RESUME
DfS PRINCIPALES DOCTRINES D'ÉQUITATION
DES ANCIENS ËCtITEBS.
Soiffi ce titre, j'ai réuni des extraits des principaux ouvrages d'équitation qui Eésumeot les principes qui ont été profeseés par les grands maîtres del'art, depuis le xv^ siècle jusqu'à nos joun*.
En suivant la marche de l'équitation , depnis l'époque Qù elle s'est rationalisée, on observe qu'elle a eu deux tendances bien distinctes, et qu'elle a revêtu deux caractères diamétralement opposés, qui ont dépendu des espèces de chevaux qu'on a employés , du genre de service qu'on leui a demandé , des progrès de la civilisation , et enfin des institutions particulières de l'arme de ia cava< lerie.
. Cette exposition rapide des doctrines de l'ancienne équitation suffira pour mettre cette propolîitlon en évidence ; elle montrera que lorsque les .tournois, les carrousels et généralement tous les exercices équestres étaient le plus en honneur en France , lorsque la cavalerie combattait dans l'ordre profond au lieu de l'ordre mince , on a fait de l'équitation raccourcie, cadencée, dP l'équitation de
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paraae, qu'on me passe l'expreseion; et comme les chevaux que l'on montait alors manquaient gêné*
ralement de finesse et d'élégance dans les mouvements, en raison de leur conformation massive, il fallut leur en donner par des moyens forcés , c'edtà-dire substituer l'art à la nature ; de là , les mors puissants et les moyens de sujétion les plus violents mis en usag'e.
Mais du jour où les tournois fiirent fermés , les carrousels supprimés, et à cette même époque è peu près où l'arme de cavalerie est devenue l'arme de ri-propos par la rapidité de ses attaques et de ses déploiements, dès lors les chevaus assis, aux allures cadencées , ne purent plus convenir ; l'équitation raccourcie fut remplacée par l'équitation plus fi^nche , plus hardie. Or, les doctrines qui se ra.pportent h Cette nouvelle tendance se résument en ceci : que l'équitation, tout en devenart propre alors à seconder la vitesse des allures , continua de renfermer le cheval suffisamment pour assurer les moyens de conduite.
Des modiâcations apportées aussi alors dans les croisements de nos races , en amenèrent dans les moyens de conduite des chevaux. Devenus plus fins, plus susceptibles, il fallut nécessaireraenl apporter plus de discrétion et de mesure dan» l'emploi des aides pour obtenir leur sujétion.
Que fautr-il conclure de là ? Que ce sont moins les principes équestres qui ont changé, que les circonstances, les temps et les institutions de la
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cavalerie; \ne si les ues ont été rejetés, les autres conservés , c'est qu'on a dil en faire une application relative aux besoins de l'époque qu'il fallait av^t tout satis&ire.
Et, qu'on le sache bien, il est, en équitation tonune en toute chose , des vérités qui sont de tous les temps. On ne saurait aujourd'hui r^^verser les principes fondamentaux de l'art que les Huvinel, les laGuerinière et les de Bohanontconsacrés; mais on peut leur emprunter ceux qui se rapportent à notre équitation, abandonner ceux qui sont trop exclusifs; on peut les rationaliser, les perfectionner, en former un corps de doctrine meilleur et plus complet.
Bn£Q, finissons par dire que ces principes ne sont pas aussi difficiles , ni aussi compliqués qu'on veut bien le faire croire. Qu'on se pénèti'e bien qu'il n'y a de difficile et de très-difficile çn équitation qu'une chose , c'est l'application des principes et non les principes mêmes ; c'est la mesure, l'à^propos avec lequd il faut savoir en faire usage. C'est le tact, l'inteUigence équestre qui fait discerner qu'avec la plus légère indication , la plus petite somme de force employée à propos, on maîtrise et on gouverne le cheval.
Rien n'était plus conséquent que nos anciens écuyers ; pourquoi Grisou avait-il de la brutalité ï c'est parce que les chevaux de sou temps étaient lourds et apathiques, et que, manquant de sensibilité , ils avaient besoin d'être plus fortement excitfe.
Tout en cherchant à réveiller leur action , tout
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en cherchant à les i-endre liants , U recommandait surtout de ne pas trop leur assouplir l'encolure; il comprenait qu'un cheval lascke de col , comme il le disait , perdrait de son perçant ; c'est au moyen des attaques violentes de l'éperon qu'il réveillait l'action , qu'il assouplissait Varrière-main pour obtenir les voltes , les passades , les courbettes , les demitours; tandis que, pour donner aux épaules une légèreté qui leur manquait , il conseillait de promener les cheraux dans les guérets frais labourés , dans des chemins pierres , dans les rivières , dans la mer, pour les eng-ag-er à lever les jambes et donner par \ii du développement aux épaules. Il cherchait aussi à entretenir l'action en Msant parcourir avec furie des distances plus ou moins longues; mais, comme je viens de le dire, il recommandait particulièrement de ne pas trop briser l'encolure, sachant fort bien que chez des chevaux qui n'ont ni trop d'énergie ni trop de vitesse, il fiiut éviter de laisser prendre un pli qui peut amoindrir cette vitesse et cette énergie. Il avait reconnu que le cheval de son époque , qui n'éiail pas ferme de col , n'était pas un bon cheval de guerre , et que souvent trop de flexibilité dans cette partie lui donnait de l'incertitude et des moyens de défense.
Lorsqu'il s'agissait d'obtenir des mouvements précipités, son travail le plus habituel, une fois que le cheval était familiarisé à l'homme et que ce dernier l'avait promené par la campagne , était de
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M feire exécuter dea passades et des voltea , c'està-dire d'aller et de revenir toujours sur une même piste , appelant la ligne droite que l'on parcourait, ta passade , et la volte , le - toumaut ezîcuté pour revenir sur la ligne que l'on venait de parcourir,
La volte se faisait par un tournant simple , et quelquefois sur les hanches ou par un demi-tour.
Lorsqu'au bout de la passade on revenait par nn demi-tour, la perfection était, avant de toiirner, de faire faire une passade au cheval , c'est-à-dire de l'arrêter vigoureusement et de le renfermer alors dans la main et dans les jambes, de feçon à lui faire faire la jambette,c'eet-à-dire lai feire plier la jambe du devant, de la main à laquelle il se trouvait, et la maintenir ainsi pliée jusqu;à ce que le demi-tour fût exécuté. Je citerai tout à l'heure le texte de Griaon , pour expliquer l'action des jambes du cavalier lorsqu'il faisait exécuter les tournants et les voltes ; on verra que le principe de se servir de la jambe gauche pour faciliter le tournant à droite, et vice versA, avait été fort bien compris par lui.
a Pour vous i^ire plus clairement entendre , et y avec la vraie raison et sans fausseté, comment il ' faut aider un cheval avec les éperons quand on __ ie manie, je vous dis que quand , au bout de la Il passade, vous le voulez volter k main droite, il I vous le faut aider du côté opposite avec l'éperon 1 s»Dche, et l'arrondir ensemblement avec l'autre ' éperon, afin qu'il aille juste et qu'il retourne k
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• B» route. Ht le voulant volter à main gauche avec «sembla* le ordonnance, le tous faudra pareille- . meut aider avec l'éperon droit, et en même " temps l'arrondir avec le gauche ; et par ce moyen
il ira juste et correct , toujours en un même rond, n sans s'avancer plus d'un côté que de l'autre. Et » vous faut bien noter qu'aucune fois il le faut ai-
der au commencement de la volte , autre fois au^ » milieu, et autrefois à l'instant qui la clôt; et
• lorsqu'il la dot, ne faut pas que l'éperon, qui B arrondit la volte , batte à per ains, ira en même
1 temps battre un peu plus en arriére que l'autre,
• qui bat au long des sangles, au côté opposite, « comme il est besoin. Et en cela sourd une grande
• difficulté pour savoir bien connaître le seutiment . du cheval, et le piquer à temps, et le poindre plus ou moins , selon qu'il en est besoin ; ce que « je ne vous puis bonnement exprimer de paroles ; » mais la pratique et l'expérience vous en feront
• sages. ■
Grison comprenait parfaitement, comme nous, les oppositions et les résistajices , les actions et les soutiens qui servent à mettre le cheval en mouvement et à le maùitenir. S'il usait quelquefois de moyens plus violents , c'est qu'il avait affiiire à une espèce plus commune, moins sensible. Si nous avons des chevaux assez fins pour comprendre ies moindres indications , n'en avons nous pas quelquefois d'autres sur-Iesquels la correction qu'il indiqua peut être apjihquéc avec succès ?
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• Je vous advisu que quaml le cheval use de
• quelque malice, comme de branler la tête, se le- » ver debout ou s'appuyer sur la bride, ou bien « quand il fera d'autres notables fautes, lors vous » lui donnerez le châtiment avec une voix terrible 1 et effrayante, et ireusement direz, avec un cri
• âpre et menaçant, celle de ses paroles qui vous » viendra plus à gré : Or sus, or sus ; or là ; ah ' » traître, ali ! ribaud, tourne, tourne, tourne ; ar- ■ rête ; tourne ci, tourne là, et autres semblables,
• pourvu que le cri soit terrible, et que voas disiez » paroles qui vous sembleront plus conformes et
• plus propres à intimider le cheval pour sa correc-
• tion; et continuerez d'ainsi faire jusqu'à ce qu'il
• se revienne et se corrige de sa faute ; et le ferez
• la voix la plus haute, selon que sa faute sera plus
• ou moins grande. •
Malgré tout ce qu'il peuty avoir de bizarre dans cette leçon, bien qu'il recommande le châtiment fort et fenae quand il le croit utile, il comprenait parfaitement le cheval, savait le point où il devait être amené, et connaissait les moyens d'y arriver. La dernière citation que je vais faire de lui est en quelque sorte le résumé de sa manière de voir et d« ses principes.
• Mais ne pensez pas que pourtant le cheval, bien t qu'ilsoitproportionnéetorganisédenature.puisse . de soi-même bien faire, et se manier, sans le se-
• cours humain et la vraie doctrine. Partant, lui
• faut-il avecl'aptrecueillirles membresetles ver-
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i tus occultes qui sont en lu i ; et, selon le vrai ordre. 1 et la bonne discipline, la vertu sera plus ou moinF.
> éclaireie. Ainsi, au contraire, l'art, quand il est
> mauvais et laux, ruine et anéantit le cheval et
• lui couvre et assoupit toute la vertu ; comme t aussi étant bon et vrai, il supplée à beaucoup
> de parties où la nature lui a défailli, et vraimea.
> il juste cause les Latins ont appelé le cheval
• equus, qui ne signifie autre chose que juste, pour
• ce qu'outre les autres raisons que les anciens en
• ont données, il faut que le cheval soit en tout et
• partout]usteparmesure,justeaupafl, juste au
• trot, juste au galop, juste h la carrière, juste au t parer, juste au manier, juste au saut, et finale- » ment, juste de tôte, et juste quand il est sur lea 1 pieds arrêté, et encore juste et uniment mesuré
• selon la volonté de celui qui le chevauche. En
> outre cela, il loi faut le pas élevé, le trot libre et
• délié, le galop vigoureux et gaillard, la carrière
• vist«, les sauts justes, amassés et amoncelés, le parer léger, le maniement sûr et prompt. Et a pour ce que le cheval, naturellement du jour » qu'il sort du ventre de la mère, va le pas, le n galop et court, et ne fait rien moins, et avec » plus grande difficulté que le trot ; à cette cause,
• quand vous serez dessus, prenez toujours garde
• à l'y aduire et rendre léger ; car, par ce moyen, » il deviendra plus juste et plus aisé à conduire à ■ la perfection de toutes les autres vertu», les-
• auelles particulièrement, puis après vous ccu-
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e uaitrez évidemment, car de ce trof le cheval .. Tient à prendre au pas, agilité; au g-alop, gail-
■ lardise; à la carrière, vitesse; au eant, reins et '■ force ; au parer, légèreté; au maniement, Bùreté » et grande dextérité; à la tête et au col et à la
■ voûte du col, fermeté incroyable ; et à la bouche, ' doux et bon appui qui est le fondement de toute " la doctrine. «
Le dressage du cheval comme l'entendaient t+rison et ses prédécesseurs s'adr&ssait à une espèce généralement commune, pesamment chargée et destinée au combat. Quand Pluvinel et Newcastle arrivèrent, l'équipement de guerre et les costumes devinrent plus légers, et l'on employa des races moins pesantes ; car, au nombre des chevaux en usage, il s'en trouviùt d'espagnols et de barbes. Non-seulement alors le travail devint plus fin, en raison de l'espèce de chevaux, mais encore en raison des nouveaux usages. Les tournois, où les chevaliers bardés de fer venaient se heurter les uns ctmtre les autres, rompant leurs felnces, et se livrant combat à outrance avec la hache d'armes, avaient fait place aux carrousels, dans lesquels le clievalier d'alors, vêtu beaucoup plus légèrement venait plutôt faire briller son adresse que son cou rage. Il existait donc une double raison pour demander aux chevaux un travail plus fini , puisqiiij les futiUfés du spectacle devaient remplacer les Simples besoins de la guerre.
L'équitation, renfermée par Pluvinel dans us
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- 2;)i murs du.mauége, allait nécessairement devenî," plus régulière et plus raccourcie ; le travail dIus Compliqué des reprises, la variété des airs, tout ce qu'on voulait enfin exiger du cheval à cette éooque, amena l'obligation de le posséder davantage, de le tenir h des allures plus raccourcies, et par coiiséquent, de l'assouplir bien plus que précédemment. C'est pourquoi Pluvinel, tout en gagnant et assouplissant l'arrière-main, comme Grison, fiut, à l'égard de l'avant-main, agir autrement que lui. Si Grison, pour conserver du perçant au cheval, recommandait de ne pas le rendre tascke de col, il était tout naturel que, du jour où l'on voulait déti'uire ce perçant pour raccourcir les allure.", il fallait faire le contraire de ce que recommandait Grison. Pluvinel chercha donc à combattre les/orces de l'encolure, et les détruisit en les assouplissant, afin d'arriver à son but.
Dans la leçon que Pluvinel donne à Louis XTII, le roi lui demande :
" La voye et l'ordre qu'il emploie pour dresser les » chevaux, et les rendre adroits à manier, avec a cette grande facilité qu'il reconiiaît en tous ceux de son école, i
• Sachant, par la pratique et par le long usage, » que le cheval ne se peut dire dressé qu'il ne soit parfaitement obéissant à la main et aux deux ta- » ïons, je n'ai pour réduire mes chevaux à la raison » que ces deux choses, d'autant qu'il est très-cer- ■ lain que tout cheval quise laisse conduire parla
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Il bride, qui !« rang^ de çà et de la, s-n se relève
• devant et derrière, à la volonté du cavalier, jt; » l'estime bien dressé, et doit manier juste selon sa
• force et sa videur. Or, pour aiTiver à gaigner
• ces deux points, j'af crw par ma méthode en avoir » abrégé les moyens de plus de moitié dn temps; » mais pour autant que la perfection d'un art con- » sïste à f çavoir par où il faut commencer, je me il suis très-bien trouvé en celuî-cy, de donner les
• premières leçons au cheval (sans fitre monté), parce qu'il treuve le plus difficile, en recherchant M la manière de lui travailler la cervelle plus que n les reins et les jambes, en prenant garde de l'en- » nuyer, si faire se peut, et d'étouiîer sa gentil- D lesse, car elle est aux cbevaux comme la fleur t surle fruit, etc Sachant donc que le plus dif-
• ficile est de tourner , je le mets autour d'mi
• pilier, comme je vais dire à Votre Majesté, afin
• que, le faisant cheminer quelques jours, il nous
• montre sa gentillesse, et tout ce qui peut être en » lui, afin déjuger à quoi il sera propre, en laquelle ) sorte il &ut le conduire. Ce que je &is bien plus ' facilement à un lieu où il est retenu, parce qu'on B a le loisir ,de voir mieux tous ses mouvements i que s'il était sur sa foi avec un homme sur lui, > d'autant qu'it ces premiers commencements, le
naturel du cheval est d'employer toute sa fbrcc et son industrie pour se défendre de l'homme, w qui lui est trèa-aisé en travaillant à une autre méthode qu la mienne C'est l'occasion, SL-o,
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■ qui m'a fait rechei-cher plus aolgiieusement lu
• métliode de laquelle j'use pour ce que, par autre
• voye, il me serait impossible de réduire quantité
• de chevaux que l'on m'amène, dont la plupart
■ oat de mauvaises qualités. «
Le résumé de l'emploi du pilier, d'après Pluvinel, est de plier, d'assouplir l'encolure du cheval, et d'assouplir les hanches. Après avoir travaillé ainsi le cheval quelque temps, il passe au travail des deux iiiliers, pour arriver à un travail plus con- Iraint que sur un seul pilier.
■ Après avoir commencé la leçon autour du pi- » lier, je l'attache entre deux piliers de la forme " suivante , et avec le manche de la houssine, le " &is marcher de çà et de là d'autant que le che- " val se trouve grandement contraint du caveçou
• an ce lieu-là plus qu'à un autre. Une fois soumis » à ce travail, on pourra le ramener autour du pi-
• lier ; raccourcir la corde du caveçou, et lui tenant " la tête proche du pilier, le faire cheminer des >> hanches avec le manche de la gaule, etc. •
Puis il revient aux deux piliers quand le besoin iSchoit.
« Ces moyens sont très-excellents, dit Pluvinel, » en ce que le prudent et judicieux chevalier peut
• remarquer en quoi son clieval est capable, de » quelle humeur il est ; sans faire courre fortune &
• aucun homme, il lui apprend par la combinaison » de ces moyens à aller au pas, au trot, au galop, I) et quelque temps à terre, à cheminer de côt^, de
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Il ça et de ià, et à se donner châtiment plus h pro- » pos du caveçon qu'aucun homme ne saurait faire n en cas qu'il se voulût transporter horedela piste; 1 de plus, en continuant cette leçon, il en réussit
I encore trois grrands biens : le premier, que ja- •< mais les chevaux ne sont fbrta en bouche ; le se- " cond, qu'on n'en voit pas de rétifs ; le troisième,
II qu'ils ne peuvent devenir entiers ou opinifttres. Il ou revêches à tourner k main droite ou à main » gauche, qui sont les plus grands défauts qui se » rencontrent souvent aux chevaux ignorants. »
Nous verrons plus tard que Newcasfle va beaucoup plus loin que Pluvinel pour tous ces assouplissements.
Huvmel ne met l'homme à cheval que lorsque ce dernier exécute volontairement et avec gaillardise les leçons ci-dessus avec la selle, la bride et les étrieis tombants,
• Comme la plus grande difficulté du cheval est » de tourner, et la plus grande incommodité de
• souffrir la bride, j'ai toujours maxime de com- » mencer par le plus difScUe, etc. Une fois l'homme » à cheval, il faut tenir la bride, et assurer la main » pour donner au mors le point d'appui. Si le che- « va] maintenu entre les deux piliers se refuse à
• le prendre, il feut le pousser sur la main avec B l'aide de la chambrière et de la houssine ; lorsque n le cheval est bien appuyé sur la main, U faut
• arriver h la connaissance de l'action des talons. > Tout le monde doit savoir que l'équitation du dis-
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septième siècle, s'attachant à provoquer dee mouvements élevés et brillante, était très-ralentie, et nécessairement devait être pour cela fort assise. Elle ne pouvait amener ce résultat que par l'emploi presque continuel de l'éperon : aussi travaillait-on les chevaux pour les amener à cette connaissance parfaite.
A la question que fait le roi pour savoir comment on fait oonrprendreraide des talons, Pluvinel répond :
■ Je déclarerai à Votre Majesté ce qu'elle désire,
• qui est que rencontrant un cheval sensible aux Il talons, pour commencer à les lui faire souffrir, estant bien assuré dans sa cadence, je fais toui' jours, ou le plus souvent selon le besoin, com- 11 mencer la leçon au pilier seul, ou le fr.iKant aUer » sur les voltes ; lorsqu'il est en train, je tâche tout » doucement à le piquer le plus délicatement que » je puis, d'un talon ou de l'autre selon le besoin, B ou de tous les deux ensemble un temps ou deux s'il le souffre, lui faire connaître avec caresse ce » qu'on désire; s'il ne l'endure pas, je le fais placer B entre les deuxpiUers, les cordes courtes, et l'éle- » vaut le fais pincer doucement ; s'il se détraque de
• sa mesure, je le redresse derrière sur la croupe u avec la houssine, et en lui aydant, je fais en n sorte que celui qui est dessus continue à pincer, d afin qu'il remarque qu'il fatit répondre à l'aide des talons, comme k celle de la houssine, chose » qui sera bientôt apprise, etc. n
Pluvinel entre dans de longs détails pour amener
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1') cheval trop sensible, comme le cheval trop fi'oid, a supporter et h comprendre le pincer de t éperon. ■ Qu'entendez-Tous, dit le roi, par pincer? » « Sire, pincer son cbeval, lorsqu'il manie, es' ' presser tout doucement les deux éperons, ou l'un » d'iceux, contre son ventre, non de fcoup, mais » serrant délicatement, ou fort selon le besoin à " tous les temps, ou lorsque la nécessité le requiert, K afin que par l'accoutumance de cette aide, il se re- » lève un ])eu ou beaucoup, selon l'affermance delà-
• quiille lii chevalier advieera. Cette aide, qui est » véritablument tout le subtil de la vraie science, » et pour le chevalier et pour le cheval, que j'ai
noinmée la dâicatesse principale de toutes les » aides dimt l'intelligence est la plus nécessaire à i' riiomme et au cheval, et sans laquelle il est impos-
• sible au chevalier de foire manier son cheval de ■ bonne grâce ; d'autant que le cheval n'entendant, ' ne cognoissant et ne souffrant les aides des talons, » s'il a besoin d'êtrere/ei«', ranime ou cAditV.il n'y aura " nul moyen de le faire, car le coup d'éperon est pour
• le ciiàti ment, et les jambes et la fermeté des neri^
• pour les aides ; mais oii il ne répondrait pas assez
> rigoureusementauxaidesdela jambe, il faudrait
> en demeurer là, si le cheval ne souSraît le milieu « d'entre le coup d'éperon etl'aidede lajambe,qui ' est le iiincer que je viens de dire, et que fort peu .« de gens pratiquent volontiers par faute de savoir, i
Les gens qui ne pratiquaient pas le pincer de l'éperon, et qui pouvaient l'ignorer du temps de PluTÎael
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^taiect sans Jcnte semblables à ceux de nos jours jui fe servent tout Bimplement du cheval comme tmyea tle transport, et qui ne recherchent pas k subtil do l'art.
Il est impossible de mieux définir l'emploi de l'éperon, lorsqu'il est employé comme aide. Si M. de la Guérinière n'en a pas donné une définition trèsclaire pour notre époque, elle l'était pour la sienne, où les principes de Pluvinel et de NewcasUe étaient connus et encore en vig-ueur. Il en est de même de ce qu'on appelle aujourd'hui le rassemblé. Qu'est-ce que rassembler un cheval , si ce n'est le posséder dEUiB la main, et dans les jambes. Peut-on trouver une définition meilleure que dans Pluvinel :
En usant bien à propos de cette leçon, elle re- » lève, allégit le cheval; elle le résoud, l'affermit * sur les hanches, l'assure dans sa cadence, lui iait recevoir franchement les aides de la main et des » talons, lesquelles choses le rendent plus agile à B tout ce qu'on désire de lui, et par conséqurat lui B en fecilitent les moyens. »
Qu'où lise l'ouvrage de Pluvinel, il est impossible d'y trouver des idées plus saines et plus justes ; elles pourraient servir de base à toutes les équitations présentes et futures.
A peu près dansle même temps que Pluvinel arriva le marquis de Newcastle; mais celui-ci se poseennovat«ur. n dit que sa méthode seule est bonne; il blâme les écuyers qui n'agissent pas tout & foit commelui. Enfin, tout ce qui a existé avant lui n'a rien su.