RE AL ET OE
Losineemsireli aires
publique lui avait adjoint. Dès que la saison permet de se préparer à une campagne, Scipion rassemble tou. tes ses troupes; il leur tient, dans Polybe et dans Tite. Live, un discours dont voici les principaux traits : « Non, je n’ai point à vous reprocher la mort de mon « père et de mon oncle. De perfides Celtibériens ont « seuls causé, par leur défection, tous nos malheurs. « Vos deux illustres chefs, trop peu défiants, se sont « séparés, et vous ont divisés en deux corps. Désormais, « instruits par une fatale expérience, nous resterons « unis, et nous reprendrons l’ascendant qui nous appar- « tient sur trois géuéraux ennemis, tombés aujourd’hui « dans l'erreur qui nous a perdus. Leurs trois armées « sont dispersées en différentes régions. Passons l'Ébre, « et que le souvenir de nos désastres ne nous inspire « qu'un plus ardent courage. Rome s’est toujours mona trée plus terrible après ses revers. Porsenna, les Gau- « lois, les Samnites l'ont vaincue sans l’abattre. A près ses « défaites à la Trébie, au lac de Trasimène, à Cannes, « elle a conquis Syracuse et repris Capoue. J'ai pour « garants des succès qui nous attendent la fortune de « la république, les suffrages unanimes des citoyens qui « m'ont déféré l'honneur de vous commander, la pro- « tection que les dieux m'ont assurée par d’infaillibles « auspices et par des songes prophétiques, per noctur: « nOS eliam visus, mes pressentiments qui ne m'ont « jamais trompé, les jugements enfin que l’état pré- « sent des affaires suggère à la raison. Toutes les na: « tions espagnoles sont mécontentes et lasses du joug « africain; c’est ce qu’attestent les députés qui m'arri- « vent de toutes parts. » Malgré l'assurance qu’exprinait ce discours et la confiance qu'il devait inspirer, le
| cetroisième £
jeune génér prendre to:
contribuer à Silanus en et trois cent les forcer à de la flotte :
quel il dépe Dès l'enfanc mœurs, un avaient étro de vingt-cinc cinq cents di provinces es} On lui conse nemis; on | rés par la di leurs vues e campé entre Giscon, reti maintenir st bal, frère d’
see siége d’une p
et celui qui 4 deux autres premiers effd diqué par le le prévoir e personne end moins concu
recueillis pa
met de le tou- 1s Tite.
traits :
de mon eïis ont alheurs.
se sont sOrinaIs, esterons s apparourd’hui s armées s l'Ébr, s inspire ars monles Gau-:
À près ses Cannes, J'ai pour rtune de pyens qui , la profaillibles r noctur:
ne m'ont état prées les na- S du joug i m'arriqu’expriaspirer, le
CENT DIXIÈME LEÇON. 17 jeune général ne s'appliqua pas moins soigneusement à prendre toutes les mesures qui pouvaient le mieux contribuer à l’accomplissement de ses desseins. 11 laissa Silanus en deçà de l'Ébre, avec trois mille fantassins et trois cents cavaliers, pour défendre les alliés ou pour les forcer à rester soumis. Îl confia le commandement de la flotte à son intime ami Lélius, dans le sein duquel il déposait ses vœux, ses projets, ses chagrins. Dès l'enfance, la conformité de leurs goûts, de leurs mœurs, un même amour de la vertu et de la gloire, avaient étroitement uni leurs âmes. Scipion part, suivi de vingt-cinq mille hommes d'infanterie et de deux mille cinq cents de cavalerie, passe l'Ébre, et entre dans les provinces espagnoles que les Carthaginois ont asservies. On lui conseillait de tirer parti de la dispersion des ennemis; on lui disait que les généraux africains, séparés par la distance des lieux, l’étaient encore plus par leurs vues et leurs sentiments; que Magon demeurait campé entre l’Anas et le Bétis; qu’Asdrubal, fils de Giscon, retiré dans la Lusitanie, ne songeait qu’à se maintenir sur les rives du Tage; que l’autre Asdrubal, frère d’Annibal , s’amusait , chez les Carpétans, au siége d’une place qui lui résistait opiniâtrément ; que
| ce troisième général était le plus à la portée des Romains,
et celui qui serait le plus difficilement secouru par les deux autres; qu'il fallait donc diriger contre lui les premiers efforts. Mais ce plan était si directement indiqué par les circonstances, que les ennemis devaient le prévoir et s’en garantir. Scipion en suivit un que personne encore ne soupçonnait, et qu'il avait néanmoins conçu avant de sortir de Rome. Des mémoires recueillis par lui sur les affaires de l'Espagne le lui
176 HISTOIRE ed .
avaient suggéré; durant toute la traversée, il s'était secrètement occupé à le méditer, à combiner dans son esprit tous les détails de l'exécution. Depuis son arrivée, il se faisait donner par les gens du pays des rensei. gnements sur l’état des places et des côtes, particuliè. rement de Carthagène. Les marins lui apprenaient les heures précises du {lux et du reflux, sensibles sur les bords de la Méditerranée les plus voisins du détroit. Affermi par ces instructions dans son entreprise, il commenca par la dévoiler à son ami Lélius : il lui déclara qu’il allait attaquer Carthage la Neuve, parce que cette conquête entraînerait celle de l'Espagne entière, et mettrait Rome en possession du port le plus commode et le plus sût de la Péninsule, d’une place destinée par l’ancien Awmilear à recevoir les flottes, à servir de magasin militaire et de centre aux pouvoirs politiques, où l’on trouverait amassées les riches dépouilles de tant de provinces; où pourtant l’on n’aurait à vaincre qu'une garnison de mille Africains et une population nombreuse à la vérité, mais composée d'artisans et de matelots, inhabiles au métier des armes, incapables de soutenir un siége. Scipion se promettait d'achever en fort peu de jours cette expédition imprévue, contre laquelle l'ennemi, persuadé qu'on ne songerait jamais à surprendre Carthagène > m'avait préparé aucun moyen de défense. Lélius applaudit à œ grand dessein, et en garda fidèlement le secret. Dès le soir, le général quitte les bords de l'Ébre ; il marche toute la nuit, sans dire à ses troupes ni à ses officiers où il les mène. Les Romains croyaient si fermement aux inspirations célestes et aux visions nee qui dirigeaient la conduite du jeune Scipion , qu'ils le ne vaient aveuglément et avec une pleine assurance. Après
sept n la Neu réglé l elle ab.
seaux c reté, n venue « était sit distance défendu
le nom avait ser tenait a port ava vaisseau trêmes ; ( croissait tenait mo c'est celle l'ancien iité de tr virons. À servaient lement, Un rivag port à l’e Par ter creuser d brent ; m qui abou quaient dé de l'eau.
AI
ait se- ON €Srrivée; renselticuhièient les 8 bords \ffermi nmença ilallait pnquête it Rome s sûk de Auilèar re et de it amas )ù pourille Afriais COMtier des se propédition qu’on ne vait prédit à ce t. Dès le marche officiers rmement trnes qui ls le sr1i-
e. À près
CENT DIXIÈME LECON. 197 sept nuits de marche, l’armée arriva devant Carthage la Neuve, au lever de l'aurore; et Lélius avait si bien réglé les mouvements de :: ‘lotte, qu’au même instant elle abordait le port et en :‘rmait l'entrée. Les vaisseaux carthaginois, qui s’y étaient crus libres et en sûreté, n’en pouvaient déjà plus sortir. Carthagène, devenue en peu de temps une cité opulente et Puissante, était située au midi ue l'Espagne, en face à peu de distance de l’Afrique, environnée de fortes murailles, défendue et dominée par une citadelle qni portait encore le nom du fonda zur Asdrubal, à qui probablement elle avait servi «> palais. La ville, bâtie dans un fond, ne tenait au continent que par une langue de terre. Le port avait à son entrée une telle profondeur, que les vaisseaux s’y tenaient toujours à flot sur les bords extrêmes ; ce n’était plus qu’une sorte d’étang salé, qui croissait et décroissait selon le flux et le reflux, et contenait moins d’eau que de vase. Une île fermait le port : c’est celle qui s'appelle aujourd’hui Scombrera, et dont l'ancien nom Scombréria venait de la prodigieuse quan. iité de maquereaux ( scombri ) qu'on pêch:it aux environs. À droite et à gauche de cette île, deux goulets servaient de passages aux navires, qui eutraient facilement , surtout quand le vent sud-ouest les poussait. Un rivage escarpé, de hautes montagnes mettaient le port à l’abri des bourrasques.
Par terre, les Romains commencèrent le siége sans creuser de fossés. Les remparts de leur camp leur sufbrent ; mais, derrière ce camp, ils tracèrent une ligne qui aboutissait en demi-cercle à la mer, e* que flanquaient deux petits forts à ses extrémités, sur les bords
de l'eau. Ce travail terminé, la flotte de Lélius entra AIX, 12
aussitôt par les deux goulets, et se rangea en bataille dans le port. Les assiégés, pour le défendre, quittèrent leurs murailles où n’y laissèrent que peu de monde; et Scipion saisit ce moment pour livrer par terre un premier combat. Le récit de cette attaque soudaine est suspendu , chez les anciens historiens, par une harangue du général à ses soldats : « Ne vous étonnez pas, lui « font-ils dire, si je commence la campagne par où les «autres la finissent. Cette place vaut la peine qu’on « change de méthode pour s'en rendre maître. En la « prenant, vous enlevez à l'ennemi toutes ses r'essour- « ces, vous lui coupez sa cominunication avec l'Afrique, « d’un seul coup vous lui ravissez ses vivres, ses tré- « sors, ses machines de guerre, ses arsenaux, sa flotte, « et les otages qu’il retient pour s'assurer de la soumis- « sion des villes espagnoles. La péninsule est à nous : « votre bravoure, votre affection et les dieux m'en ré- « pondent. Oui, c’est le ciel qui m'inspire : le dieu des Liters en personne, Neptune, a daigné m’apparaître «et ine conseiller cette entreprise. Il m’a promis un pro- « dige dont vous allez être témoins , et qui vous rendra « l'assaut plus facile que vous n’oseriez l’espérer. Comp- « tez sur ma reconnaissance : des couronnes d'or et d’au- «tres prix militaires attendent ceux d’entre vous qui « monteront les premiers sur ces murs. » Le prodige annoncé dans ce discours était la marée baissante , phénomène dout on suppose que les guerriers romains n’avaient aucune connaissance. Quand ce dernier point serait avéré, je ne consentirais pas, Messieurs, à louer Scipion d’une telle astuce; mais elle est fort préconisée par des écrivains anciens et modernes, qui r'ecoInInandent de tromper les homimnes plutôt que de les éclairer,
et qui font pouvoir, à t le moyen d de perpétue malbrurs du s'apprête à c mandait, et De ses mille cinq cents vers les ten dans la par armé mille |:
posée au car faire une soi taient que d quatrième, | mesures prise vrer : les tror cuté par les 1 Les deux mille pées, l’espace d'étendue po
sur les rempa d’autres macl balistes, ses
la porte s’ouv:
chent contre Le général ro le penchant d de se mettre siéoés dans la
n'en pouvoir
ré-
des itre prondra ) M pl'au-
airer,
CENT DIXIÈME LEÇON. 179 et qui font consister l’habileté des chefs, la science du pouvoir, à tirer parti de l'ignorance et des erreurs. C'est le moyen d'obtenir par hasard des jours de succès, et de perpétuer, durant des siècles, les égarements et les malheurs du genre humain. Quoi qu’il en soit, Scipion s'apprête à conquérir Carthage la Neuve. M y coimmandait, et ne négligeait aucun soin po ndre. De ses mille hommes de troupes réglé tint cinq cents daas la citadelle, et posta tié vers les temples de Saturne, d'Alète et ain, dans la partie orientale de la ville, Ayant ensuite armé mille habitants, il les rangea près de la porte op: posée au camp romain , avec ordre de se tenir prêts à faire une sortie au premier signal. Les Romains n’étaient que depuis trois jours devant Carthagène ; au quatrième, le camp étant déjà fortifié et toutes les mesures prises pour l'assaut, Scipion ordonna de le livrer : les trompettes l'annoncèrent, et leur son, répercuté par les montagnes, remplit la ville et les rivages. Les deux mille hommes de Magon n'étaient arinés que d’épées, l’espace eutre la villeet lecamp n’ayant point assez d'étendue pour permettre l'usage du trait. Magon range sur les remparts les archers, les frondeurs, les catapultes, d'autres machines, tandis que Scipion fait avancer ses balistes, ses mantelets, ses tours roulantes. Soudain
la porte s’ouvre, les deux mille hommes sortent et mar-
chent contre les conducteurs des machines ennemies.
Le général romain, dont les troupes sont disposées sur
le penchant d’une colline, les retient , et ne leur permet
de se mettre en mouvement que lorsqu'il voit les as-
siégés dans la plaine, assez loin de leurs murs, pour
n'en pouvoir plus recevoir de secours. Le choc ainsi
ve: ee FRA <