés sur des éléphants, ainsi qu'il le dit luimôme dans ses Mémoires, étaient de très-mauvais cavaliers, et par conséquent incapables de manœuvrer. Dès lors il comprit que leur instruction péchait

— ÏOO — qu'il fallait la recomtneDeer par Tenseistre. Dans ce but il fit constniire des

toutes les villes des quartiers decavair tête les écuyers les plus capables, et ts cavaliers de tous les régiments allasdés leçons de ces maîtres de l'art, qui apprendre à avoir une bonne position, urs chevaux il des allures régrulières, 1 ferme au galop et s'arrêter sur place, itîn tous les mouvements que compora des nouvelles évolutions, ets de cette mesure ne se firent pas atdes cavaliers montant bien à cheval, outa pas de mener k bonne fin la réait conçue, et, en effet, il parvint à faire cavalerie le véritable rôle qu'elle doit les combats. Dès lors on la vit aban- I profond pour prendre Tordre mince, se reployer avec uue grande rapidité ; elle i. couvrir les grandes manœuvres, prodel'armée.appuyer les cantonnements,

la vitesse de l'éclair sur tous les points du combat devait être amené par sa rappant les coups décisifs. Ainsi l'arme t rpçut sa véritable destinalion dans les evint ce qu'elle sera toujours, l'arme du iropos par l'impétuosité de ses attaques.

rte de faire remarquer que le génie de it en vain imaginé de créer une ère cavalerie, s'il n'avait compris que pour Jlait que l'art équestre lui fCtt en aide, t des cavaliers capables d'exécuter ces ides et instantanées. Ainsiil arriva alors

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ce qui s'est produit à toutes les époques de l'histoire de l'amie de la cavalerie, savoir : qu'elle n'a jamais pu entrer dans une voie quelconque de progrès qu'avec le secours de l'équitatioii.

C'est à LaGuerinière que l'on doit la première idée de la position natureUe. C'est lui qui fit abattre les battes et le troussequin de la selle à piquer, la seule qui fût alors eu usage. Par cette modification, le cavalier, privé des moyens factices de tenue que lui donnait la première selle dans laquelle il était emboîté, fut obligé de les chercher dans la rectitude de sa position, dans l'équilibre dont le grand maître proclama le premier le principe. Mais qu'on remarque cependant qu'il ne sut pas en déduire toutes les conséquences log'iijues, qu'il se mit même en contradiction manifeste avec lui, lorsqu'il plaça le cavalier sur l'enfourcbure, avec les jarrets tendus.

Quoi qu'il en soit de cette inconséquence, les moyens matériels d'une position naturelle étaient pressentis , les bases de L'enseignement rationnel étaient posées , l'équitatton raisonnée et naturelle était inaugurée. En ce sens, il lïiut le dire, La Guerinière a eu l'honneur d'y rattacher le premier sonnom.

Un de ces hommes d'élite qui semblent avoir pour mission de détruire les préjugés et la routine parut alors; ce fut Bourgelat.

Comme Bourgelat réunissait & la science profonde d'un anatomiste.le talent pratique d'un habile écuyer, il comprit que l'étude de l'organisation anatomlque du cheval devait résoudre les questions essentiellea de l'équitation ; que, de même qu'un mécanicien ne peut bien faire fonctionner une machine industrielle qu'autant qu'il connaît les leviers qui la constituent

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— 2G2 — ei le mofear qui les anime : de mâme le cavalier doit connaître tons les instruments de la macliine locomotrice, le sens de leurs mouvements possibles, lem étendue et leurs limites. C'est en s'appuyant sur ces données positives qu'il a fait comprendre que l'équit-ation devait être une science vraie et démonstrative

En suivant les écuyers du xvni? siècle, nous marhonsde progrès eu progrès. Bourgelatavaitinterrogô . es sciences naturelles pour ejspliquer le mécanisme des mouvements possibles, en déduire les moyens équestres et les produire.

Dupaty de Clam se présenta bientôt avec de nouvelles doctrines basées sur les mathématiques. Il voulut qne la position dn cavalier tùt constituée par les trois point» osseux du bassin. Mais la structure anafomique de rhomme se refuse à cette exigence, en sorte que le eavant écuyer commit une grande erreur en voulant faire plier les lois de la nature k celles de l'art. Mais cette erreur fut utile aux successeurs de Dupaty, en leur apprenant qu'on ne peut faire une bonne application des sciences exactes à l'équitation, 4u'autant que cette application n'est pas en opposition avec les vues de la nature.

L'école des d'Abzac, tout en suivant les préceptes de LaGuerinière, dégag'ea complètement l'équitation de toutes ses superfluités, des inutilités en vogue au temps de Pluvinel et que la Gueriniète avait encore conservées. Les d'Abzac voulaient une équiiation moins restreinte et moins raccourcie ; ils pressentaient déjà le-changement qui devait un jour s'opérer dans cet art. L'introductien en France des chevaux anglais, montés par les grands seigneurs en chasses royales, les courses, l'organisation meilleure de notr« cava-

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erie, commençaient à faire comprendre la nécessité (le préparer les chevaux à œarclier à des allures plus franches, A côté des d'Abzac marchaient des écuyers militaires, tels que Bohan, d'Auvergne, Mothin de la lialme, le duc de Melfort et de Chabanne.

M. de Bohan, ancien colonel de cavalerie, avait fait le l'équltation sur les champs de bataille. Là il avait appris que l'équitation militaire devait être facile, hai'die. Il voulut que la position, de guindée et prétentieuse que l'avaient faite les anciens écuyers de manège, devint fecile et aisée ; qu'elle répondît aux nouvelles exigences de l'arme de la cavalerie, depuis la réforme que lui avait fait suhir le grand Frédéric; il proscrivit les airs de maué^, qu'il stigmatisa du nom de gambades inutiles à l'homme de guerre.

Toutes ces modifications contribuèrent beaucoup aux progrès de l'équitation moderne ; il lui restait encore beaucoup à faire; il fallait surtout qu'elle s'affranchit de l'habitude reçue de renfermer l'enseignement équestre entre les quatre mnrs d'un manège; il fallait qu'elle devint ce qu'elle est aujourd'hui, qu'elle fût appropriée aux besoins de noire siècle, capable de ftire un cavalier civil ou militaire, conduisant le cheval avec li-anchise, hardiesse, habileté.ne reeulantpas plus devant une distante de quinze ou de vingt lieues à parcourir, que vis-à-vis les obstacles de fous genresqueprésenteunterrainde chasse ou un ctiamp ' de bataille.

C'est dans cet esprit qu'ont été écrites les leçons précédentes.

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ÉDUCATION Dlî POULAIN

CHEZ I^S ABABBB (1)

Quoique sevré, le poulain suit encore s& mère an pftturage ; il y trouve ces exercices si nécessaires h sa santé et au développement de ses facultés. Le soir, il vient coucher près de la tente de son maître, oii il est l'objet des plus grands soins de toute la famille. Cest ce contact constant qui prépare cette docilité que l'on admire chez les chevaux arabes.

VoUttun bon début qui devrait être imité par tous les éleveurs européens et particulièrement par ceux de France.

Si le poulain, à quinze ou dix-huit mois, n'annonce pas une grande liberté d'épaule, on n'hésite pas & lui mettre le feu à l'articulation scapulo-fémorale ; toutes les parties qui paraissent faibles sont ainsi soumises à cette opération, L'Arabe, prévoyant et connaisseur préfère combattre le mal à son début que d'employer, comme chez nous, le remède lorsque la maladie est incurable.

L'éducation du poulain commence ii dix-huit mois, "abord parce que c'est le seul moyen de l'habituer à a docilité, ensuite parce qu'on arrêts ainsi le déveoppement de la rate, ce qui est, disent les Arabes,

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une chose fort importante pour son avenip. Si on le monte plus tard, il paraîtra plus fort à l'œil, mais en réalité il sera moins propre à la fatigue et à la course.

Voilà un enseignement utile, qui prouve combien Eont dans le vrai les gens qui exercent les chevaux de bonne heure et qui t&it le procès de ce^ hommes de routine, ne sachant qu'engraisser les chevaux et n'admettant les premiers exercices que de cinq & six ans. Cest, sans nul doute, à un pareil système que l'on doit tous ces animaux qui, sous l'apparence de la force, sont sans àme, sans allure et sans énergie. Elevés comme des bêtes de boucherie, ils en prennent tous les caractères. Une semblable éducation leur donne de la graisse, de la viande, mais amoindrit les os, les tendons ; refoule les organes respiratoires et leur enlève ainsi toutes les facultés que l'on doit plus tard rechercher en eus. N'est-ce pas aussi à ce déplorable système d'éducation que l'on doit la lenteur de la mise en service et ces maladies inflainmatoires qui frappent nos chevaux lorsque nous commençons & les soumettre au travail î

Le cheval est fait pour marcher etparcourir de longues distances ; il faut donc que, de bonne heure, il soit préparé & ce qu'il doit faire toujours ; aussi , chez \es Arabes, le cheval marche, pour ainsi dire, constamment: 11 marche avec son maître, il marche pour chercher sa nourriture, il parcourt de longues distances pour trouver sa boisson : c'est ce genre de vie qui le rend sobre et infatigable.

 dis-huit mois, on commence à faire monter le poulain par un enfant qui le mène boire, qui le conduit au pâturage. lia pour frein une louge ou un mors de mulet très-doux.

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Cet exercice convient h tous denx : Venfiml se ftïî ntvnlinr. 1h poulain s'habitue à porter un poids qui t avec sa force ; il apprend ainsi à mareflfrayer de rien ; c'est ainsi que les Arassque jamais de chevaux rétife. C'est a 'on entrave le poulain ; dans cette maver le cheval, il y a encore, de lapart de calcul qui doit tourner un jour au profit 'U pourra rendre. Ainsi, lorsqu'on le met lie ensemble un bipède latéral en tenant courte, parce qu'alors on a observé que ulain se baisse pour brouter, la colonne l forcée de se maintenir droite et de delonvexe que concave ; ai la corde est trop e maintenant plus la colonne vertébrale, ilement une mauvaise direction.

1 belle et bonne observation, voilà des en temps utile, en état de produire d'extats pourl'avenlr. Cette manière d'agirsur rtébrale est préférable à nos institutions ir fléchir les mâchoires et les encolures, vingt-quatre à vingt-sept mois, on comir et seller le poulain, mais ce n'est point des précautions : ainsi, on ne le sellera sera déjà habitué au mors ; on lui en met ilainebrute, tant pour ne pas offenser les lur l'engager à le conserver dans sa bou oût salé qui lui plaît ; il est bien pr-'s d'y id on le voit mâcher. Cet exercice prépat matin et soir.

m France, nous usions d'un moyen anaïelait machicadou un morceau de linge, sel et de vinaigre, que l'on plaçait au-

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tour des caDons du moi^ ; on avait particnlièremeDt pour but d'exciter l'appétit du cheval.

Avec les précautiODs dont nous venons de parler, le cheval arrive ainsi bien ménagé pour être monté au commencement de l'automne, c'est-à-dire à trente moia, et dans une saison où il n'y a plus de mouches.

Les entraves, la selle, ta bride,, lui étant familières, ea colonno vertébrale ayant pris de la force, un cavalier le monte sans éperons, avec un mors trës-dotiz, et l'exerce an pas ; il l'habitue ainsi à la docilité, n vaque alors sur son cheval k ses affaires ; il visite ses amis, ses troupeaux, ses pâturages et n'exige rien que douceur et obéissance. H le flatte de la parole et évite toute lutte dont il ne sortirait vainqueur qu'aux dépens de son cheval.

C'est encore il trente mois que l'on apprend aux poulains à ne Jamais fair leurs cavaliers quand Ils ont mis pied à terre, et même à ne pas bouger de la place où on leur apaesé les rênes par dessus la tête pour les laisser iraîner. Ou apporte à. cette éducation le plus grand soin, parce qu'elle est très-importante dans la vie arabe. On met h eûté de lui un serviteur qui, posant les pieds sur les rênes chaque fois que l'animal veut fuir, lui fait ainsi éprouver une secousse désagréable aux barres. Après plusieurs jours de cet exercice, 11 arrive k rester comme un t«rme à l'endroit où il a été laissé ; il y attend son maître des journées entières.

Tous ces principe sont simples, vrais, & la portée de tous les talents, de toutes les intelligences ; s'ils Étaient mis en pratique par nos éleveurs. Us donnertient b, leurs «hevanx une sagesse et des qualités qui

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«n rendraient la vente plus prompte et le produit plus élevé. C'est avec un système à peu près analogue que les Anglais et les AllemaQds doivent la supériorité et le débit facile de leurs ctievauz.

De trente mois à trois ans, on continne l'application dea principes précédents. Pour confirmer le jeune animal dans cette docilité si nécessaire à la guerre, on s'attache aussi à le rendre très-docile au montoir. Les leçons dnrentautant de jours qu'il est nécessaire, mais elles sont courtes pour ne pas ennuyer le poulain. Dans les commencements le cavalier se fait aider par deux hommes, dont l'un fient les rênes et l'autre l'étrier ; il finit, avec de la patience, par obtenir une Immobilité complète. Les chevaux souffrants on mal conformés, disent les Arabes, résistent seuls à ces leçons. Cela est vrai et parfaitement vrai. Tout cheval qui persiste à être difficile au montoir a une raison pour s'y refuser. Cette raison est une cause de souffrance qui n'offre pas les garanties d'un bon service. Généralement tous les chevaux quinteux et 'vicieux, qui ont de ces manies eue rien n'explique, et qui ne se rendent pas plus aux moyens de douceur qu'aux châtiments sévères, sont des animaux qui ont un vice lans l'organisation intérieure qui les fait toiyours finir misérablement.

De trois à quatre ans, on exige davantage du cheval et on le nourrit plus abc&dammeut ; on commence à le monter avec dea éperons ; il s'affermit dans les leçons précédentes, acquiert du courage et apprend &ne s'effrayer de rien : les cris des animaux qui vivent avec lui dans le douar, ceux des bëtes féroces qui rôdent pendant la nuit, et les coups de fusU qull entend conitumment l'ont bientôt aguerri.

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Si, malgré tous les ménagements dont Bona venons de parler, on vient à rencontrer un cheval qui se cabre par paresse ou malice, me, mord, ne veut paa quitter la tente et les autres chevaux, s'eÉft^ie des objets extérieurs, au point de ne vouloir passer, on emploie alors la puissance des éperons ; on les aiguise, on recourbe la pointe en forme de crochet, et on fait au cheval, sur les flancs, de longues raies sanglantes qui finissent par lui inspirer une frayeur telle, qu'il est bientôt docile. Les chevaux qui ont reçu ce châtiment retombent rarement dans leur premier écart. En même temps que le cavalier se sert des éperons pour châtier le cheval rétif, il le frappe un peu en arrière de la têtière de la bride avec un bâton fort et court.

Tout cela est excellent; c'est la correction que conseillait Frédéric Grisou an xvi' siècle; il ajoutait aux éperons et h la houssine, des cris irrévérencieux, comme il le dit, tels que : Ah ! traître I Ah ! maraud ! Ah I ribaud I C'était aussi le moyen employé à l'école de Versailles; c'est celui que j'ai toujours mis en usage, et 11 ne m'a jamais failli.

Les Arabes sont tellement convaincus de l'utilité de la connaissance complète de l'éperon, qu'ils ne croient au cheval réellement dressé pour la guerre, que lorsqu'il a passé par ces rudes épreuves.

Ceci est encore parfaitement vrai; dans une équitation bien entendue, le cheval qui n'est pas franc à l'attaque de l'éperon, qui ne le fuit pas en se portant en avant, n'est pas un cheval dressé : aussi, je ne m'explique pas comment, en France, et dans notre cavalerie surtout, on a pu envisager l'emploi de l'éperon sous un autre point de vue.

Les Arabes disent encore que les éperons ajoutent

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an quart b réqnitation du cavalier, on tiers h la valeur du ctieral. Ils regardent nos éperons comme tout h fait insuffisants, et ils ont raison, slle n'ont vu que les éperons que portent généralement nos soldats. Quel effet, disent-ils, dans xm cas où U s'agit de la vie, en obtiendrez-vous avec un chev^ fatigué? Ce n'est bon qu'à te rendre rétif ou b le chatouiller; avec no3 chabirs, nous suçons le cheval : tant que la vie çst chez lui, nous allons l'y chercher ; ils ne sont impuissants que devant la mort.

Certainement, lorsque le cheval est ftanc aux attaques de l'éperon, il faut être sobre de son emploi; mais il faut, au préalable, qu'il le connaisse et qu'il le craigne. Je l'ai tonjours dit : un cheval ne peut être considéré comme dressé, que lorsqu'il ne se porte pas en avant k son attaque : je suis donc de l'avis des Arabes, d'en avoir de piquants, afin de les trouver dans les cas extrêmes, et surtout de ne pas considérer l'éperon comme une aide qui ne sert qu'à produire le ralentissement.

Chez les Arabes, les professeurs d'équitation sont: la pratique, les traditions et l'exemple. Ce sont, en effet, les meilleurs mattres.Maisdans un pays comme le nôtre, où le cavalier mont« pour la première fois i vingt ans, la leçon est nécessaire, elle est le narré de« traditions; l'esemple est chez le professe^; quant tt la pratique, qui est, de ces trois conditions, la plus essentielle, c'est elle qui fait souvent défont par le manque de moyens de la mettre en vigueur.

L'Arabe fait donc lui-même l'éducation de son cheval ; le nom de cavalier ne s'acquiert qn'aprës de grandes preuves d'habileté. Lorsque le cheval est soumis ^ la volonté de l'homme, qu'il sait mander

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dRD8 la plaine ou dans la montagne, son-^ncation n'est point encore acLeTée, il convient de le dresser aux exercices suivants :

£/ rfjer^ : la course. On fait courir le cheval, d'abord Benl sur une surface plane, en l'excitant avec une baguette et les éperons. On ne lui fidt parcourir d'a- ■bord que de courtes distances, puis on le fait courir 'tête à tête avec un vieux cheval qui a de la réputation : le poulain s'anime et cherche h soutenir la lutte. Ces exercices répétés servent aussi à donner au cavalier une connaissance exacte des moyens de son élëve-

N'est-ce pas ici en tous pointa les exercices que nous recommandons dans le complément de l'éducation du jeune cheval 1 N'est-ce pas l'entraînement, la préparation à la course pratiqués en Angleterre, comme en France, et qui a trouvé tant de détracteurs de la part de ces hommes & idées fausses, qui ne comprennent le cheval que lorsqu'il est obèse. C'est lorsque le cheval est rendu franc, ce qui est trèa-rationnel, qne l'Arabe arrive progressivement & tous les autres exercices qui ont beaucoup d'analogie avec ceux que nous exécutons dans le travaU militaire et

Ainsi, et kyama, la franthise, consiste à lancer son cheval augalop et à l'arrêter court devant un mur, uij précipice, une rivière, un ravin.

El lolema, le rtnveriement ; cet exercice consiste à tourner brusquement à droite ou à gauche après avoir tiré le coup de fusil : c'est le demi-tour ou la demi-volte.

El feuszàa, départ au galop de pied ferme ; c'est encore un travail que nous demandons à nos chevaux de gnerre.

Outre les manœuvres nécessaires au combat, les ca-

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valiers renommés dressent leurs chevaux pour briller dans les fêtes et les fantasias.

1 AiDsi, et enif'itc, la caracole, qui consiste îi faire ■marcher les chevaux surles pieds de derrière et s'enlever ainsi à mesure que les pieds de devant touchent f«rre, n'est autre chose que nos anciennes courbettes.

El guetêàa, qui s'exécute en enlevant le cheval des quatre pieds à la fois, en même temps que le cavalier jettesonfuBUenTair, n'est autre chose que la cabriole très en usage autrefois dans le manège, et que nous ne demandons plus qu'à nos sauteurs en liberté.

Tous ces exercices nous sont connus; mais, comme on le voit, la progression est rationnelle : le cheval est pratiqué de bonne heure pour le rendre ami de l'homme et pour l'habituer k la fatigue ; puis on le rend franc à l'action des aides, et c'est lorsque l'on est assuré de cette franchise que l'on demande ces exercices qui produiraient la défense chez les chevaux mal commencés.

Du reste, tous ces exercices ne sont pas suivis par tous les Arabes ; chacun en prend ce qui convient à sa position, à sa fortune, àses goûts, et nous pourrions ajouter selon les moyens de son cheval. Mais tous se conforment aux mêmes principes pour l'éducation du poulain. Ces principes sont résumés dans im proverbe très-répandu qui prouve combien ils attachent d'intérêt à commencer de bonne heure cette éducation :

Fais-le manger paulun d'un SJn,

Uns se fera pas d'entorses.

Uonie-le de deax II trois ans,

Ius<iu'ï ce qu'il soit soumis.

Nourris-le bien de trois k ignatre,

Itemonte4e ensuite.

S'il no convient pas, vends-le sans balancer.

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Lorsque l'Arabe enfreint les règles que nous avonî données dans réJneation do son cheval, s'il le monte trop ttt et lui demande un travail au-dessus de ses forces, c'est qu'il y est forcé par les nécessités de la guerre.

Dans l'opinion des Arabes, le cheval vit de vingt h vingt-cinq ans, la jument de vingt-cinq à trente. Quant à l'asage que l'on peut en faire, un proverbe exprime leur idée à cet égard :

Sept aas pour mon frère.

Sept uns pour moi,

Sept ans pour mon ennemi.

C'est donc de sept à quatorze que le cheval est le plus apte à supporter les fatigues de la guerre, encore faut-il, pour cela, qu'il ait reçu la préparation que donnent les Arabes et non pas l'avoir élevé comme nous l'élevons. C'est à ce faux système que l'on doit de voir nos chevaux n'être réellement bons que de neuf à dix ans, et combien s'en trouve-t-il dont la médiocrité ne tient qu'au mauvais système d'éducation première 1

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