ls
= «= ) zu > 0 u à = OS =
retardé éclate enfin avec plus de violence. Les bourgeois le soutiennent avec un courage égal à celui des troupes réglées; ils disputent longtémps la victoire, jusqu’à ce que la supériorité des forces romaines les repousse dans l'enceinte des murs. Les assiégeants les poursuivent, et y entreraient avec eux, si le signal de la retraite n’était donné par Scipion. Ce premier combat, livré de très. grand matin, frappa la ville d'épouvante. Plusieurs bandes bourgeoises désertèrent les remparts et les touts; elles se sentaient déjà incapables de les défendre. Scipion s’aperçut de ce mouvement; il s'était posté, pour tout observer, sur la colline de Mercure, ou de Teutatès. À la vérité, quelques manuscrits de Tite-Live portent Mercurium cantati; mais il faut sans doute ou supprimer ce mot cantati ou le changer en Teutatem. Les Espagnols avaient emprunté des Gaulois le culte de ce dieu, qui paraît le même que le Thoth des Égyptiens et le Mercure des Grecs. De cette hauteur, quel qu’en soit le nom, le proconsul reconnaît que le moment est venu de tenter l'escalade par terre , et n’est point arrêté par les difficultés que présente un mur prodigieusemenñt élevé, bâti à redents, c’est-à-dire en forme de dents de scie, saillant par intervalles, et presque inaccessible, Toute l’armée romaine marche à l’assaut : Stipion y porte à la fois la prudence d’un générak*et la bravoure d’un soldat. Il est au pied de la muraille, il aide ses compagnons d'armes à dresser les échelles; mais trois écuyers l’accompagnent'et le couvrent de leurs pavois. Sa présence, ses exemples encouragent les assaillants, malgré l'énorme quantité de traits et de pierres lancés sur eux par les assiégés. En même temps Lélius fait avancer des barques chargées des guerriers de sa flotte,
riers qui € sul ne lais si périlleu blessés, et marée. bai:
plus l’eau
versaient.
de Tarrag qui épuisa fitantide « recommen de la tente côté des te seulement
JeOIS upes à ce dans sety ’était trèssieurs ous; . Scipour 'euta- > porte ou atenrt.
Îte de
qui montent à l’assaut du côté du port. Les Romains wétaient là que trop nombreux et trop ardents. Ils s'embarrassaient par leur multitude et par leur ardeur impatiente, Leur général ne comptait point sur lé succès définitif de cette attaque : il essayait l’intrépidité de ses soldats, et portait le trouble dans les rangs ennemis; il attendait l’heure qui lui devait offrir un plus sûr moyen de triomphe.
Du côté de la terre, les murs de la place avaient une telle élévation, que les plus longues échelles n’en pouvaient atteindre le sommet. 11 fallait d’ailleurs braver à la fois et les coups portés par l’ennemi que l’on attaquait corps à corps, et les traits lancés en flanc, des angles saillants de la courtine. Avant même d’être frappé, on éprouvait des éblouissements sur les derniers degrés de ces échelles, dont les plus hautes étaient les moins fermes, les plus faciles à renverser. Quelquesunes fléchissaient, et se rompaient sous le poids des guerriers qui en occupaient les divers échelons. Le proconsul ne laissa pas durer trop longtemps des manœuvres si périlleuses ; il fit sonner la retraite, transporter les blessés, et suspendre tous les travaux. Vers midi, la marée.baissa : l’étang devenait alors guéable; tout au plus l’eau allait-elle à la ceinture de ceux qui le traversaient. C’est ce que Scipion avait appris des marins de Tarragone. Mais, dé plus, il s’éleva un vent du nord qui épuisa le port, chassant les flots en haute mer. Profitantide ces circonstances, le proconsul ordonna de recommencer l'attaque au lieu même où l’on venait de la tenter; il voulait par là occuper les assiégés du côté des terres. Ensuite il détacha cinq cents hommes seulement pour escalader les murs voisins de cét étang,
mer asp
em
185 HISTOIRE ROMAINEF.
que l'écoulement des eaux avait mis à sec. « Suivons, « leur dit-il, la route que nous aplanit Neptune : je vais « vous frayer le chemin et marcher à votre tête. » En effet ils ne rencontrent aucun obstacle, et traversent l'étang sous le poids de leurs échelles. Scipion veut dresser la première, mais ses écuyers l’en empêchent. De ce côté, la muraille est basse; elle n’est ni fortifiée ni gardée. On la croit assez défendue par les eaux. Point de postes, point de machines; Magon employa toutes ses forces sur l’autre point. Les cinq cents houimes que guide Scipion se partagent : les uns, couverts de boucliers en forme de tortue, se dirigent vers la porte qui coufine à l'étang, et travaillent à l’enfoncer à coups de hache; les autres montent sur le rempart, s’en rendent maitres, courent à la porte. que leurs compagnons investissent, en rompent les barricades, et parviennent bientôt à l'ouvrir. Tandis que Scipion rejoint le gros de son armée, les cinq cents guerriers entrent dans la ville, la traversent réunis en ordre de bataille, et viennent prendre en queue les assiégés, qui la défendent vers la langue d° ‘-rre qui communique à la plaine. Là règne une ï >onfusion dans les rangs espagnols et carthaginois, qu'on ne s'aperçoit que les Romains sont dans la place que par les coups qu'ils portent et par le son éclatant de leurs trompettes. Scipion avait pourvu d’un très-grand nombré de ces instruments les cinq cents braves qui venaient de franchir les murs. Ce bruit imprévu glaça d’effroi toutes les troupes de Magon; elles ne se défendirent plus qu'avec mollesse. La porte contiguë à la terre fut brisée à son tour, et l'armée romaine entra le glaive à la main. L'usage, ou, comme on disait , le droit des généraux romains, quand
ils pren ner le :
rues, hc animaux ainsi un l’intérie les prem escorté « gène. Le les temp vers la ci faibles I lui-mêm Scipion se rendit Lélius, q habitant:
ses guerr ordinaire Polybe n rapines & un certai en chaqu la moitié bataille, toute l’e exacteme avait enl ue rien € dépouille lement, « dats de |
vons, e vais
» En ersent veut chent.
rtifiée Point toutes es que > bourte qui ips de endent ns inennent
ils prenaient d'assaut une ville ennemie, était d’ordonner le massacre de tout ce qui se montrait dans les rues, hommes et femmes, enfants même, et jusqu'aux animaux, surtout les chiens: ils voulaient imprimer ainsi une terreur profonde qui retint les habitants dans l’intérieur des maisons. Après avoir permis d’user, dans les premiers moments, de ce droit horrible, Scipion, escorté de mille guerriers, fit son entrée dans Carthagène. Les bourgeois s’enfuyaient, les uns à lorient vers les temples de Saturne et d’Alète , les autres à l’occident vers la citadelle, où déjà Magon s'était renfermé. Ni ces faibles bandes réfugiées sur des hauteurs, ni Magon lui-même n'étaient capables d’une longue résistance. Scipion marcha en personne sur la forteresse; Magon se rendit à discrétion, et fut remis entre les mains de Lélius, qui eut ordre de le bien traiter. La garnison et les habitants ayant été désarmés, le général récompensa ses guerriers eu livrant la ville au pillage. Ce mot éveille ordinairement l’idée du désordre et du tumulte; mais Polybe nous assure que les Romains procédaient à ces rapines avec beaucoup de régularité. Ils y employaient un certain nombre de soldats choisis en chaque légion, en chaque manipule; et ce nombre n’excédait jamais la moitié de l’armée. Le surplus se tenait en ordre de bataille, en dedans ou eu dehors des murs, pendant toute l’expédition.-Chacun des ravisseurs remettait exactement aux tribuns légionnaires tous les effets qu’il avait enlevés, et dont il s'était engagé par serment à ue rien détourner à son profit. On vendait toutes ces dépouilles, et le produit de la vente se partageait fidè lement, sous les yeux des tribuns, entre tous les soldats de l’armée, y compris la moitié tenue en réserve
ainsi que les malades et ceux qui avaient été commandés ailleurs pour des services militaires. Cette discipline, au sein du brigandage, est, dit-on, admirable : j'admirerais bien plus les sentiments de justice et d'humanité qui auraient entraîné à s’en abstenir, à ne pas dépouiller de malheureux et paisibles habitants de leur patrimoine ou des fruits de leurs travaux, en expiation de l'ascendant exercé sur eux par les chefs des cités ou des armées ennemies.
Quand le temps accordé pour le pillage de Carthage la Neuve fut écoulé, on conduisit les prisonniers sur la place publique, et l’on transporta en un même lieu toutes les dépouilles. Les captifs se trouvèrent au nombre de six mille, sans compter les femmes, les enfants et les esclaves. Deux vieillards et quinze sénateurs attirèrent la compassion du proconsul, qui chargea Lélius d'en prendre soin. Scipion distingua les Espagnols de naissance des Africains de la garnison. Ces derniers seuls subirent l'esclavage; les premiers, mis à part et distribués par familles, n'éprouvèrent que des traitements tolérables. Le vainqueur finit par remettre les habitants en possession de leurs maisons et de leur cité; c’est-à-dire apparemment qu’il leur permit de conserver leurs lois, leurs coutumes, sous l'empire de la république romaine, pour laquelle il leur ‘demandait de la reconnaissance et de l’amitié. Échappés , contre leur attente, à la mort et à la captivité, ils exprimèrent leur joie par des larmes et par toutes les démonstrations d’un parfait dévouement. Le corps des ouvriers n’obtint que des ménagements, et non pas les faveurs octroyées à la pure bourgeoisie. Scipion déclara que désormais ils exerceraient leur industrie, non plus à leur profit,
mais sous les
dit que ces & qu'ils reçure (Caius Fla
les partagea mes chacuné les surveiller Messieurs, c hommes de l'on doit d’és société. Il ré tude, toutefo ne resterait
sit parmi eux doubla ainsi veuait d'aug port de Cartl saux de gue
bien armés, son plus inti soixante-troi:
mes, d’airair tout ce qu’il rable, Il trou de blé, deux parait d’une cent vingt gr une plus peti deur, cinqua hble de scor pèces, avec naies de br:
ndés P,au nireanité ouilatrin de s ou
hage s sur lieu nomfants 's atélus ls de ‘niers
mais sous les ordres et au compte des Romains. Polybe dit que ces artisans étaient au nombre de deux mille; qu'ils reçurent l’ordre de se rendre chez le questeur (Caius Flaminius)) pour faire inscrire leurs noms ; qu’on les partagea en plusieurs troupes d'environ trente hommes chacune, en leur préposant des chefs qui devaient les surveiller et répondre de leur conduite, Vous voyez, Messieurs, que le jeune général, l’un des meilleurs hommes de -ce temps, était loin de sentir. combien l'on doit d’égards aux classes les plus laborieuses de la société. Il réduisait ces ouvriers à une sorte de servitude, toutefois en leur promettant la liberté dès qu'il ne resterait plus de Carthaginois en Espagne. 1l choisit parmi eux de jeunes matelots, actifs et robustes : il doubla ainsi le nombre des rameurs sur sa flotte, qu’il veuait d'augmenter de dix-huit galères prises dans le port de Carthagène. Il était arrivé avec trente-cinq vaissaux de guerre; il en avait maintenant cinqnante-trois, bien armés, bien approvisionnés, et commandés par son plus intime ami. Il saisissait de plus dans le port sixante-trois navires marchands, chargés de blé, d’armes, d’airain, de fer, de toiles, de nattes de jonc, de tout ce qu’il fallait pour équiper une flotte considérable, Il trouvait dans les greniers quarante mille muids de blé, deux cent soixante-dix mille d'orge; il s’emparait d’une grande quantité de machines de siége: cent vingt grosses catapultes;-deux cent quatre-vingtune plus petites, vingt-trois balistes de première grandeur, cinquante-deux moyennes, un nombre incalcuhble de scorpions, de traits, et d’armes de toutes espèces, avec soixante-quatorze étendards. Les monmies de bronze saisies chez les particuliers étaient
AD 9e am pt ru