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CHAPITRE WIEMIER

DEVELOPPEMENT DE l'aRT CLASSIQUE.

La loi de Tesprit , dans son développement libre , c'est le retour à lui-même , ce mouvement en vertu duquel il acquiert et conserve la conscience réfléchie de sa nature. Cette concentration ne doit pas , il est vrai , aller jusqu'à une indépendance qui le mette en hostilité avec le monde et avec ce que celui-ci renferme de vrai , de substantiel et de légitime. Il ne s'agit pas non plus de cette harmonie intérieure qui, •à un degré plus avancé, constitue la liberté de Tame retirée dans les profondeurs de sa nature jnfinie. Mais quelle que soit la forme sous laquelle l'esprit se manifeste dans son développement, il ne peut s'afiranchir de la nature qu'en détruisant les éléments qui appartiennent à celle-ci, comme quelque chose qui lui est étranger. L'esprit doit d'abord abandonner la nature pour se retirer en lui-même , s'élever au-

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dessus d'elle, la doinpteret la vaincre; air^td'âlre capable de triompliier sans obstacle en elle y oomine dsois un élément (|ui ne li^i oppose nuoune résiflftanee , ayant de se rassûniler au point d'en faire un él^nent de sa propre libert^. Si nous demandons maintenant quel est Tpbjet de^miip^ doïM^ la destruetion lui permet de co^Qquérir sa Mt^rté da;is Tart clasisique y eet objet ce n'est pas la ^a^u^e proprement dite, mais une nature 4^à pénétrée dp sens de t'esprit; c'/est^ à-dire la forme s.ymboJ,ique. L'art employait id, pour exprimeir T^olu , le$ formes ^to)pniintées immédiateni^nt à la natui^ ^ ejt v^yaH ? p^r ^x^mple , les dieux présents d^ns les animaux^ ou il tendait yainement et p9|? de nisuiyais laoyens à la vériita)de unité des deux principes spirjtji^ej et inatériel. Le premier développetriei^jt de rjdiâal consiste à détruire d'abord cet]te fausse ponjibinaispn , à façonna et trans^ former l'élément symbolique i^enfermé dans son sein comm^ faisant partie do fi^a {»^re substance.

Ici se laisse ordipairement traiter k question dé savoir si les Qreps o^l emprupté oa 9on teur religion aux peuples jêtrangers.. Nojus ayons vu que les degné^ inférieurs parcourus jusqu'ici sont les antécédents néces^ires de Tari classique , gt cela » en vertu de ridée même. Ëq )fix\i qju'i.te apparaî^^nt et se mio*cèdent dans le tepips , ils sont , par rapport au degré supérieur qui s'efforce 4o 1^ tran^ormer , une base n^çe^saire et un point de départ pour le nouvel art qvii çQipq^^nce a se développer, qumque, pour |a

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mythologie grecque, cela ne soit peut-être pas parfaitement démontré par des preuves historiques. Maintenant , oe qu'a fait l'esprit grec , par rapport à ces antécédents , c'a été de les façonner et de les changer. S'il n'en eài pas été ainsi , les représentations et les formes anciennes seraient restées les mêmes. Hérodote , il est vrai , dans les passages sur Homère et sur Hésiode , déjà mentionnés , dit que les Grecs avaient eau-mêmes fait leurs dieux. Mais , en même temps j il parle expressément de telles ou telles divinités , comme étant égyptiennes. L'invention poétique a'exclut pas les emprunts; elle ne signifie qu'une transformation essentielle. Les Grecs avaient déjà des représentations mythologiques avant le temps où Hérodote place les deux premiers poètes de la Grèce.

Si nous demandons maintenant quels sont les prîn- 4âpaux aspects sous lesquels nous' apparaît d'abord cette transformation nécessaire des éléments qui, sans doute ^ appartiennent à l'idéal , mais non sous leur forme primitive , nous la trouvons représentée d'une manière naive, comme constituant le développement de la mythologie elle-même. Le fait principal, qui caractérise les dieux grecs , c'est qu'ils s'engendrent et se forment des éléments du passé , et ceux-ci se retrouvent dans l'histoire de leur naissance et dans le déveloj^pement de leur race. En outre , les divinités de l'art classique , étant des personnes morales revêtues de la forme corporelle , il en résulte d'abord que l'esprit, au lieu de se contempler dans la vie de

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la nature ou du règne animal , conudère ce mode inférieur de l'existence comme indigne de lui, comme étant pour lui le malheur et la mort. Il doit s'élever au-dessus de ces forces élémentaires de la nature et rejeter les symboles grossiers , image infidèle de luimême. Mais , d'un autre c6té , pour répondre à leur idéal, les dieux classiques ne doivent pas, comme l'esprit individuel, se retirer en eux-mêmes, dans leur existence abstraite , en opposition avec la nature et avec ses puissances élémentaires. Ils doivent renfermer en eux-mêmes , comme moment essentiel de la vie de l'esprit , les éléments de la vie de la nature et ses lois générales. Ces divinités , étant essentiellement des existences générales , et malgré cette généralité de véritables individualités, offrent, dans leur forme corporelle , le point de vue physique , comme exprimant les puissances universelles de la nature et leur action combinée avec celle de l'esprit.

Sous ce rapport , nous pouvons déterminer , de la manière suivante , le développement progressif de la forme classique de l'art.

Le premier point essentiel a pour objet la dégradation du règne anitMd et de ses formes , comme devant être écartés de la beauté véritable et pure.

Le second ^ plus important encore , se rapporte aux forces élémentaires de la nature , personnifiées comme dieux , et dont la défaite doit assurer la domination à la véritable race des dieux. C'est h combat des anciens et des nowceaux dieux.

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Mais, en êroiêième iieu , lorsque la victoire de Fes- {uritest assurée, ce qui a été refoulé et dompté doit r^raitre de nouveau. Les forces élémentaires de la nature, pénétrées par Tesprit, constituent un côté réel dans la représentation des diaix. Le Bègne animal prend sa place auprès d'eux ; mais il ne leur fournit que des attributs et des ^gnes.

Après ces considérations générales, nous aitoM B^aiiMteBant développer, d'une manière plus détaillée, les points que nous avons ici à examina.

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1% De la Uéirradatton au revue nnlmal*

Chez les Indiens et les Egyptiens, chez les peuples de l'Asie en général , nous voyons le règne animai , ou 9 au moins , certaines espèces d'animaux , regardées 43omiiie sacrées et adorées , parce que le principe di* vin lui-mi^e semblait apparaître comme présent dans ces êtres. La forme animale constitue donc encore un élémetit principal dans ces représentations, quoiqu'elle soit employée seulement c(Hnme symbole et combinée avec la forme humaine. lien devait être ain^ , jusqu'à ce que la nature humaine et ce qui appartient uniqu^nent à elle , se révélât à la conscience de rhommo, comme ce qui est vrainaent digne d'être r^résenté* C'est alors seulement ^ et par ce sentiment que l'esprit {Hrend de sa dignité, que disparaît le respect pour la force mystérieuse , aveugle et stupide, qui se manifeste dans la vie animale. C'est déjà ce qui arrive chez les anciens Hébreux; car^ ainsi qu'il a été remarqué plus haut , la nature entière ne leur apparaît ni comme symbole de la divinité , ni <*.omme manifestant la présence de Dieu ; ils se contentent de placer dans les objets extérieurs cette force et cette vitalité qui, en effet, résident en eux. Cependant, on trouve encore ici , mais accidenteltement , un

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reste , au moins , de ce culte de la vie en elle-même. Ainsi , Moïse défend de boire le sang des animaux , parce que la vie réside dans le sang; mais Thomme doit oser se nouirrir de tout ce qui se trouve sous sa main.

Le premier progrès , que nous ayons à signaler dans cette transition de l'art symbolique à l'art classique , consiste donc à rabaisser la haute dignité et le rang élevé qui avaient été accordés au règne animal ^ et à faire de cette dégradation même le fond des représentations religieuses et des productions de l'art. Ici se présentent une foute d'objets , parmi lesquels nous choisissons , c(mime exemples , les suivants :

Chez les Grecs , quelques animaux paraissent , il est vrai y préférés à d'autres : le serpent , par exemple, se rencontre encore comme un génie familier dans les sacrifices d'Hcmière ^ Une espèce particulière d'animaux est immolée à un dieu, une autre espèce à une autre divinité. En outre , le lièvre qui court sur le chemin , l'oiseau qui vole à droite ou à gauche , éveillent une attention superstitieuse. On observe les entrailles des victimes comme des signes prophétiques. Sans doute, il y a bien là une certaine vénération pour les animaux , puisque les dieux se manifestent par leur intermédiaire et parlent à l'homme au moyen de ces présages; mais, dans la réalité , ce sont des révélations tout-à-fait iso-

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