‹ Cours d'équitationChapitre 23 sur 26 · PRINCIPES GÉNÉRAUX DU CAVALIER ARABE · texte numérisé non relu

PRINCIPES GÉNÉRAUX DU CAVALIER ARABE

tes principes sont excellents ; il serait à désirer que toutes les personnes qui usent du cheval en fussent bien pénétrées. Toicl les conseils adressés au cavalier arabe : Achète un bon cheval : si tu poursuis, tu atteins ; si tu es poursuivi, l'œil ne sait plus où tu ns

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Préfère le chevtil de montagne au cheval de plaine, et celui-ci au cheval de marais.

. Quaud tu vleDs d'acheter un cheval, étudie-le avec soin; donne-lui l'orge progressivemeut.jusqu'à ce que tu sois arrivé à la quantité de son appétit. Un bon cavalier doit reconnaître la mesure d'oi^e qui convient à son cheval, aussi ti'«n que la mesure de poudre oui convient à son fusil.

Ne permets ni aux chiens ni aux Jknea de se coucher sur la paille et sur l'orge que tu destines i ton cheval.

Ne fais boire qunjae fois par jour, à une ou deux heures de l'après-midi, et ne donne l'orge que le soir au coucher du soleil. C'est une bonne habitude de guerre et, en outre, c'est le moyen de rendre la chair ferme et dure. L'Arabe dit que l'orge du matin est pour le fumier, celle du soir pour la croupe.

Pour préparer un cheval trop gras aux fatigues de la guerre, fais-le maigrir par l'exercice, jamais par la privation de nourriture; ne fais jamais boire après avoir donné l'orge, ce serait tuer ton cheval.

Ne fais jamais boire un cheval aussitôt après une course rapide, tu risques de le voir frappé par l'eau (transpiration arrêtée). Après une course rapide, faisle boire avec la bride, fais-Je manger avec la sangle. et tu t'en trouveras bien.

Quand on fait courir son cheval, il faut le ménager pour le trouver au besoin; on en doit user comme d'une peau de bouc : si vous l'ouvrez progressivement et en resserrant son embouchure, vous conservez facilement l'eau ; mais si vous l'ouvrez tout h coup, l'eau s'échappe il ne vous reste plus rien pour la soif. Un cavalier ne doit jamais faire courir mi cheval en

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montant ou en descendant, à moins qu'il n'y soit forcé.

Quand vous avez une longue route à faire, ménagez votre cheval par des interruptions au pas, pour M laisser reprendre haleine ; répétez ce manège jusqu'à ce qu'O ait sué et séché trois fois ; laissez-le uriner, reasanglez-le et ensuite faites ce que voua voudrez.

Si voua avez mia votre cheval au galop et que d'autrea cavaliers vous suivent, calmez-le, ne l'excitez pas, il s'animera assez lui-même.

Si vous poursuivez un ennemi et qu'il commette la faute de pousser son cheval, contenez le vôtre, vous êt«s sûr d'atteindre le fuyard.

-Tous ces préceptes sont des vérités; jamais les livres qui traitent de la question chevaline n'en ont . autant dit : ici, un mot est une idée; c'est admirable de concision. Je continue :

Quand, après avoir marché longtemps dans les montagnes et des sentiers étroits, le cavalier vient à déboucherdans la plaine, il est bon qu'il fasse un peu courir son cheval.

Au départ.le cavaUer ne doit pas craindre déjouer avec son cheval pendant quelques minutes : de la sorte il lui déliera les jambes et aura du repos pour toute la Journée.

Le cavalier qui ne donne pas un bon pas à son cheval n'est point un eavajier ; il excite la pitié.

Celui qui, le pouvant, ne s'arrôte pas pour laisser uriner son cheval, commet un péché.

Quand, à la guerre ou à la chasse, vous avez mis votre cheval en nage et que vous rencontrez un ruisseau, ne craignez pasde lui laiaaer avaler septou huit goi^^ées d'eau ; cela ne lui fera pas de mal et lui permettra de continuer sa course.

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Je le répète, tous ces préceptes sont pleins de raii>ou.

de justesse et de vérité ; rien n'est k dédaigner, pas même ceux qui ont une aorte de trivialité, comme le Éuivant: Voulez-vous savoir, après une journée de course ou de fatigues, quel fond vous pouvez faire de votre cheval ? mettez pied a terre, tirez-le fortement par la queue ; s'il résiste sans être ébranlé, vous pouvez compter sur lui, L'herbager normand, qui, de tous les Français, ejcige le plus de ses chevaux, puisque, dans une journée, il fait souvent vingt-cinq lieues avec son bidet d'allure, connaît bien ce procédé dont il use pour savoir s'il peut, après une longue course, compter encore sur sa monture.

Tons ces principes du cavalier arabe, nos caTaliers devraient les savoir par cœur, ne jamais les oublier et lesmettre constamment en pratique; ce devrait être ' le catéchisme de l'homme de cheval.

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Les Arabes disent : Pour qne le cheval soit hon, fl faut qu'il ait quatre choses larges, quatre choses Iongnes, quatre choses courtes.

Une semblable division est bien facile à se mettre dansla mémoire; ta subdivision est tout aussi aisée, et l'on verra que Icvsque le cheval possède ces douze exigences, il doit être bon.

■ Les quatre choses larges sont : le front, la poitrine la croupe et les membres.

Les quatre choses longues sont: l'encolure, les rayons supérieurs de l'avant- main, le ventre ou les côtÉset les hanches.

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Lesquatre choses courtes sont : les reins, les patorous, la queue et les oreilles.

A l'exception des oreilles, qui peuvent être longnea et appartenir à uq bon cheval, toutes les autres conditions sont indispensables. La largeur du (ront assure l'intelligence ; la largeur de la poitrine, le jeu et la force des organes respiratoires et un bon écartement des membres antérieurs ; la largeur de la croupe, la force de l'arrièrc-main ; la largeur des membres, le solide soutien du corps.

La longueur des bras de levier de l'avaut-main assure la iirofondéur de la poitrine, la liberté des épaules et la sortie d'un garrot qui, maintenant la selle sur le dos du cheval, place le cavalier dans la position la plus sûre et la plus commode; la longueur de l'encolure assure sa flexibilité, la met dans les conditions les meUleures pour régler les déplacements de la masse; carime encolure longue et flexible aide aussi bien au calentl de l'allure qu'au développement le plus grand.

La longueur des côtes, en offrant aux organes de la poitrine et de l'estomac une vaste place, fecilite la jeu de ces organes et assure le bon entretien de l'animal.

La longueur des hanches, en augmentant la longueur des bras de levier de l'arrière-main, augmente la puissance pour chasser la masse en avant.

Le rein court est encore un indice de force ; n'est-ce pas lui qui est le trait d'union entre l'avant et l'arriére-main?

Les paturons courts sont aussi un indice de force, et sont le complément indispensable des membres liirgcs.

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La queue courte est uyt sl^e de race, et aussi un stgne de force, puisqu'elle rftccourcit la longueur du prolongement rachidlen.

Enfin, les oreilles courtes sont un signe d'Intelligence; mais, comme nous l'avons dit, un cheval qui satisfera aux exigences signalées plus haut, aurait-il les oreilles longues, sera néanmoins un bon cheval ; l'oreille un peu longue est quelquefois un signe de race.

Rien n'est aussi simple que cette manière d'examiner un cheval , et , sans chercher h se rendre rompte du pourquoi, tout individu qui aura bien cette classiâcation dans la tête, s'il sait en faire l'application, saurajugerunchevalet se trompera rarement. .

L'Arabe a encore une manière de s'assurer, psrnne mesure de la plus grande simplicité, des qualités d'un cheval. On mesura avec la main ou avec une corde la longueur qui existe depuis rexlTémité du tronçon de la queue jusqu'au milieu du garrot, et puis du milieu du garrot jusqu'à l'extrémité de la lèvre supérieure, en passant sur l'encolure et entre les oreilles.

Si les deux Icngueurs sont égales, le cheval sera bon, mais d'une vitesse ordinaire.

SI la longueiu: est plus grande en arrière qu'en avant, le cheval ne vaudra rien, sera sans qualité.

Si, au contraire, la longueur est plus grande en avant qu'en a: rière, l'animal sera d'une grande qua- Uté ; plus la différence sera grande, pins le cheval aura de moyens. On peut, disent les Arabes, avec un tel cheval frapper loin, exprimant ainsi le fond et la

vitesse qu'une telle confoimation lui assure.

Ce procédé si simple est d'une vérité incontestable.

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En etfet, et la mesnre est pius conrte de la queue au garrot, ce sera une preuve que le rein eat court, le dos droit et le garrot renversé. Si la mesure est plus longue on avant, ce sera une preuve que le garrot sera renversé, que l'épaule sera obllqne et que l'encolure sera longue. J'ai fait ces essais à l'école de cavalerie eur plus decentcbevaux dont je connaissais les moyens, et jamais la mesure n'est venue donner un démenti & l'opinion que j'avais de chaque cheval.

Ainsi que nos anciens écuyers, les Arabes consultent les robes pour apprécier léa chevaux. Si la manière dont ils en parlent est trèB-pittoresque, l'expérience prouve qu'ils sont souvent dans le vrai.

Selon les Arabes, Tes robes les plus estimées sont le blanc : prenez le blanc, comme un drapeau de soie sans tache, et le tour des yeux noir.

Le noir. Il le faut noir comme la nuit sans lune et sans étoiles.

Le bai, 11 le faut presque noir, ou doré.

Le rouge foncé dit à la dispute : Reste là.

L'alezan. Désirez-le brûlé; quand 11 fuit sous le soleil, c'est le vent. Le Prophète affectionne les alezans. Le gris foncé pommelé. S'il ressemble à la pierre de la rivière,

Il remplira le douar

Quand il sera vide.

Et nous sauvera du combat

Le jour où les fusils se touchent.

Les gris sont généralement estimés, quand la tête est moins foncés que la robe.

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Les robes méprisées sont : Le pie. Fayez-le comme la peste; c'est le frère de la vache. L'isabelle à crins blancs, le rouan, etc., ne sont pas estimés.

Le blanc, c'est la couleur des princes: mais il ne supporte pas la chaleur.

Le noir porte bonheur, mais il cramât le pays rocheux.

L'alezan est le plus léguer. Si l'on vous assure avoir TU un cheval voler dans les airs, demandez de quelle couleur il était; si l'on vous répond atez^m, croyez-le.

Le bai : c'est le plus dur et le plus sobre. Si l'on vous dit qu'un cheval a sautédans le fond d'un pr^ipice sans se faire de mal, demandez de quelle couleur il était; si l'on TOUS répond 60 i, croyez-le.

Je citerai cet extrait sur les robes, en citant l'his toire suivante, toujours prise au livre si intéressant du g:énéral Daumas.

Ben Dyad, chef renommé du Bésert, qui vivait en l'an 902 de l'hégire, se trouvant un jour poursuivi par Saad el Zannaty, se retourna vers son âls et lui demanda : Quels sont les chevaux en tète de l'ennemit — Les chevaux blancs, répondit son fils. — C'est bien; dirigeons-nous du côté du soleil, ils y fondront comme la neige. Quelque temps après Ben Dyad se retournant encore vers son âls, lui demanda : Quels «ont les chevaux en tête de l'ennemi ? — Les chevaux noirs, lui cria son flls, —C'estbien; gagnons les pays pierreux, et nous n'aurons rien à craindre; ils ressemblent à la négresse du Soudan qui ne peut marcher pieds nus sur les cailloux. Il changea de route, et bientAt les chevaux noirs furent distancés. Une troisième fois, Ben Dyad demanda : Et maintenant, quels sont les chevaux en tflt« de l'ennemi T — Les alezana

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— 2B1 — brfilés et les bais bruns. — En ce cas, cria Bcii llyad, à la nage, mes enfante.àlanage, et du talon aux chevaux; car ceux-ci pourraient bien nous atteindre, si pendant tout l'été nous n'avions pas donné l'orge aux nôtres.

Quelle charmante histoire ! Tout cela est vrai : la pratique et l'observation ne font que le prouver.

Ainsi, la race de pur sang, en Angleterre, si renommée pour sa vitesse, tire son origine de trois chevaux arabes, dont deux étaient alezans, Damley Arabian et Godolphin; le troisième était bai.

Ectypse- le plus vite des chevaux connus, était alelan ; RuUns, PlmipolentiaTy, Tigris, et mille autresconreurs célèbres étaient alezans, les autres étaient bais. Ce n'est que par exception très-rare que l'on voit sur les hippodromes un cheval gris, et Je ne sache pas qu'un cheval de cette robe ait gagné une course.

Je m'arrête, car si l'on voulait prendre au livre du général Daumaa tout ce qui est bon, tout ce qui est vrai et instructif, il faudrait copier le livre tout entier. Je n'ai dû prendre que ce qui ne doit pas être ignoré de l'offlcier de cavalerie, que tout ce qui pouvait donner de la force aux préceptes que je cherche à introduire à l'Écoie. Tout ce qui traite de l'élève du cheval, de l'hygiène, de l'accouplement, est aussi trèa-précieux à consulter. L'ouvrage du général Daumas fera époque, et doit être dans la bibliothèque, non-seulement de l'homme de cheval, mais encore de selle de toute personne qui aime les œuvres poétiques, attachantes et instructives.

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