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laisseraient sans aliments et sans asiles ceux de leurs soldats qui reviendraient vaincus; que nul homme, de: puis l’âge de quinze ans jusqu’à soixante, ne serait dispeusé de prendre les armes. Les sexagénaires, les enfants et les femmes furent confiés aux Épirotes, qui se chargeaient aussi de recueillir les cendres des Acarnauiens qui périraient sur les champs de batailles, et d’or. ner leurs tombeaux d'inscriptions honorables, Enfin on écrivit au roi Philippe; on le conjura de suspendre toutes ses autres entreprises pour venir au secours de l’Acarnanie. Il exauça leu ‘5 prières; après avoir pris par composition quelques villes de la Thrace, il s'approcha du camp des Acarnaniens. Ses mouvements et les leurs. déconcertèrent les Étoliens, qui reculèrent au fond de leur province, sans avoir rie. “ntrepris. Mais Philippe ue songeait plus à descendre en Italie: retiré à Pella, il s’y tenait en repos; et c'était tout ce qu'avait voulu Lévinus. Ce propréteur, au retour du printemps, partit de Corcyre pour Naupacte. Son arrivée en cette ville rendit de l’activité aux Étoliens : ils se donnèrent, eux et leurs alliés, un rendez-vous sous les murs d’Anticyre, vilie de la Locride en Achaïe, et entreprirent aussitôt le siége de cette place. Les Romains l’attaquèrent par mer : elle se rendit à discrétion, et passa. sous la domination des Étoliens. Lévinus ne réserva pour ses troupes que le butin à piller ; une maladie grave l’obligea de séjourner en ce lieu plus longtemps qu’il ne se l'était proposé, et jusqu’après le renouvellement des consuls.
Les affaires de Rome dans la Grèce avaient été habilement conduites; mais, en Espagne, Marcius , malgré son talent et son zèle, ne pouvait plus tenir tête aux ar-
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mées carthaginoises , s'il ne recevait de puissants secours. C'était seulement par bravade qu’on lui avait envoyé un faible renfort au moment même où Annibal campait aux bords de l’Anio. Quand on eut pris Capoue, on songea plus sérieusement à se défendre en Espagne. Claudius Néron, qui, sous le titre de propréteur, venait de commander une légion en Campanie et d'y obtenir des succès, reçut l’ordre de conduire aux rives de l'Ébre six mille légionnaires et trois cents cavaliers avec six mille huit cents soldats alliés, savoir, six mille d'infanterie et huit cents de cavalerie, On lui laissait le choix de tous les guerriers qui devaient composer celte armée, Elle s’embarqua aussitôt à Pouzzoles, et, après une traversée heureuse, elle aborda Tarragone. Les galères qui l’avaient amenée ayant été mises en sûrelé, et les forçats ainsi que les volontaires étant incorporés à l'infanterie, Claudius opéra près de l'Ébre h jonction de ses troupes avec celles que Marcius et Titus Fontéius avaient conservées. Toutes s’avancèrent ensemble vers l'ennemi, alors campé entre Illiturgis et Mentissa, au pied des montagnes appelées encore aujourd’hui les Roches noires, Penas negras. Elles inveslirent soudainement Asdrubal, et lui coupèrent les vivres en semparant d’une gorge qu’un bois couvrait. Pour se rer de ce péril, l’astucieux Carthaginois entama une hégociation, Il promit de quitter l'Espagne, lui et tous es soldats, sous la seule condition de la vie sauve. nhéraut vint de sa part faire cette proposition à Claulus Néron, qui s’y laissa prendre. Il fallut des conféences pour régler la manière de rendre les villes et ts provinces. Chaque jour, Asdrubal élevait de nouelles difficultés, tantôt sur le jour de l'évacuation , tan-
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