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C’est malheureusement le résuitat ordinaire, et en quelque sorte la loi commune des délibérations de cette espèce. L'Élide, Lacédémone, les rois Scerdilédus et Pleuratus entrèrent dans la ligue de l'Étolie et de Rome; et l’on conclut un traité conçu en ces termes : « Le bon « plaisir des Étoliens, des habitants de l'Élide, des La- « cédémoniens, de Pleuratus et de Scerdilédus étant de « contracter alliance avec le roi Attale et avec les Ro- « mains, ils s’armeront sans délai contre le roi Phi- « lippe. Les Romains fourniront vingt quiiquérèmes « au moins à la confédération. Toutes les conquêtes qui « seront faites depuis les corifins de l’Étolie jasqu’à Cor- « cyre appartiendront aux confédérés, et le butin à « Rome. Cette dernière emploiera tous ses moyens pour « faire restituer l’Acarnanie aux Étoliens, ses anciens « maîtres. Les Étoliens ne pourront traiter avec le roi «Philippe qu’autant qu'il aura promis de laisser en « paix Rome et ses alliés; et réciproquement Rome ne « se réconciliera au même Philippe qu’à condition qu'il « ne fera plus la guerre à l’Étolie ni aux alliés de l'É- « tolie. » Ces conditions n’ont été signées que deux ans après, quand les Étoliens les eurent acceptées à Olympie, et les Romains dans leur sénat. Elles furent depuis placées au Capitole, comme le monument de la première alliance entre Rome et la nation grecque. Maïs les expéditions militaires contre Philippe commencèrent avant la signature de cet acte. Lévinus s’empara de l'ile et de la ville de Zacynthe ou Zante; il enleva aux Acarnaniens OEniades et Nasos, et remit ces deux pla: ces sous la domination de l'Étolie. Persuadé que ces premières conquêtes suffiraient pour suspendre la descente projetée par Philippe, le général romain condui-
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sit sa flotte à Corcyre, où il passa l'hiver. Philippe, en effet, dès qu’il eut reçu à Pella 2 suvelle de la ligue formée contre lui, changea son plan de campagne. I résolut d'employer le printemps à une incursion sur les terres de l’Illyrie, près d’Apollonie et Y'Oricum , et de se préparer ainsi à guerroyer, en été, les nouveaux ennemis qu'il avait en Grèce. Par ses courses en J1lyrie, il se proposait d’effrayer les Épirotes, de les contenir chez eux , de les empêcher d’entreren Macédoine durant son absence. Après avoir ravagé les environs d’Apollonie, et contraint ainsi les Apolloniates à se retirer dans leurs murs, ilse replia sur Pélagonie et sur Sintia, villes de son propre royaume, afin d’en fermer l'accès aux Dardaniens. De là, dans l’espoir de s'associer les Thessaliens, il descendit chez eux, et leur laissa son fils aîné Persée, avec quatre mille hommes pour garantir la côte. Revenu en Macédoine, il n’y passa que peu de jours; il en repartit pour se pcrter sur les Thraces et sur les Mèdes, peuples qui avaient coutume de fondre sur la Macédoine aussitôt qu’ils savaient ses rois occupés ailleurs. Philippe dévasta le territoire d’une place que les historiens appellent Phragandes, et qui est restée inconnue. Il assiégea Topiris, autre ville de Thrace, qu’Antonin nomme Topyà rum, et Procope Topros : on croit que c’est celle qui depuis a pris le nom de Ruskioï. Cependant les troupes étoliennes se répandaient dans l’Acarnanie, dont Ecopas,
| leur chef, se promettait la conquête, déjà commencée par l'occupation de Nasos et d'OEniades, tombées au pouvoir du propréteur Lévinus. Les Acarnaniens s’apprêtaient à résister en désespéré; ils tinrent une assemblée générale, où ils déclarèrent qu'ils ne déposeroient
les armes qu'après la défaite entière des Étoliens; qu'ils