‹ Cours d'esthétiqueChapitre 22 sur 47 · DC L 4RT CLAS8KI0C · texte numérisé non relu

DC L 4RT CLAS8KI0C

ment Dieu* L'hoiniiie, en présence de la nature, se sent borné et fini ; mais il franchit ces limites et s'élèYe jusqu'à rinfini , quand , par la pensée , il contemple iMloif deTvnmK^ etqve, duK«a vîe|iraliqiie, il met ridée étemelle, la rriten^, le bien, en harmonie avec la nature. Or, cette activité infinie est Dieu même , en tant qu'il exerce cette domination sur le monde , et que , par ce développement infini qui est celui de son intelligence et de sa volonté, il se révèle à lui*méme. — Dans les r^^ons de Tart symbolique proprement dit, Tunité de Vidée et de la nature était une combinaison immédiate dans laquelle l'élément physique, pour le f<md comme pour la forme, jouait le principal rôle. Ainsi, le soleil, le Nil, la mer, la terre, les km générales qui présidât à ta naissance, à la desiraetion et à la renaissance des êtres , les différentes phases de la vie universelle , étaient Tobjet de Tadoration et du culte rendHS à la divinité, comme présente sous cette ferme réelle et vivante. Cependant, les forces physiques étaient personnifiées et, par là, élevées au rang de puissances spirituelles ; mais maintenant , ccHnme la ferme dasskftie de Tart exige que les dieux soient des êtres spirituels en harmonie avec la oatwé , la ëimple personnification ne silfiit plus; car cell(M)i, lorsqu'elle' ne représente qu'une puissance générale ou une force physique, reste entièremrat superflcielie, et nepé. nètre pas jusqu'au fond de Texistenoe ^ elle ne peut manifester ni Fesprit ni son individualité.

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Le ccmtraîre a lieu néoessaîrem^Qt dans Tart clas^ sique. De même que le règne animal nous a paru dégradé et rabaissé , de même aussi les pui8$ances de la nature Wùi rabaissées et dégradées , et ^ en face d'elles , Tesprit occupe un rang plus élevé. Alors , au tieu de la simple personnification , c'est la vraie persannaliié qui constitue Télément principal. D'un autre côté, cependant, lesdieuK de Tart classique ne doivent pas cesser d'être des forces de la nature , parce que Dieu , ici, ne peut pas être encore représenté CMime l'esprit libre et absolu , tel qu'il apparaît dans le jiidfsisme et le christianisme. Dieu n'est ni le créateur ni le mattrede la nature, il n'est pas non plus , oomme dans la croyance chrétienne, l'être absolu dont l'essence est la spiritualité. Ce contraste entre les choses créées 9 dépourvues du caractère divin et la divinité , fait pli^ à un harmonieux accord d'où résulte la beauté. Le général et l'individuel , la nature et l'esprit, s'unissent , sans perdre leurs droits et sans altérer leur pureté , dans les représentations de l'art grec.

MainteiMint, puisque l'art classique n'atteint pas immédiati^nent à son idéal , et ne peut se développer que par un progrès dans lequel les formes opposées à celles qui conviennent à l'esprit disparaissent peu à peu, ce qui doit principalement nous intéresser dans la mythologie grecque, c'est la manière dont les élém^sts grossiers , diilbrmes et bizarres , empruntés à la nature, ou enfantés par une imagination

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déréglée , et qui ont leur origine dans les représenta* tiens religieuses ou les formes antérieures de Tart, se modifient et se perfectionnent. Ce tableau doit nous offrir une série de développements particuliers que nous allons considérer.

Sans entrer dans le détail des traditions et des mythes , ce qui n*est pas de notre sujet , nous étudierons les moments essentiels de cette transformation, en tant .qu'ils constituent les degrés successife du développement de l'art. En général , la route que nous allons parcourir est celle que nous oQre l'histoire de la sculpture ; car la sculpture, qui représente les dieux sous leur forme naturelle et vraie et en même temps visible, constitue le centre proprconent dit de Fart classique, bien que la poésie soit un mode d'expression plus parfoit , puisque , au Itèu de rqyrésenter les dieux et les hommes dans leur immobilité , elle les montre en mouvement et en' action. Or , le moment qui marque l'origine véritable de la sculpture fut celui où Ton commença â feçonner' la pierre ou la poutre informe tombée du ciel(<fio*^r)V). Telle était , par exemple , la grande déesse de Pessinunte, en Asie-Mineure, cpie les Romains envoyèrent chercher par une ambassade solennelle , et firent ap* porter à Rome. De même aussi , nous devons partir des puissances de la nature , dans leier première rudesse et leur grossièreté , et indiquer les degrés successifs par lesquels elles s'élèvent à la spiritualité, prennent une forme individuelle fixe et déterminée.

dëveloppeh£nt de l'art classique. 261

Nous pouvons , sous ce rapport , distinguer, trois points de vue comme les plus importants.

Le premier qui doit attira notre attention , concerne le^arades dans lesquels la science ei la volonté des dieux se mamfestent grossièrement encore par des signes empruntés à la nature.

Le gecand pokit a pour objet les puissances générale^ de la natm^ , aussi bien que les premières notions du droit et de la moralité , représentées par des divinités qui offrent déjà un caractère vraim^it moral ; oe qui est indiqué par le lieu de leur naissance , pa^lettr imissaneé eUe^màmeet leurs actions : c'esi to éislineiion des anciens ei des nouveaux dieux.

Le développement de Tidéal se montre enfin sous un ^romèfite aspect. Les personnifications superficielles des forces de la nature et des principes élémentaires de l'ordre moral sont combattues et refoulées comme des puissances subalternes et mauvaises. Leur défaite permet à l'individualité libre et spirituelle, <^i se produit sous la forme et par les actions humaines , d'obtenir une domination définitive et déscHrmais in<p contestée. Cet événement, qui forme , à proprement parler , le point central de la théogonie classique, est, dans la mythologie grecque , représenté d'une manière aussi naïve qu'ex{Mre8sive , par le eambcu des meiens ei des nùuveemx dieux , par la d^aite des Ti^ tans et la victoire remportée par la race des dieux dont Jupiter est le chef.

1 " Pour ce qui oonœrae > d'abord , les atudes ^ dous ne devons pas nous étendre loaguement sur leur histoire; le point essentiel et qui nous importe, oonsiste en ce que , dans Tart classique , les phénomènes de la nature ne sont plus un objet d'adoration «t de culte ; comme , par exemple , chez ks Parses qui adoraient les sources de naphte et le feu , ou chez les Egyptiens pour qui les dieux , dans leur nature inaccesMhie et mystérieuse, restent de muettes énigmes. Ici, les dieux ayant conscience d'eux-mêmes et dé leur vo* lonté, révèlent leur sagesse à Thomme par des phé* nomènes empruntés à la naiure. Les noms mêmes perdent leur caractère sacré. Ainsi, les anciens Hel* lènes ^ ayant demandé à Toracle de Dodime s'ils devalent adopter les noms des dieux qu'ils tenaient des baiiMures , l'oracle leur répondit : « Yoim pouvez les employa, »

Les signes par lesquels les dieux manîfestaieni leur volonté étaient fort simples. À Oodone , c'était le frémissement et le bruissement des hêtres saorés , le murmure d'une fontaine , le son rendu par un vaâe d'airain que le vent faisait vibrer. De même , à Délos , le laurier d'Apollon par le hruit de ses feuilles agitées , et à Delphes , le vent qui ébranlait le tré{nedd'airain , étaient des signes prophétiques; Outre oes voix inarticulées de la nature , l'homme est aussi l'orgaoe de ropacJe , lorsque , dans le délire de l'inspiration ,

Hérod. ii,:ii.

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troublé et ravi à lui*méine , il devient Téclio de la nature. C'eiM; ainsrque la Pyttiie, à Delphes, aveuglée put «lie vapeur souterraine , rendait des oracles. Dans Tantrede Trophonius , eelui qui demandait un oracle a>^ dos visions dont le sens était la réponse invo« quée.

Hais , ds^s ces signes exlérieurs , on remarque un second caractère ; on effet , dans les oracles , Dieu est bien , il est vrai , considéré c<HnHie possédant la science de Taveoir ; aussi , c'est à Apollon^ le dieu savant paff excellence, que le principal oracle est consacré. La forme néanmoins sons laquelle il manifeste sa voleoté , reste quelque chose d'indéterminé , comme tout ce q«it appartient à la nature : c'est la voix de la na* ture , ce sont des mots sans ordre ni liaison. A cause de cette obscurité de la forme , l'idée elle-même est obscure ; elle a besoin d'être interprétée et expliquée.

Cette explication , tout en rendant intelligible la pensée divine manifestée sous la forme d'un phéno* mène physique, n'en reste pas moins d[>soure et asibiguë. En effet , le consul ou l'ordre du dieu est à*la-fois général et particulier. Or , l'homme qui se {H'ésente devant l'oracle en ignorant , reçoit aussi la réponse en ignorant ; il est incapable d'en pénétrer le sens complet , et lorsqu'il se décide à agir en vertu do roracle , il ne peut choisir entre les deux significations du mot divin qu'un seul côté , parce qu&toute action devant s'accomplir au milieu de circonstances particulières 9 a toujours un motif qui conseille d'agir,

264 DE l'art classique.

et un autre qui en détourne. Mais , ' à peine a-t-il accompli l'action qui dès*Iors est devenue sienne, qu'il tombe dans une colltsion. Il voit soudain l'autte cdiéy qui était aussi implicitement renfermé dans la réponse de l'oracle , se tourner contre lui ; et ^ malgré son attente et sa volonté , le destin qu'il ne connaissait pas, mais que les dieux connaissaient , s'empare de lui. D'un autre côté , les dieux ont chacun kmr caractère prc^M^eet individuel. Leurs oracles , sous ce rapport , sont également relatifs. Ainsi , Oreste ^ en obéissant à l'ordre d'Apollon qui le pousse à la vengeance , se trouve jeté par la dans une colHsion.

Maintenant , puisque d'abord la pensée divine dans les oracles se manifeste par des signes purem^it extérieurs , ou par des mots vagues et obscurs, puisque l'idée elle-même , par son double point de vue , présente la possibilité d'une collision , ce n'est pas dans la sculpture , mais dans la poésie , et particulièrement dans la poésie dramatique, que les oracles figurent comme élément essentiel etjouent un rôle important.

Mais ils occupent, en général, une place nécessaire dans l'art classique, parce que, ici, l'individualité humaine n'est pas encore parvenue à ce point supérieur de son développement, où le sujet ne tire que de sa propre volonté ses résolutions et ses actes. Ce que nous appelons, dans le sens moderne, comeieneej n'existe pas eneoi^. En Grèce , l'homme agit bien , il est vrai , en verHi de sa propre passi(»i , bonne ou mauvaise; cependant, le motif moral, qui doit Tant-

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mer et Tanime en effet, lui vient des dieux dout la volcmté nittti la sieraie ou se confond ^vec elle. Les héros «ont immédiateinent inspirés {lar ce sentiment divin qui remplit leur ame , ou bic&i/ils consultent Teraele , lorsque les dieux ne sont pas là pour leur parler eux»*mémes et leur ordonner d'agîr*

2" Dans les oraôcles, le fond est spirituel : c'est la science et là votonié des dieux qui se révèlent à rhomme; mais la forme est empruntée à la. nature et à ses manifestations extérieures. Dans le second pointde Yoe, que nous devons envisager > la nature, avec ses forces généraks et ses iaigents , est Télément dont l'individualité lilMre doitse détacher et s'affranchir , maïs pour ne revêtir d'abord que la forme d'une personnification imparfaite et superficielle» La lutte et le combat dans lesquels ces puissances aveugkis de la nature sont refoulées et vaincues^ est aussi un point important auquel nous sommes particulièrement redevables de l'art classique , et qui mérite^ par conséquent , de &\er notre attention.

Ce que nous pouvons remarquer, en premier lieu, e*est que nous n'avons plus affaire ici , comme dans la religion juive ou dans le panthéisme indien, à un dieu abstrait et invisible, comme principe de toutes choses. Tout commence avec les dieux de la nature, et même avec des puissances puremrat physiques.: l'anci^fi Chaos y le Tarlare^ VErèbe, et toutes ces existences sauvages et souterraines. Viennent ensuite

266 DE l'art classhh^b.

VrmtHêj Gea, VEroê titanifue^ Clwcrnuê^ etc. De ces divinités en naissent d'autres d'^tn caractère plus déterminé, comme le Sdml, VOtiân^ eic., éléroeiils purement physiques , par rapport aux dieux postérieurs qui sont des personnifications plus morales. Ici apparaît de noureau une théogonie inventée par l'imagination et façonnée par Fart , mais dont les premiers dieux conservent pour Tespril un <;aractére vague et indéterminé , se perdent dans rafaoence de mesure , et , d'un autre côcé , renfiermeni^eneone beaucoup d'éléments symboliques.

ÎH l'on veut établir des distinctions plus spéoîales parmi ces divinités titancsques , on reconnaît d'aboid des puissances telluriqueset sidérales^ dépourvues de tout caractère spirituel et moral et par cooséqifient, désordonnées : race grossière y sauva^ , gigantesque^ monstrueuse , analogue à ceHe qui est sortie de Yi^ magination indienne ou égyptienne. Elles figurent , avec les autres personnificatkms des forces de la nature y comme, par exemple, BratUès^ Stempè^-^ avec les HécaUnkehires, Coltm, Briarée et Gfffiê^ Ut Géante y etc. Elles sont placées d'abord sons la domination d'I/ranm, ensuite sous celle de Chrmms, ce Titan principal qui signifie manifestement le teeips, et dévore tous ses enfents , comme le temps anéantit les productions qu'il a engendrées. Ce mythe ne manque pas de sens symbolique ; car la vie de la na« ture est , en réalité , soumise au t^nps ; elle ne produit que des objets périssables. De même les évé-

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nemeiiis priniilif& de la vie d'un peujile qai fiorme une nation , une raee, mais non encore un Ëtat , et ne poursuit aucune destinée fixe, tombent sous la puissance du temps et n'ont pas d'histoire. C'est dans la loi, dans la moralité, dans l'État, que,. pour la première fois , qudque ^hose de stable esjt donné, qui subsiste au milieu dv renouvellement des géné-^ rations. C'est aÂnsi que la Miise rend durables le^ phénomènes de la nature , et imiqortalise les actions humaines qui , sans elle , seraient p^dues d^ns im éternel oubii«

Au cercle des ancîem:!^ divinités n'appartiennent pas seulement les forces de la nature, mais encore les premières puissances qi^ m^trisèrent ces élé^ ments. Ce qui parait avoir le plus d'importance, c'est le premier travail par lequel on façonna les métaux ^ à l'aide dos forces de la nature eUcs-mèmes , de l'air, de Teau , du feu. Les Cçrybante$ y les Tdchines , les hkmm^ aussi tûen les bienfaisants que les malfaisants,, les P^qatAy les Pfgmies , les nains habiles dans les, travaux des montagnes , petite, avec de gros ventres,, peuvent trouver ici leur place.

Mais , comme point de transition , pour passer à un degré plus élevé , on doit mentionner ici le mythe de Praméihéê. Prométhée est un Titan d'une espèce particulière et son histoire mérite une atbenlioo spéciale* Avec son frère Egiméihéêj il parait d'abord l'ami des nouveaux dieux; ensuite il se montre le bienfaiteur des hommes qui, d'ailleurs, ne jouent

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aucun rôle dans le rapport des nouveaux dieux et des Titans. II apporte aux hommes le feu et , avec c^ élément , la possibilité de pourvoir à la satisfaction de leurs besoins et d'inventer les arts mécaniques. Jupiter punit Prométhée de cette action , jusqu'à ce que Ifercule enfin le délivre de son supplice. AujMremier coup d'oeil, il n'y a , dans lès traits principaux de cette fable , rien de partîcuKèrettient titanesque.' On- pourrait même y trouver une inconséquence; car Prométhée , comme Cérès , est un bienfaiteur des hommes ', et cependant il est mis au nombre des anciens Titans. D'ailleurs, l'industrie est une conquête de l'esprit sur la matière; par conséquent , son origine semble avoir peu de rapport avec ces puissances aveugles. Cependant , cette contradiction disparaît à un examen plus approfondi. Sous oe rapport, deux passages de Platon nous donnent déjà une explication suffisante. En effet, dans lé mythe Au Politique *, l'hôte et l'ami du jeune Socrate lui raconté que leè hommes étaient nés sur la terre au temps de Ghronus , et que le dieu lui-même avait d'abord pris soin de l'univers; niais qu'ensuite un mouvement contraire étant survenu , la terre avait été abandonnée à elle-même. Les animaux étaient devenus sauvages , et les hommes qui, jusque-là, trouvaient sans peine leur nourriture et tout ce qui était nécessaire à la vie, étaient devenus misérables, privés de conseil et de secours. Il

' Tout. éd. »Bekk. II ,|2 , p. 285.

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ajoute que , dans cette eitrémilé , Prométhée fit pré* ^Bt du feu aux homme» , mais que les arts (tI xv<ti) leur avaient été donnés par Vulcain et l'industrieuse Minerve. Ici on voit qu'une distincaon eixpresse ett faite «Btre le feu et Tindustrie* Le don du feu seur kmeiit est attribué à Prométhée* Platon raconte plus au long le mythe de Prométhée dans le PnMgw^u, Là , il est dit : ^ « 11 fut un temps, où les dieux existaient, mais non les races morlêlles. Ijorsque pour elles fut venu aussi le jour fixé pour la naissance , les &6UX les façonnèrent dans Tintérieur de la terre. Ils les formèrent d'un mélangede feu , d'eau et de ce qui s'unit au feu et à Teau. Lorsque les dieux vou* lorent ensuite les produire i la lumière, ils confièreQt à Prométliée et à son frère Epimétbée le soin de leujir donner. des facultés et de les diriger. Mais Epimétht^ pria Proioéthée de lui permettre^ de fdûre luinmêmjËi ce partage. < Tu le vérifi^eras , dit-il > lorsque j^rauraî &il« 9 Mais Ëpiméthée, dans sa maladresfi^, donna toutea 1q» .foci^lté» auXr aniniaux , de sont^ qu'il m resta, plus rien poiyr rhommea Lorsque Prométhé^ vint à vérifier le partage, il. vit qu'en ^et, pour les autres êtres vivants, tout avait été «l^iaienVAr.-v rangé; mais il trouva l'homme nu , sans chau^M^e^ sans vêtement et sans armes. Or , le jour étah venu>. où l'homme devait sortir de t^re et paraître à la lut. mière. Dans son embarras pour trouver un moyen

' Protl,i, p. 170-174. '

^70 DE l'art classkhie*

^e venir ali Memirs de Thêmme , Preniétbée dérobe à Vulêtitt ei à Minerve tes artK>ei te fem^ «sur , saM le fmi) la cMinaifisance d66 arts senilliwrtite. Ek, amsi, il fait ce douUe présent à rtMHnme. Notre eqiàee eut par là , en effet , llndustrie nécei^aire ati smitien 4e la vie, mm tmi tapcti^iqm; car cell&<;i était enc(H!^ dàei Jupiter, et il n'était pas au pouvoir de Profliétliée d^avoir accès. dans la forteresse de Jupit^; milour d'eHe veifiait une garde formidable. Cependant y il se gfisse ea cachette dans Tatelier où Vulcain et Ifinerve travaillaient en commun; et, après avoir dérobé à Yulcain Tart de se servir du feu et à Mi^ nerve celui de tisser la toile , il en fait présent aux hommes. Dès-lors natt pour rhomme te. fSaculté de pourvoir aux besoins de la vie {êv^pUroi Gw). Prométbéc y à ce qu'on dit , porta , dans k suite , la peine de son larcin dont Epiméthée avait été la eause. ¥ivm lain , Platon raconte qu'une diose manquait aux hommes pour leur conservation , Tart de combattre les animaux, parce qu'ils ne <eonnaiss^etti pas ia ^itique dont la guerre fait partie; Aussi ehw* ^hèn&ntMls à se rassembler dans les villes ; mais là , comme Tari de gouverner leur était inconnu , ils se nuisirent et se divisèrent à tel point que Jupiter fut oMigé de leur envoyer par Heraiès la Pudeur et la Justice. — Dans ce passage , se trouve eX)M*esséinmt indiquée la différence qui existe ^ntre les fins de la vie commune qui se rapportent au bien-être physique , à la satisfaction de nos premiers besoins , et

DÉVELOPPEMCNT DE l'aRT CLASSIQUE. 27i

le gouTernement de TéUi qui se propose pour bot le développement de l'esprit , la moffaUté » le perieo tieBDemem des mœurs, les 9Hiinjtie& de la propriété, la liberté , la vie sociale. Cette moralité , ce droit , Prométhée ne lea^a pas donnés aux hommes ^ il leur a seulement eméffm Tbabileté pour doqiptor les forces de la nature et les faire servir comme mojfsns à la . satisfaction des besoins de la vie. Le feu et l'industrie qui se sert du feu , ne sont rien de moral oo soi, encore moins Tart de filer la toile. Ils passent au service àe régoïsme et de T intérêt privé, sans avoir de raj^rt avec la sociabilité humaine et la vie publique. Parce que Prométhée n'était en étal de procurer à r homme rien de spirituel et de moral, il n'appartient pas encore à la race des nouveaux dieux , mais à ^lle des Titans* Yulcain , H est vrai , avait éfriement le feu et les arts qui s'y rapportent , comme attribvis de son activité , et il est cependant un nou- ^nsau dieu ; mais Jupiter le précipite de l'Olyuq^^ et il reste on dieu boifteux, CTest donc encpre moina une inoonséqcifQce que Cérès qui , comme Promé*: thée , se montre bienfaitrice de la race humaine ^ se trauVe comptée parmi les^ nouveaux dieux ; car ^ ce que Cérès enseignait, c'était l'agriculture avec laquelle se trouve liée la propriété et , par >nite , le mariage , la moralité , la loi.

Une troisièsBie classe d'anciennes divinités ne représente phis m des forées de la nature , personnifiées dans leur caractère sauvage ou rusé , ni la pre-

im k>E l\rt classique.

mière domination de l'hooime sur les éléments mis an service de ses besoins inférieurs. ËUes toucb^at tiégà an domaine de l'idéal , de la raimn «t de Tes* prit; mais ce qui manque à ces puissances c'e^ Tindividualité spirituelle «t la forme qui ccmvîeat à sa manifestaiion ; de sorte qu'ettes conservait encore dans leurs actions une relation plus ou moins étroite avec la nécessité, la fatalité des lois de la nature physique. Nous pouvons rappeler , par exemple, les conceptions semblables à celles de Né* mésis, de Dicé , des Ërynnies , des Ëuménides et des Mores. Sans doute on voit percer ici déjà les idées de droit et de justice ; mais ce droit nécessaire , au lieu d'être saisi et représenté avec un caractère spirituel , comme base de la moralité , reste une gén^lité al>straite , ou bien n'est que le drmt cd>scur et privé de la nature et du sang. Sans le cercle des relatÎMft morales , le droit de Tamour , par exemple , lorsqu'tt n^ést fondé que sur les liens du sang , n'appartient pas à la liberté picfê claire de l'^esj^iiqai a conscience de lui-même. Par ccftte raison , iV n'a^fMuratt pas non plus comme un droit légal , mais dans ton opposition avec ia justice sociale, commeledrœtiqiplacaUedela vengeance.

Pour ce qui concerne les détails, il suffît de. moiir: tionner quelques conceptions religienses. Mémésis^ par exemple , est la puissance qui a poar mission de rabaisser ce qui est élevée de précipiter tout ce -qui est parvenu au faite du bonheur , et par Ht de rétablir

DÉVELOPPEMENT DE L'aBT Ca..\SSIQUE. 273

r^lité. Mais le draU de Tégalfté est un droit faux ou superficiel , qui se révèle , il est vrai , dans le domaine des situations ou des relations morales , mais sans faire de la justice la base de Tordre social.

Un autre point de vue important consiste en ce que le droit qui règle les rapports dans la famille , en tant qu*il s'appuie sur les liens naturels du sang y et par là est opposé au droit public et à la loi de l'Etat , est personnifié dans les anciens dieux. On peut donner ici , comme Texemple le plus clair , les Eumé'fiides d'Eschyle. Les fwmidables vierges poursuive»! Oreste à cause du meurtre de sa mère qu'Apollon , le nouveau dieu , lui a ordonné de tuer , afin que Agamemnon , l'époux , le roi , ne rest&t pas sans vengeance. Tout le drame se prépare ainsi pour un combat entre ces puissances divines qui sont en présence. D'un côté sont les Ëuménides » les déesses de la vengeance ; mais elles s'appellent des divinités bienveil<lantes, et notre expression ordinaire de fUrieê, par laquelle nous traduisons le nom grec , est grossière et barbare. En poursuivant le meurtrier , elles <mt à défendre un droit essentiel ; aussi ne sont-elles pas seulement odieuses y farouches et cruelles dans les châtiments qu'elles réclament. Cependant , le droit qu'elles font valoir contre Qrasie est seulement le droit de la famille , considéré comme ayant sa raeine dans la parenté et dans le sangw Le lien étroit qui unit la mère et le ftls^ et qu'OresIe a brisé^.est leprioeipe

274 DE l'art ci.ASSfQue.

qu'elles défendent. Apollon oppose à cette loi, fondée sur un rapport sensible et purement naturel , le droit àe répoux et du prince , violé dans ce qu'il a de plus sacré et de plus profond. Cette différence appandt d'une manière plus frappante encore, lorsque les deux parties d^endent ta moralité dans le domaine «xclostf de la femille. Le génie d'Eschyle , dont nous ne pouvons trop admirer la profondeur , a trouvé ici une opposition qui , loin d'être superficielle , rqK)8e -sur l'essence même des choses. En efifet , le rapp(MH ^es enfants aux parents est uniquement fondé sur les lois de la nature sensihle. Le lien conjugal qui unit l'homme et la femme est d'un ordre tout diflfêrent. Le mariage n'a pas sa source véritable dans l'amour physique H le rapprcîdiement des deux sexes , mais •avant tout dans une sympathie morale , sentie et comprise de part et d'autre. Par là il appartient à la libre iAoralité et à la volonté intelligente qui a conscience tl^elle-'mème. En outre , quoique le mariage se ratlaeh^ encore à l'amour physique et à la.sensibililé , il s'élève cq[)endant au*dessus du sentiment naturel de l'amour, en ce qu'il reconnaît rengagement r^iproque comme en étant ind^ndant et devant lui survivre. L*idée et la conception elaire de ce qpHi oonstitisece caractère es- "sentiel de lavîédo mariage, est quelque clntse de {»his tardif et de plus profond que celle du lien naturel q«î unit le fils et la roèfe. Avec cette idée commenoe l'Ëtat pomme réalisation ^lelavolorité libre et raison* n^Mt, 'Demdme^, dans 4e rappqrt du prinoe aux oi-

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toyens réside le lien politique , le principe de l'égalité des droits , l'origine des lois , de la liberté , et du développement des tendances morales de la société. Le premier de oes deux principes est celui pour lequel les Euméoides et les anciennes déesses veul^fit châtier Oresle , tandis qu'Apollon , qui représente on degré plus élevé de rintelligenoe et de la moralité , défend le droit de Tépoux et du prince y en s'opposant awc raison aux Euménides ^ « Si le crime de Cly temnesire « n'avait pas été puni , je serais , dit-il ^ vÀritafaleaient » sans hofineur 9 et les liens sacrés qui unissent Jupiter 9 et Junon protectrice des mariages^ seraient iné« f prisés »♦

L'opposition qui fait le fond de ÏAMi^ms est plus intéressante encore. Sous ce rapport , cette pièce est un des j^us beaux chefsHd^œuvré de tobs lès temps , quoique l'action se passe dans une sphère moins élevée des passions humaines. Tout, dans cette tragédie» est conséquent. La loi publique de l'État^ d'un côté, l'amour dims le sein de la famille et le devoir envers un frère^ de l'autre^ sont en présence et se oon* battent.

Le fond du caraetère d'Ântigone ou de la fewme , leequi foit le pathétique de'son rôle, c'est qu'elle reprc^ente l'inténèt de la femilte. L'ii^nèt de l'Etat est représenté, par On^. Polynico était tombé devant les^ portes 46 Thètiesy en combattant contre

• Eum., V. 206-209. . .' ' .

276 DE l'aAT CLA&SIQVC.

sa patrie. Créoo , le chef de l'état , a fait proclamer une loi par laquelle il menace de la mort quiconque donnera ks bonnairs de la «épulture à l'ennemi de la patrie. Mais cette défense, qui ne concerne que le bien puUic de 4a «ilé , Antigène ne s'y soumet pas. Elle aooompUt comme scrar le saint devoir do la sépulture, me consultant que sa piété et son amour p»w son frèfe. Aussi , elle en appelle à la loi des dieuK ; mais las dhrinilés qu'elle inToque sont celles du DMHide sout^tain et invisible, de r/fadù(n Z«*'"^»* T*r (UtTot têir ùtKti ' ) : les dieux du s^itiment, de l'amour, dn sang , et non les dieux qui habitent à la lumière du jour , les dieux d'un peuple ou d'un Etat libre « qui a constâ^ice de lai-même.

Le troisième point que nous pouvons développer , touchant la théogonie de l'art classique, concerne la différence des anciens dieux sous le nt(q)ort de leur piûsaanoe et de la durée de leur diMumatîmi. Nous ferons remarquer ici trois cârconstancee principales.

D'abord , la naissance des dieux forme une succès*

sion continue. Du Chaos, selon Hésiode, naissent

Géa , Uranus , etc. , ensuite Chronus et sa race , enfin

Jupiter avec les dieux dont il est le chef. Cette g^iéa-

lowe aDoaralt cônme un progrès , en verUi duqu^

aveugles et grossiires de la nature

les existences plus parfaites et qui se

* ^tes forme» |das d^nninées.

DÉVELOPPEMENT DE L'aRT CLASSIQUE. 27T

En même temps elle marque les premiers pas du développement de Tesprit qui commence à s'affranchir de la nature et à établir sur elle sa domination. Par exemple, Eschyle, dans les Euménides, fait commencer l'invocation de la Pythie dans le temple de Delphes , par ces mots : « D'abwd , je ren(b 9 hommage par cette prière à la déesse qui ht t première a rendu des oracles, Géa, et ensuite à » Thémis qui , après elle , a placé le siège de ses 9 oracles dans ces lieux* * Pausanias, au contraire, qui nomme également la Terre la première déesse qui ait rendu des oracles, dit que Daphné fut ensuite éta-» blie par elle comme prophétesse chargée de publier les oracles. Dans un autre ordre de succession , Pindare place la Nuit à l'origine ; après elle vient Thémis, et à celle-ci succède Phœbé jusqu'à ce qu'il arrive à Phœbus. Il s(»*ait intéressant de suivre ces différences, mais ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans cet examen.

En second lieu, ce progrès dans ta succession des dieuii dont le caractère devient de plus en plus profond, moral et spirituel, apparaît aussi sous la forme de rabaissement des divinités qui appartenaient aux races antérieures. La souveraineté est enlevée aux anciennes puissances ; Chronus détrône Uranus , et les dieux d'une origine plus récente pren^ nent leur place.

Par là enfin , l'hostilité , la lutte et la destruction , que nous avons reconnues en principe comme l'essence de ce premier degré du développement de l'art

378 DE l'art CLVSSHHie-

classique, constituent «icore nuûnteBant te fait principal. Hais ensuite, cunme les dieux apparaissent sous la forme do p^rsonoes morales qtû se r^proohfflit de phis en plus de l'indiTidualité humaine, malgré l'imperfection de Gâte dernière, l'imagination ae représente le rapport des dieux nouveaux avec les aaciens, comme un combat et une guerre; mais le véritable progrès est celui qui va de la nature à l'esprit , ce qui fournit à l'art classique l'élément essentiel et la forme qui convient à ses représentations. Ce progrès et le combat par lequel nous le vojtobs se réaliser n'appartiennent plus exclusivement au cercle des anciennes divinités , c'est la lutte dans laquelle les nouveaux dieux alTermissent leur dcHuination «ur les anciens,

3° Le combat de la nature et de l'esprit est la loi du monde; car l'essence de l'esprit, dans son dévelopi>»nent complet, consiste, ainsi que nous l'avons vu, dans un dédoublement , en vertu duquel H se distingue comme objet et comme sujet et, par uù retour sur lui-même , s'affranchit des liens de la nature , pour apparaître en face d'elle libre et victorieux. Ce moment principal , dans le développement de l'écrit, t aussi un ntoment décisif dans la représ^itation .'il se donne de lui-même. Cette transition ae m<»tre us la forme historique c<mime le perfectionnement la nature humaine , comme la conquête suocessivc ses droitset delà propriété, l'aoï^lioration des lois.

DÉVELQPPI^ilENT DE l'âKT CLASSIQUE. 279

de la QOMiitutio» et de la vie politique. Dans les représentations reli^^ses, c'est le triomphe des divinités quisoot des personnifications morales, àur les puissances de la nature*

Ce combat s'annonce com/ne ta plus grande cat^âtropbe dans Tbistoire du monde; nous ne deyoqsdonc . pas considérer le mythe qui la raconte ^ commç toute autre fable mytholof^que , mais comme le bit qui cûostitue Ip centre de c^t^ mythologie.

Le résultat de ce combat des dieux est la défaite des Titans et la victoire des nouvelles divinités qui , une fois leur domination assurée , furent ensuite façonnées et modifiées sous tous les rapports par Ti^. maginatîon des poètes et des artistes. Les Titans sont chassés et ils doivent habiter dans l'intérieur de la terre y ou , comme FOcéan , sur le rivage ténébreux du monde éclairé par le soleil. D'autres subissent divers châtiments : Prométhée , par exemple, est attaché sur. les montagnes de la Scythie , où un vautour affamé ronge ^n foie sans cesse renaissant. Dans les eiifers , Tantale ^t tourmenté par one soif brûlante qui né^ , p^fct s'aftaîser , et .Sy^iphe doit éternellem^t porter sur le haut d'une montfigne. son rocher qui retoifibei sans cesse. Ces cbâtfimentsreprésefXteat, comme lœ. puissances titaniques elles-mêmes , l'absence de règle et de mesure , l'infini dans le mauvais sens ; par exemple , dans celui de l'insatiabilité des désirs physiques qui 9 toujours renaissants et jamais assouvis , ne permettent pas à Tame de goûter le repos dans la

280 DE i/art classique.

satisfadlon. Le bon sens véritablemeDl éffîM des Grecs n'a pas présenté cette tendance au vague et à Tindéterminé à la manière du sentimentalisme moderne , comme ce qu*ii y a de plus élevé pour rhomme ; il en a fait dans la mythologie un motif de damnation , et il a précipité dans le Tartare ses personnifications.

Si nous nous demandons miHiitenant , en général , ce que Fart classique doit refouler , ce qu'il doit rejeter comme indigne par le fond et par la forme de figurer dans son dernier développement , ce sont d'abord les éléments de la nature. En outre, tout ce qui est confus, fantastique, obscur, tout mélange grossier du naturel et du spirituel , d'idées profondes et vraies et de circonstances accidentelles , disparaît du monde des nouveaux dieux. Toutes les créations d'une imagination déréglée, qui ne savait ni se posséder ni se soumettre à la mesure imposée par l'esprit , ne trouvent plus de place et doivent, avec raison , fuir devant la lumière du jour. Car on a beau décorer de .titres pompeux les grands Cabires, les Gorybantes et les représentations du principe de la générati<H) (pour ne pas parler de Tancienne Baubo que Goethe fait chevaucher sur le Bloksberg , montée sur une laie) , tous ces personnages appartiennent plus ou moins à une époque que l'on peut , tout au plus , regarder comme le crépuscule de la conscience. L'esprit seul se produit au grand jour. Ce qui ne se manifeste pas et n'obtient pas Aine signification claire , est l'opposé

BÉVELOPPEIIEirr DE L*ART CtASSIQUE. 281

de reqnrit , et retombe dans la nuit et robscurité. Ce qui est d'une nature spirituelle , au contraire ^ se manifeste clairement et , en déterminant soi-même sa forme extérieure , se purifie de tout ce qui tient au caprice, à la fantaisie, à l'indétermination flottante des formes, et de tout autre accessmre symbolique, vague et confus.

De même , nous trouvons déjà Tindustrie humaine, en tant qu'elle se borne à pourvdr aux premiers be^ soins de la nature , placée dans un rang d'infériorité. L'ancien droit ( Thémis , Dicé , etc. ), conmie n'étant pas déterminé par des lois qui prennent leur origine dans l'esprit qui a conscience de lui-même, perd aussi sa valeur universelle et absolue. Il devient quelque chose de simplement local, ou bien il se reflète encore dans les divinités générales, comme un: des traits de leur physioncmùe ; mais ce n'est plus^ qu'une simple trace du passé. Car , de mémfi que ,. dans la guerre de Troie , les Grecs co«rf)stf taient et triomphaient comme une seule nation, de même les. dieux d'H<Hnère , qui déjà ont derrière eux le combat des Titans , forment un monde organisé et consti-^ tué. Cette unité s'affermit et se perfectionne encore dans les développements ultérieurs de la poésie el de la plastique. Ce qui établit ce liai indestructible entre toutes les divinités grecques , c'est leur caractère de spiritualité. L'esprit est leur essence commune, non pas l'esprit pur , abstrait, retiré en luimême , mai$ identifié avec son existence extérieure

282 OB l'art classique.

qui eu sa mamfestatioQ parfaite; ainsi que dana Pla^ ton, Tame et le corps sont inséparables , et, dans leur indestructible unité, oonsbtuent l'univers iânmortel et divin.

DÉVELOPPEMENT DE l'aRT CLASSIQUE. 283

m. Consenratlon îles éÊémentm anelMUi dans les nouveUes représentation» vjr^ «holoslqnes*

Malgré la victoire des nouveaux dieux ^ les ancienae& divinités conservent une place dans Fart classique. Elles SQnt véaérées, en partie sous leur forme primitive, en partie changées et modifiées. Il n'y a que le dieu naUonal des Juifs qui ne puisse souffrir auprès^ de lui d'autres dieux , . parce qu'il doit être le dieu unique , le dieu universel. Il présente cependant un caractère particulier ; car il est le dieu de son peuple. C'est un dieu jaloux , et il ordonne à son peuple de ne voir dans les divinités étrangères que des idoles.. Les Grecs y au contraire ^ trouvaient leurs dieux chez: toutes les autres nations et adoptaient tout ce qui était étranger. En effet , le dieu de l'art classique a une individualité spirituelle et corporelle , et par là il ne peut prétendre à être le dieu unique et univer*seK C'est une divinité parti(»jlière, et, comme tout ca qui est particulier , il est en rapport avec un cercle d'existences semblables à lui , qui conservent vis-à^yis de lui leur valeur et leur importance.

La première forme sous laquelle nous trouvons les anciens mythes conservés chez les Grecs , sont les mystères. Les mystères grecs n'avaient rien de secret,

284 DE l'art classique.

si on entend par ee mot que les Grées , en général, n'avaient pas eonnaissanee de ee qui en constituait le tond. Au contraire , la plupart' des Athéniens et une foule d'étrangers étaient initiés , par exemple , aux mystères d'Eleusis ; mais ils ne devaient pas révéler ce qu'ils avaient appris par l'initiation. On s'est donnç, dans ces derniers temps , beaucoup de peine pour rechercher le sens profond que renfermaient les mystères et les cérémonies religieuses qui avaient lieu dans leur célébration. Cependant il ne parait pas , en général , qu'une bien haute sagesse et des connaissant ces profondes aient été cachées dans les mystères. Ils conservaient seulement les anciennes traditions , les conceptions primitives qui , plus tard , servirent de base au développement de Tart. Leur contenu , par conséquent , n'était pas quelque chose de plus vrai , de plus élevé , de plus parfait que la religion publique , mais inférieur et plus élémentaire. Les dogmes sacrés n'étaient pas clairement exprimés dans ces mystères, mais livrés seulement sous une forme symbolique. Et en effet , cette propriété de ne pouvoir être dévoilé , c'est-à-dire révélé par la parole , convient aux anciens éléments telluriques / astronomiques el titaniques. L'esprit seul est susceptible d'être manifesté et se manifeste lui-même. Sous ce rapport, l'expression symbolique constitue le second côté de ce qui est caché dans les mystères, parce que, dans le symbole , le sens reste obscur et renferme autre chose que ce qui est révélé immédiatement par |a

DÉVELOPPEMENT DE l'aRT CLASSIQUE. 285

forme extérieure. Ainsi, par exemple ^ les mystères de Gérés et de Bacchus avaient , il est vrai , une explication rationnelle et renfermaient par là un sens profond; mais la forme sous laquelle ce fond était présenté , lui restait étrangère , de sorte que rien de clair ne pouvait en ressortir. Aussi, les mystères ont exercé peu d'influence sur le développement de Fart. On raconte, par exemple, d'Eschyle, qu'il avait révélé, à dessein , le sens caché des mystères de Cérès. L'im- {Hété se bornait à avoir dit qu'Artémise était la fille d^ Gérés , ce qui ne parait pas une idée bien profonde. Eh second lieu , le culte et la conservation des anciens dieux apparaît plus clairement dans les représentations mêmes de Fart. Ainsi , nous avons parlé précédemnàênt de Prométhée comme du Titan puni et ehâtié; mais nous le trouvons aussi délivré; car si la ta*re et le soleil sont des divinités bienfaisantes , Prométhée , en apportant le feu aux hommes , en leur donnant la faculté de manger la chair des aoimaux , YqfMésenlie aussi un moment essentiel de la vie humaine^ une condition nécessaire pour la satisfaction des besoins physiques ; aussi les honneurs rendus à ProittéfSiéé, furent durables^. Dans VCEd^.à C^d4mn0^ tle Sophocle, il est dit :

li^ .IJtî» lêf^f Tïf U* (Ut- ïx^i ti viw

' Cette terre toot entière est sacrée ; elle appartient à Tauguste Neptune. Elle est aussi consacrée au dieu qui apporta le feu aux mortels , au Titan Pronéthée.

286 DE l'art classique.

Le scholiaste ajoute que Prométhée était vénéré dans rAcadémîe , avec Minerve y comme Vulcain luimême. On montrait , à rentrée d'un temple ^ui était dans le bois saeré de la déesse, un ancien piédestal sur lequel Prométhée était représenté aussi comme Vulcain. Mais , d'après le récit de Lysimaque , Vulcain et Prométhée étaient distincts. Celui -^î était repré* sente comme le premier et le plus ancien ; il tenait un sceptre à la main ; Vulcain , comme le plus jeune , occupait un rang inférieur, et tous deux avaient un au* tel commun sur le piédestal. Ensuite , §elon le mythe , Prométhée n'a pas dû souflVir long-temps sa punition, il a été délivré de ses chattes par Hercule. Dans cette histoire de sa délivrance s'offrent aussi quelques traits dignes d'être remarqués. Prométhée, en effet, esr délivré dé son supplice parce qu'il prédit à Jupiter le danger qui le menace de se voii* détrôné par son Ireîzième descendant. Ce descendant est Hercule i qui Neptune dit, dans les Oismux d'Aristophane : Qu'il sera pris pour dupe s'il conscrit au traité qui enlève à Jupiter la souveraine puissance, puisqu 'après ta mort de Jupiter, il doit être son-héritier. Et en effet, Hercule est le seul homme qui ait été admis dans KOlympe, qui ait quitté une vie mortelle pour d^enir dieu, et il est placé à un rang plus élevé qtie Prométhée qui est resté un simple Titan. A ces noms dUercvIe et des Héraclides se rattache le souvenir de la révo-

DÉVELOPPEMENT DE l'aRT CLASSIQUE. 287

luUon qui détrôna les dynasties antérieures. Les Héraclides renTerwnt la puissance de ces anciennes familles de rois , qui , dans leurs rapports avec les habitants du pays, ne reconnaissaient d'autres lois que leur vt4onté arbitraire , leur propre intérêt , des passions sans fireîn , et s'abandonnaient souvent à des actions d^une monstrueuse cruauté. Hercule qui , luimême n'était pas libre , mais au service d'un maître y dompte la rudesse de cette volonté sauvage et vio- 4ente. De même nous pouvons , pour ne pas sortir des exemples déjà employés précédemment , mentionner de nouveau ici les Euménides d'Eschyle. Le débat qui s'élève entre Apollon eft les Euménides doit être jugé par l'aDéopage. Un tribunal humain , une assemblée d'hommes présidée par Minerve , c^est-à-dire l'esprit vivant du peuple athénien , doit donner un dénoûment  celte collision. Les voix des juges sont en nombre égal pour la oondamnation et l'absolution , parce qn^s iMit un égal respect pour les Euménides et potir Apoll(Hi. La [Herre blanche de Minerve* termine le différend en faveur d^ApoNon. Les Euménides, indignées de cette déciskm à^ la déesse , élèvent la voîk. Mais Pallas les apaise 4» leur accordant des honneurs divins et un autd dans le bois sacré de Colonne. Ce que les Euménides doivent donn^ en récompense à son peuple^ e'est Ma protection contrôles maux qui proviennent des éléments ^e la nature , de la terre , du- ciel , dé là

' Yers-(k)1 m soir.

288 m: l'aIit ttASSiQUfi.

luer et des vetUs. Elles doivent préserver la contrée des mauvaises inflœnees qui produisent la stérilité , qui ^oapèchent les moissons de geiwer , les plantes de pousser , et qui «^(^posent aux naissances; Mais Pallas réserve pour die le soin de ce qui ooneeme la guerre et les combats sacrés. De même Sophode , dans, son Antigone , ne lait pas seuiefoent souffrir et périr la sœur de Polynice. Mous voyons aussi Gréon cruellement puni par la mort déplorable de son épouse et d'Hémon qui sont enveloppés dans la même catastrophe.

En troisième lieu , les anciens dieux ne conservent pas seulement leur place à câié des nouveaux ; mais, ce qui est plus important , dans les nouveaux dieux mêmes est conservé Télémeat qui appartient à la nature. Comme il se concilie très-bien avec Tindividualité spirituelle de Tidéal classique, il se réfléchit 4^ eux, et son culte se trouve ais^i perpétué.

On a été conduit souvent à considérer les dieux grecs y malgré leur ferme humaine , comme de simples allégories des éléments de la nature : c'est une erreur. C'est ainsi que nous étendons souvent parler d'A-> pollon comme dâeu.du'soleil , de Diane- comme déesse de la lune, .ou deJHepKiae comme, dieu de la mer. Abis une pareille séparalâon du foâd et de la forme; de 1; élément physique et; de sa paratonificatioh sous les traits hiimaipS| le rapport extéilieur des deux termes, tel que la simple domination de Dieu sur les êtres de la nature , dans le sens de la Bible ,

DÉVELOPPEMENT I>£ l'aRT CLASSIQUE. 289

ne peuvent être appliqués à la mythologie grecque. Car nous ne trouvons nulle part> chez les Grecs ». oetle expresfiîoii i t^hç r»» n^w^ ris èiLhtt^^if^ etc.^> et ils n'auraient pas inaïiqué de remployer ^ si le vb^ port qu'elle représente eût été dans leur esprit* Apol* Ion (Helios) est le soleil comuie dieu.

Nous 4evon» en même. temps laîre rcioa^rquer ip\ que les Grecs ne divinisaient pas les objetode la na*^ tare comme tels; au contraire, ils pensaient que la nature n'est pas divine ; et oetta opinion ^t non^seulemént renfermée daii^ lo caractère de leurs dieux ^ mais expressément énoncée dans Thi^oire, C'est ainsi que Plutarque, dans son écrit sur Isis et Osiris, se trouve CQg^é à parkr d6$ différentes maniées d'expliquer les mythes et les dieux, tsis etOsiris appartiennent à la religicm égyptienne. Ils r^résentent , bien plus encore que les divinités grecques qui leur correspondent , des puissances, phymques ; car ils Biarquent cette époque de transition où Tesprit aspire à sortir desJien^ de la nature et engage la lutte avec elle. Plus tard, ils obtiennent à RomOfUne plus^^aiide vénération y et oon^ituent un des principau^^ mjrtkes. Cependant , Plutarqu^ pense qu'il serait indigne de vouloir les expliquer comme r^résentant le soleil , la terre ou l'eau. Seulement, tout ce qui, dans h soleil , la terre ^ etc. , est déréglé ou désordonné , ce qui s'écarte de la mesure et de la proportion , dc^t être altrilraé aux élémenjbs de la nature ; et le bien seulement, ce c|i»i est conforme à l'orcbe, est Tou-

290 DC l'art CLASSKiue.

vrage d-Idift. La raison, le xoyif^ vient d'(hîth. On doit donc regarder, comme l'essence de ces dîeuï non le eôté physique , mais le caraetàre spiritue] , -général y lé Aryof , la raison , le principe ie ta toi el de Tondre.

Conformément à cette manière de considérer la na* ture spiriUielle des dieut , les élém<»it8 dét^minés de la nature ont aussi élé <fistingués des nouveaux dieux par les Grecs. Nous avons , en effet » l'habittide dé réunir le soleil et Apollon , la lune et Dkine; mats ehee Homère , ces divinités sont indépendantes des astres qu'elles représentent. Il en est do même de l'océan et de Neptune.

Mais, en troisième lien, il reste dans les nouveaux dieux un écho des puissances de la nature, dont l'ac^ tivité appartient à l'individualité spirituelle des dieux mêmes. Nous avons déjà donné précédemment le principe de cette combinaison positive du spirituel et du naturel , dans l'idéal de l'art classique. Par conséquent, nous pouvons nousbomer ici au développement de quelques exemples.

Heplunê ( Posddon ) , <U>mme Pmtu$ et l'Ooiten , repif'ésente la puissance de la iti^r dont les flots em-» brassent la terre; mais sa puisisaiice et son aotion s'étendent plus loitt. Ce fut lui qifi bàth' les* murs dilion, et il était un dieii tulélaire d'Athènes. Ea général , it était vénéré comine fondal^^tw des villes ^ parce que la mer est l'élément de la navigation , du commerce et de la réunion des hmmnes. De même^

DiVELOPPEHENT DE l'aRT GI>à$SIQUE. 294

Apollon > le nouveau dieu , est la lumière de la science^ te dieu qui rend des oracles, et il conserve cepao^dnt une analogie avec le soleil et la lumière phy-* isique. On ifo|kute, en ^et, comme YobsH Crm%ùr^ par e](emple , ^r la queslioB de savoir si Apollon doit signifier le solml on non ; mais on peat dire qu'il est à-la-fois et n'est pas lesoleU, parée que, s'il a un côté physique, il a une signification plus élevée et représenle également l'esprit* Il est déjà naturel en soi que la science et la lumière , la lumière de la nature et celle de l'esprit, en vertu de leur essence même, soient rapprochées et se correspondent* La lumière , en effist ', comme élément physique est ce qui manifeste les objets. Invisible elle-même , elle rend visibles les objets qu'elle éclaire. Par la lumière , la nature devient un spectacle et elle a un spectateur, le même caractère de manifestation se tro«ve dans Tesprk , dans la libre lumière de la conscience , daiis le savoic et le connaître. La différence consiste, outre la distinction des sphères dans lesquelles cette double ma-» nifestation s'accom{^it, en ce que l'esprit se manifeste hii^mème^ et , dans ce qui émane de lui ou lui vient du ddmrs, reste en lui-même. Au contraire, la lu-* mi^ de la nature ne se laisse pas apercevoir elle^ même; elle ne rend perc€f>tible que ce qui lui est étranger, ce qui est extérieur à dUe; sous ce rapport , elle se projette bien au ddbors ; mais elle ne revient pas sur dle^mème comme l'esprit. C'est pourquoi clic n'obtient pas cette unité plus haute , qui consiste à se

292 OE l'ai\t classioue*

retrouver dans autrui. Maintenant, comme la lu-* mière et la science ont un rapport intkne , nous trouvons aussi dans Apollon , comme dieu de Tintelligence, une allusion à la lumière du soleiL Ainsi Homère , par exemple, attribue la peste, dans le camp des Grecs , à Apollon , qui est considéré ici dans la chaleur de Tété comme action du soleil. De même, ses flèches mortelles ont un rapport symbolique avec les rayons de cet astre. Dans les arts figuratifs les attri^* buts extérieurs doivent indiquer d'une manière plus précise quelle idée rqf>résente (Mrincipalement telle telle ou divinité.

Si Ton suit en particulier Thistoire de la naissance des nouveaux dieux , on reconnaît avec Creuzer qui s*est attaché à développer ce point , Télément naturel que les dieux de Tidéal classique conservent en euxmêmes. Ainsi , on trouve dans Jupiter des traits qui indiquent le soleil. Les dix travaux d'Hercule, son expédition pour enlever les pommes du jardin des Hespendes , ont également rapport au soleil et aux douze mois de Tannée. Diane a pour caractèreessentiel d'être la mère de la nature , comme la IKane d'Ëphèse, par exemple , qui flotte entre les anciens et les nouveaux dieux , représente principalement la nature en général , la production et la nutrition ; ce qu'elle exprime par son sein et ses nombreuses mamelles. Dans ^A^ témise grecque , au contraire , la chasseresse qui tue les bêtes féroces , avec sa belle forme humaine de jeune fille et sa fière contenance , le cêté physique

DÉVEL0PP£1I£NT l»fi l'aRT CLASSIQUE. 293

s'effiioe y quoique le croiasaiit et les flèches rappellent encope la lune. Il en est de même de Vénus Aphrodite. Plus on remonte vers son origine en Asie , plus elle est une pinssancede la nature. Lorsqu'elle arrive dans la Grèce proprement dite , alors se montra au jour, k côté spirituel et plus individuel de la heauté du corps , delà grâce , de Tamour, qui cependant ne manque pas non plus d^un principe physique et sensible. Gérés a^ de la même manière , son point de départ dans la productivité de la nature ; ensuite elle a un sens moral dont les rapports se développent par Tagrioukure ^ la propriété , etc. Les Muses représentaient original*' rement le murmure des fontaines, et Jupiter lui-même doit être considéré comme une puissance générale de la nature. Il est adoré comme le tonnerre , quoique dans Homère d^à la foudre soit un signe de sa vo-lonté y par lequel il manifeste mn approbation ou sa désapprobation , un ometi , un présage ,. et par là il eoBserve un rapport avec rintetligënce et la nature humaine. Junon aussi présentait un reflet dé k na* ture , elle rappelait la voûte céleste et Tatmosphère dans laquelle les dieux voyageaimt. Ainsi > il est dit ^e Jupiter avait placé Hercule sur le sein de Junon , et qi;^ la voie lactée est née du lait qui lancé avee force se répandît dans les s^rs.

Maintenant^ s'il est vrai que^ dans les nouveaux dieux y les élém^^ de la nature , après avoir été ra* baissés et dégradés , reparaissait et sont conservés , il en est aussi do même des formes empruntées au

294 M l'art classique .

règne animal , et que nous avons précédemmeiil con^ sidérées dans leur dégradation* Nous pouvons leur donner aussi une place positive. Coittnie oi^ieBdanl les dieux classiques ont dépouillé la foraae symbo^ liqrn et ont pris pour essence Tesprit qui se cmuialt lui-même , dès-lors , le sens symbolique des animaux doit seperdrC) d'autant plus que la forme animale n'a plus le droit de se mêler à la fwme humaine , vaé-* lange que Fart à rejeté comme monstrueux. Elle se présente donc alors comme simple attribut ou signe indicateur , et elle est placée à côté de la forme humaine des dieux. C'est ainsi que nous voyons Ta^le auprès de Jupiter , le pacm à côté de JunMi. Des co« lombes accompagnent Vénus. Le chien Annbis devient le gardien des ^ifers. Si donc il y a encore qndque chose de symbolique renfermé dstns Tidéal des dieux classiques , le sens primitif n'est f>lus apparmett , et le eôté physique , qui auparavant eon^tuah le caractère essentiel -, ne reste plus que comme vestige ou comme particularité extérieure et accidentelle , qui désolera panrilt plus ou moins bizarre. Il y a plus , Tessence de ces divinités étant la nature humaine dans sa spiritualité , tout ce qui est purement extérieur n'apparatt plus aussi que comme une chose accidentelle dans la vie humaine ; par exemple , comme une faiblesse humaine. Sous ce rapport, nous pourrions mentionner encore une fois led amours de Jupiter. D'après leur mus symbolique primitif , elles se rapportent, comme nous l'avons vu, à la force généra-

DÉVELOPËDM^NT »E ]L ART Ci^ASSlQUË. 29&

Iriceetà la ¥ie de la nature. Mais, au point de vue moral , en tant que le mariage de Jupiter avec Junon doit être regardé comme inviolable et qu'elles apparaissent comme des infidélités envers son épouse , elles s'offrent so«s l'sqfiparence d'aventures lEœîdeii^lles , et perdent alors leur sens symbolique , pour prendre le caractère d'histoires licencieuses que les prêtres ont inventées à plaisir.

Après avoir assisté à cette déchéance des forces de la nature et du règne animal et à celle des personnifications morales d'un ordre inférieur; après avoir vu ensuite leur réadoption dans la liberté plus haute de l'indîvidftialtté spirituelle pénétrée par la nature et qui la pénétre à son tour , nous laissons derrière nou« oe q«i concerne la naissance de^l'art classique (fts^ âfitécéd8iit$ néoissaires. On a vu qu'il s'^t fray^ luip-même oeita voie , qu'il s'est créé lui-méine ce qu'il doit êlre c^Hiformément à mu idée. C^te ré{iU<satiôa des dieux , comme pêrsMiiies »orate& et ^fiiritueUes, t0M oei»lnit à l'idéal proprement dH 4e l'art eiaasîqiiè^ jëqud, en 0{^sittOQ avec ie patsé nmen y. manifeste te qiit ne passe pias. Car ce qui fait qu'une chose est iransitoire, c'est le défont de confonilité entre l'idée et sa réalisation.

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