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ANNALES ROMAINFS. ANNÉES 207 ET 206 AVANT 3, C — SECONDE GUERRE PUNIQUR.
Messieurs, les consuls de l’an 208 étaient Marcellus et Crispiaus. Trop longtemps retenus à Rome par des cérémonies puériles destinées à expier de prétendus prodiges, ils partirent pour leurs armées aussitôt après que le sénat eut prononcé sur les habitants de Tarente: et sur l’ancien gouverneur de cette ville, Livius Mu catus, des sentences assez peu sévères, Une grave imprudence commise par les deux collègues réunis causa leur perte : en visitant, avec un détachement de deux à trois cents hommes, une hauteur voisine de leur camp, ils tombèrent dans une embuscade qu’Annibal yavait dressée; Marcellus périt, et Crispinus, mortellement blessé, ne lui survécut pas longtemps. Les his. toriens nous ont.exposé les détails et les suites de ce désastre. Ils nous ont raconté aussi comment les artifices du général carthaginois tournèrent contre luimême à Salapie. Mais il força Cincius de lever le siège de Locres; et, malgré le succès d’une descente de Lévinus sur les côtes de l'Afrique, l'état des affaires de Rome était d'autant plus alarmant qu’Asdrubal s'avançait à travers les Gaules pour se rejoindre à son frère, Des comices présidés par un dictateur, Manlius Torquatus, élurent les consuls de l’an 207, Claudius Néron et Livius Salinator. Je vous ai indiqué les autres ma-
AIX, 19
gistrats de cette même année, et la distribution des commandements militaires, Il m'a fallu encore vous en. tretenir de prodiges, de sacrifices, de pratiques super stitieuses. Enfin pourtant l’on procéda aux enrôlements, et les consuls partirent, Néron pour la Lucanie, Livius pour la Gaule Cisalpine. Entre les avantages obtenus par le premier, vous avez remarqué le bonheur qu'il eut d’intercepter des lettres adressées par Asdrubal à son frère Annibal. Néron conçut alors le dessein presque téméraire d’aller en secret et à grandes journées se joindre à son collègue. Nous avons terminé notre dernière séance par le récit des circonstances et du plein succès de cette entreprise. La mémorable bataille du Métaure a rétabli la gloire et la puissance des armes romaines : Asdrubal a succombé, et des milliers de Carthaginois ont péri avec lui. Vous savez, Messieurs, qu'Horace a célébré ce triomphe dans les dix dernières strophes de l’une de ses plus belles ôdes, celle qui commence par le vers
Qualem ministrum fulminis alitem...
Le nom de Néron, si déshonoré depuis, y reçoit des hommages immertels :
Quid debeas, o. Roma, Neronibus, Testis Metaurum flumen, et Asdrubal Devictus.….
Annibal y déplore ses malheurs :
C’en est donc fait! dans les murs de Carthage, Non, je n’enverrai plus d’orgueilleux messagers : Asdrubal ! Asdrubal! la fortune volage
Fuit tes drapeaux et trahit ton courage!
Je reste sans espoir au milieu des dangers.
C'est le toutes
Silius It tie du « jeté auc remarqu sion.
Néror portant :
jour, il r on attent le sénat point la } ples, cou toutes les cavaliers défaite de on trouva sibilité d° nant de } nommé donnèrent qu'elle fû de peine ; le message préteur e restait infl pour la dé
1 des
xs euu pel'nents, Livius tenus qu'il abal à | pres- 1ées se re deru plein ille du armes de Carsieurs, rnières ai com-
coit des
C’est la traduction de M. Halévy; elle représente sinon toutes les idées, au moins le mouverent du texte :
Carthagini jam non ego nuntios
Mittam superbos : occidit, occidit
Spes omnis, et fortuna nostri Nominis, Asdrubale interempto.
Silius Italicus a consacré au même événement une partie du quinzième livre de son poëme; mais il n’y à jeté aucun grand trait de poésie, presque aucun vers remarquable par la pensée, le sentiment ou l’expression.
Néron, vainqueur, partit avant la fin de la nuit, emportant avec lui la tête d’Asdrubal; et, dès le sixième jour, il rentra dans son camp de Canusium. A Rome, on attendait impatiemment des nouvelles de l’armée : le sénat demeurait assemblé; les citoyens ne quittaient point la place publique; les femmes visitaient les temples, couraient d’un sanctuaire à l’autre, imploraient toutes les divinités. Le bruit se répandit enfin que deux cavaliers avaient annoncé dans le camp de Narnie la défaite des Carthaginois. On ne voulait pas y croire; on trouvait des arguments qui démontraient l’impossibiité d’un tel résultat. Un courrier se présenta, venant de Narnie, et porteur d’une lettre d’un officier nommé Lucius Manlius Acidinus. Les sénateurs ordonnèrent qu'on la leur apportât ; le peuple demandait qu’elle fût lue en comices. Le courrier eut beaucoup de peine à percer la foule; mais enfin le sénat reçut le message, et, lorsqu'il en eut pris connaissance, le préteur en fit part au peuple. L’incrédulité commune restait inflexible; il fallait des témoignages plus directs pour la désarmer. On annonça l'approche d’un messa-
mp er
péter pe svt roc et mentense rt
ger des consuls, ou, selon Tite-Live, de leurs trois envoyés; Lucius Véturius Philo, Publius Licinius Varus, et Quintus Cécilius Métellus. La multitude courut à leur rencontre jusqu’à l'endroit où a été construit depuis le pont Milvius, aujourd'hui Ponte Molle. Ceux qui apprirent les premiers que la bataille était gagnée, Asdrubal tué, les consuls sans blessures, s’empressèrent de rentrer dans la ville pour y répandre ces nouvelles de porte en porte. Les lettres des consuls, lues d’abord au sein du sénat, puis à l'assemblée des citoyens, excitèrent une allégresse générale, dont on ne savait plus modérer les transports. Les acclamations, les applaudissements redoublaient à chaque détail. En sortant du Forum, les uns coururent aux temples pour rendre aux dieux des actions de grâces, les autres à leurs maisons pour raconter à leurs femmes, à leurs enfants, de si glorieux succès. Les sénateurs décrétèrent et le préteur Hostilius indiqua trois jours de solennités religieuses. Au milieu d’un concours immense, les dames romaines, revêtues de leurs riches habits, et entourées de leurs jeunes familles, remerciaient les dieux d'un triomphe qui semblait avoir terminé la guerre. En effet, tous les biens, toutes les marchandises reprenaient déjà leurs anciennes valeurs; les contrats, les ventes, les achats, les payements, se faisaient comme en pleine paix; personne ne cachait plus son argent, et le commerce tendait à se rétablir. Vous remarquerez, Messieurs, cette vive sensibilité d’un peuple libre : il a une patrie, il vit et respire en elle; c’est lui-même que les prospérités publiques relèvent. Néron, de retour à Canusium, commença par jeter la tête d’Asdrubal devant les retranchements ennemis :
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ses repretrats, les nt comme Dn argent, remarquepeuple lielle; c’est vent.
a par jeter s ennemis :
il exposa des Africains chargés de chaînes, et en mit deux en liberté; en leur ordonnant d’instruire Annibal de ce qui s'était passé aux rives du Métaure. Accablé des coups qui frappaient son pays et sa famille, et désespérant cette fois de la fortune de Carthage, le gépéral carthaginois décampa, rassembla ses forces, qui ne pouvaient plus se disperser sans péril, les concentra dans le Bruttium, où il donna rendez-vous aux Métapontins et à tous sesalliés lucanieus; Metupontinos... et Lucanorum qui suæ ditionis erant, in Bruttium agrum traduit. C'est par ces paroles que Tite-Live termine son vingt-septième livre.
Le vingt-huitième s'ouvre par un tableau ds nouveaux succès du jeune Scipion en Espagne. Après le départ d’Asdrubal, Carthage l'avait remplacé pär Hannon, qui, arrivé d’Afrique à la tête d’une autre armée, levait encore des troupes dans la Celtibérie, mettait sur pied neuf mille hommes, et campait à peu de distance de ses collègues, Magon, autre frère d’Annibal , et As- drubal, fils de Giscon. Ces trois généraux africains occupaient l'Espagne occidentale. Scipion, qui à l’orient tenait sous sa puissance toutes les côtes de la Méditerranée, détacha contre Hannon dix mille homimes d'infanterie et cinq cents de cavalerie, tous commandés par le propréteur Silanus. A travers des défilés qu'on aurait crus impraticables, Silanus, guidé par des transfuges celtibériens, arriva près de l'ennemi ; et, apprenant qu'Hannon avait formé deux camps, l’un d'Afriains, l’autre d'Espagnoks, il résolut d'attaquer le
LU e LA ° [4 e LA L second, où le service était fort négligé. Les manipules romains défilèrent sans bruit sur la gauche, et parvinrent, sans être aperçus, à deux milles d'Hannon.
294 HISTOIREROMAINE.
Après s'être arrêtés dans un vallon couvert de bois et de montagnes, et s’y être rafraîichis durant quelques heures, ils s’avancèrent; et, à leur approche inattendue, les premiers postes ennemis poussèrent des cris d'effroi, qui retentirent dans le camp africain. Hannon et Magon accourent : ils mènent en hâte quelques bataillons au secours du camp de leurs alliés espagnols; ils y trouvent à peine quatre mille homines armés de boucliers et deux cents cavaliers; le surplus est presque sans armes. Ils rangent leurs meilleures troupes en première ligne, et ne font des autres qu’un corps de réserve. Les Romains commencent l'attaque : ils lancent leurs larges javelots; les Celtibériens se courbent pour laisser passer le fer, se relèvent ensuite, et dardent leurs propres traits, que les Romains parent de leurs boucliers. L'action se passe dans une sorte de taillis récemment coupé : les souches et les buissons empêcheat les manipules de se serrer autant qu’à l'ordinaire, mais laissent aussi moins de liberté aux évolutions des Celtibériens. Déjà la première ligne de ceux-ci est enfoncée et massacrée : la seconde, quoique des Carthäginois la renforcent, est entamée à son tour; Magon s'enfuit avec toute sa cavalerie et deux mille fantassins; Hannon, qui reste jusqu’à la fin du combat, n'en sort que prisonnier de guerre. Après dix jours de marche, Magon regagne l’armée qu’Asdrubal, fils de Giscon, commande près du détroit de Gadès. Scipion, pour micux profiter de ces succès de Silanus, court vers le coin de terre où Asdrubal s’est confiné : il le suit aux bords de l'Océan , au fond de l'Espagne. Mais Asdrubal se retire dans la Bétique pour en contenir les peuples; il partage son armée, et la répartit dans les
villes €amp d'infs mous nomn Pline, gulis In Me sita es dre le cija. À la par Moron dait pa cuvirot cius ca circonvy leur ref ques pa dirent et les ] renvers par des
bitants taient offensiv eux con
bois et uelques tendue, d’effroi, \ et Maitaillons ls; ils y de boupresque en pres de rélancent ent pour ent leurs urs bouaillis ré- 1s empêrdinaire, tions des ux-ci est des Carour; Manille fancombat, jours de al, fils de Scipion, us, court iné : il le gne. Mais ntenir les t dans les
villes. Le proconsul, qui ne voit plus d’ennemis en campagne, laisse à son frère Lucius dix mille hommes d'infanterie pour prendre des places et observer les mouvements des Carthaginoïis. L'une de ces places est nominée Aurinx ou Oringis par Tite-Live, Oningis par Pline, qui la place dans l’Andalousie, sur la rivière Singulis ou Xenil. Les manuscrits de Tite-Live portent : In Melessum , ou Messessum, ou Messensium finibus sita est. Peut-être doit-on lire Massiensium, et entendre le territoire de Massia, auquel attenait celui d'Ecija. Alors la situation d’Aurinx serait à chercher dans la partie occidentale de l’Andalousie, vers Coronil, Moron et le royaume de Séville. Aurinx se recommandait par ses richesses, par les mines d'argent que ses environs recélaient, et par leur fertilité en grains. Lucius campa près de cette ville, et, avant d’en faire la circonvallation, somma les habitants de se rendre. Sur leur refus, il traça ses lignes, et fil commencer les attaques par un tiers de ses troupes. Les assiégés se défendirent en faisant pleuvoir de leurs remparts les traits et les pierres. Dès qu’une échelle était dressée, ils la renversaient avec des fourches, ou la tiraient en haut par des crocs de fer nommés loups chez les anciens. Le lendemain, Lucius fit sortir les deux autres tiers de son armée : à l'aspect de ce grand nombre d’assaillants, les bourgeois renoncèrent à la défense de leurs murs ; la garnison, se croyant trahie, se rangea en bataille dans l’un des quartiers de la place; une troupe d’habitants ouvrit une porte et s’évada. Ces fugitifs ne portaient que leurs boucliers, ils n'avaient point d'armes offensives, Les Romains n’en fondirent pas moins sur eux comme sur des ennemis; ils en firent un carnage
po np :
horrible, qu'on a trop le droit de reprocher à Lucius. Ce capitaine entra dans la ville par la porte que les bourgeois avaient ouverte; et là, devenu plus humain, il ne mit à mort que ceux qui s'obstinèrent à garder leurs armes ; il fit prisonniers tous les Carthaginois et ‘trois cents Espagnols, en rendant aux autres leur liberté, leurs biens, leurs maisons non pillées, et leur ville. Publius Scipion applaudit à cet heureux coup d'essai de son frère Lucius, et le chargea de conduire à Rome Hannon et ce qu’on avait pris de noblesse carthaginoise. Ce surcroît de bonheur enchantait les Romains : ils voyaient le fils de Giscon resserré dans un coin de l'Espagne, comme Annibal à l'extrémité de l'Italie.
Lévinus, parti de Sicile avec uu armement considérable , n’avait eu d’abord d’autre dessein que de descendre en Afrique entre Utique et Carthage, et d’en rapporter du butin. Il revenait à Lil ybée, lorsque, arrêté par soixante-dix galères carth aginoises, il engagea un combat, où il en prit dix-sept et en subinergea quatre. La campagne étant partout achevée, le consul Livius écrivit au sénat que son armée n’avait plus d'occupation; que le préteur Porcius suffisait avec ses deux légions pour contenir les Cisalpins. Les sénateurs, à qui ces lettres furent apportées par le lieutenant général Quintus Fabius, rappela au sein de Rome et Livius et Néron, en ordonnant néanmoins au second de laisser ses troupes dans sa province. Les deux collèsues se concertèrent , par écrit, pour entrer ensemble dans Rome; le premier arrivé devait attendre l’autre. Contre toute apparence , ils avaient été constamment d'accord. Le peuple courut au-devant d'eux; le
sénat Se Bellone, phe que plus sole fices, les que Livi duquel s’ rait sur de son ai inégalité publiques « disait-0 «cheval!
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CENT QUATORNZIÈME LEÇON. 297 séuat s'assembla pour les recevoir dans le temple de Bellone, hors des murs. Ils ne demandèrent le triomphe que pour rendre aux dicux des actions de grâces plus solennelles. Après trois jours de prières et de sacrifices, les pères conscrits décidèrent , dans leur sagesse, que Livius, dans le département et sous les auspices duquel s'était livrée la bataille du Métaure , triompherait sur un char attelé de quatre chevaux, et suivi de son armée; Néron, à cheval et sans escorte. Cette inégalité n'indisposa point Néron; les acclamations publiques l’en dédommagèrent bien assez. « Le voilà, «disait-on, le véritable héros, quoiqu'il ne soit qu’à «cheval! 11 a traversé toute l'Italie, il a volé au se- «cours de son collègue, il a trompé Annibal et vaincu « Asdrubal. » Une telle ovation, depuis la porte de Rome jusqu’au Capitole, surpassait le plus magniique triomphe. Livius distribua cinquante-six as à chacun de ses soldats; Néron promit d’en distribuer autant aux siens, lorsqu'il rentrerait dans son camp. Il fut le plus célébré dans les chansons militaires de utte fête, par cela même que c'était à lui qu’elles aressaient le plus de traits satiriques.
Il est particulièrement question de Claudius Néron dans le chapitre xvis du troisième livre des discours de Machiavel sur Tite-Live, chapitre intitulé Che non si offensa uno, e poi quel medesimo si mandi in umministrazione e governo d’importanza, « Qu'on ne «doit point, après avoir offensé un citoyen , lui confier ‘un commandement ou une commission d’une haute im- «“portance. » Machiavel dit que Néron, faisant la guerre cn Espagne contre Asdrubal, l'avait, eu le serrant de près, réduit à la nécessité de combattre dans une posi-
298 HISTOIRE ROMAINF.
tion défavorable, ou à périr faute de subsistance; mais que le général carthaginois, en amusant le Ro. main par des propositions d’accommodement , réussit à sortir de ce mauvais pas; ce qui attira sur Néron les reproches, les railleries, les injures des sénateurs et des citoyens. Depuis , ils le firent consul, et il prit le parti de quitter son camp pour aller rejoindre son collègue Livius, et livrer avec lui une bataille à Asdrubal, En apprenant cette marche, Rome laissa éclater son mé. contentement; et ses alarmes ne se calmèrent (ue lorsqu'elle eut connaissance de la journée du Métare, Interrogé dans la suite sur les motifs de la ‘solution qu’il avait prise, Néron déclara qu'elle lui etait in. spirée par le besoin de recouvrer sa renommée, ou, si son entreprise échouait, de se venger ainsi de ses concitoyens, qui l’avaient jadis accablé d’outrages. Il est, Messieurs, fort peu croyable que Néron ait jamais tenu un propos si insensé : les historiens en attribuent un semblable à son collègue Livius, qui probablement n’a jamais non plus proféré de telles paroles; je vous en ai déjà fait remarquer l’invraisemblance, L'observation de Machiavel repose donc sur des données plus que suspectes. Par l'impression, dit-il, que fit une telle injure sur un Romain, dans un temps où cette république n’était pas encore corrompue, on peut juser de l'effet qu’elle produirait sur les citoyens d'un État où les vertus seraient moins en honneur. Je crois bien, Messieurs, que la ma:11,e de ne point employer ceux qu'on a blessés est « 21ia ce fort Lonne à suivre; mais l'exemple de Claudius Néron est mal choisi pour l'établir; il la contredirait plutôt ; il prouverait au moins qu’elle doit souffrir des exceptions; car, peut
être, c’es s'était at
a rendu On ne étant à R comices d titre à so la cavaler les regard icnt les f On élut } nouveau C Servilius € au premié baine, à lac fois celle d et l’armée sième, la S:
Sardaigne vint à Ro qui avaien lint les Sciz près de la Étrurie la } sans emple d'ailleurs s lière. Tite comme ch Salentins :
Titus Qui corder Tite Uilius alla
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t le Roréussit à éron les
rs et des le parti collègue ubal. En son mérent que Métarre, “solution etait in.
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nnées plus ie fit une s où cette n peut juyens d'un r, Je crois employer ne à suimal choisi prouverait , Cal, peut:
CENT QUATORZIÈME LEÇON. 299 être, c'est précisément à cause de l'offense que Néron s'était attirée, et dont il voulait effacer la tache, qu'il a rendu à sa patrie un si éminent service.
On ne conçoit guère pourquoi, les deux consuls étant à Rome, le sénat imagina de faire présider les comices d'élection par un dictateur, Néron conféra ce titre à son collègue Livius, qui choisit pour maître de la cavalerie Quintus Cécilius Métellus. Ce choix fixa ls regards et les suffrages des centuries, qui décernèint les faisceaux à ce Métellus et à Véturius Philo. On élut préteurs Marcus Cécilius Métellus, frère du nouveau consul; Mamilius Turinus, alors édile plébéien; Servilius et Tibérius Claudius Asellus. Le sort assigna au premier de ces quatre magistrats la préture urbaine, à laquelle un décret du sénat adjoignit pour cette bois celle des étrangers; au second, la Gaule Cisalpine et l'armée que Porcius venait d’y commander; au troisième, la Sicile et la flotte de Lévinus; au quatrième, la Sardaigne et une légion récemment levée. Lévinus revint à Rome, et Hostilius ramena en Italie les troupes qui avaient servi sous ses ordres en Sardaigne. On maintint les Scipions et Silanus en Espagne, Sulpicius Galba près de la Macédoine et de la Grèce. Livius prit en Étrurie la place de Térentius Varron; et Néron demeura sans emploi, apparemment parce que son entreprise, d'ailleurs si glorieuse et si heureuse, avait été irrégulière. Tite-Live nomme Quintus Claudius Flamininus, comme chargé du commandement à Tarente et chez les Salentins : il y a là sans doute quelque méprise, c'est Titus Quintius Flamininus qu'il faut dire pour accorder Tite-Live avec lui-même et avec Plutarque. Hosülius alla contenir les Campaniens dans le devoir, et
Livius, après sa dictature, remplit une mission pareille en Étrurie, où il restait, disait-on, sinon des ennemis à combattre, du moins des rebelles et des traîtres à «punir : ils avaient fourni des vivres à l'étranger et tramé des complots en sa faveur. Pendant que Livius les re. cherchait, Rome continuait de se réjouir de sa victoire sur Asdrubal, Les édiles curules, Cneéius Servilius Ce. pion et Servius Cornélius Lentulus, célébrèrent ct recommencèrent trois fois des jeux publics avec une grande pompe. Les édiles plébéiens, Mamilius Turinus et Pomponius Matho, en donnèrent aussi de très-solennels.
Les consuls, Métellus et Philo, entrèrent en charge je 15 mars de l’an de Rome 548, 23 février julien 20€, et commencèrent par payer à la superstition publique le wibut ordinaire, Encore des prodiges : à Satricum, deux serpents se glissent dans le temple de Jupiter, et la foudre frappe le temple de Matuta; même accident à Terracine, sur les quatre temples de Jupiter, de Cérès, de Salus et de Quirinus. Autour d’Antium, des inoissonneurs aperçoivent des épis ensanglantés. Près de Céré, on voit naître un porc à deux têtes et un agneau hermaphrodite. Deux soleils luisent sur les en virons d’Albe; une lumière subite éclaire au milieu d’ane nuit l'horizon de Frégelles. Ailleurs, un bœuf à parlé; l'autel de Neptune, au cirque Flaminien , a sué, Enfin une vestale laisse éteindre le feu sacré, et le grand pontife l’en punit. De nombreuses victimes rachètent les malheurs annoncés par tant de présages funestes. Lorsqu'on en vint aux affaires sérieuses , le sénat chargea les consuls de veiller au rétablissement de l’agriculture dans les cantons voisins de Rome, Les campa-
gnard été br guerre l'enne labour du pri tellus « Claudi de Cor porta ( naires vant ui n'osaie croyaie nie! Ti homma pes, à l’habile mouve
Messie exagéré atenu Q et des | ses rig nant les
Publ l'Espag:
Magon les lieux thage.
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; ennemis traîtres à ret tramé lus les resa victoire svilius Cerent ct reavec une us Turinus le très-s0-
en charge julien 20€, n publique | Satricum, Jupiter, et 1e accident ter, de Centium, des antés. Près tôtes et un sur les en
au milieu , un bœuf à nien, a sué.
Let le grand s rachètent es funestes.
> sénat char it de l’agri- Les campa-
gnards s'étaient réfugiés dans la ville; les granges avaient été brûlées ou détruites, les esclaves ruraux pris à la guerre ou entraînés à déserter, les bestiaux enlevés par l'ennemi. Le préteur Mamilius prit l’intendance des laboureurs et des colonies, quand les consuls, au retour du printemps, partirent pour se mettre à la tête, Metellus de l’armée de Néron, Philo de celle de Quintus Claudius vers Tarente. Ils se réunirent dans les champs de Consentia , où Annibal , tout affaibli qu'il était, remporta encore sur eux quelques avantages. Des légion-
. , . , Q naires envoyés au pillage s’enfuirent en tumulte de-
vant un corps de Bruttiens et de Numides. Les Romains nosaient pas forcer le camp d’Anuibal, tant ils lui croyaient de ressources dans la seule force de son génie! Tite-Live se laisse ici entraîner à rendre de grands hommages à ce général, à son ascendant sur ses tronpes, à sa constance dans l'adversité, à la souplesse ou l'habileté avec laquelle il changeait d’attitude et de mouvements, selon le besoin des circonstances. Je crois, Messieurs, qu’en tous temps et en tous lieux on à fort exagéré les talents des conquérants fameux; qu’on leur atenu compte des faveurs les plus gratuites de la fortune, et des limites qu’elle imposait elle-même et sans eux à ses rigueurs. Quoi qu'il en soit, Annibal imite maintenant les lenteurs de Fabius : il se tient sur la défensive.
Publius Scipion redoublait d'activité au sein de l'Espagne, devenue le principal théâtre de la guerre. Magon, second frère d’Annibal, avait hiverné dans les lieux qui conservaient le plus d'affection pour Carthage. F’Asdrubal fils de Giscon promettait aux Espagnols des renforts qu’il allait recevoir de l'Afrique : en attendant, il avait cinquante mille fantassins, se-
PR R RURT SNOL AI CPE RES — ——
lon Tite-Live; soixante-dix mille, selon Polybe; quatre mille cinq cents cavaliers, au dire de l’historien latin; quatre mille seulement, au rapport de l’historien grec, et trente-deux éléphants. Appien compte trente-six de ces animaux, et réduit la cavalerie à quinze cents hommes. Toujours, vous le voyez, toujours des variantes dans les chiffres. Le chef de ces troupes vint camper à Silpia ou à Élinge, nom qu'on ne peut plus attacher à aucun point géographique. On conjecture, saas trop de fondement, qu’il s’agit d'une place qui confinerait à l’Estramadure, non loin de Cordoue. Des cavaliers numides survinrent, conduits par Masioissa, avec qui Magou et Asdrubal entreprirent le siége d’une ville que l’histoire ne nomme pas. Publius Scipion, informé à Tarragone de ces mouvements et de ce grand nombre des troupes ennemies, sentit le besoin de renforcer les siennes : il députa Silanus à un prince allié, Colichas ou Colcas, qui régnait on ne sait sur quel pays, maïs qui tenait vingt-huit villes sous sa domination; celui-ci fournit trois mille hommes de piedet cinq cents chevaux. Scipion les reçoit, part de Tarragone, obtient sur sa route d’autres secours, et ne rassemble pourtant que quarante-cinq mille hommes, tant fantassins que cavaliers..Au bruit de sa marche, les Carthaginois levèrent le siége qu’ils avaient commencé, et vinrent camper près de la ville de Bécula, sur les confins de la Bétique. Scipion s’avance, passe Castulon, traverse la province des Orétans, paraît en présence de l'ennemi, et se dispose à camper dans une plaine terminée par une colline, derrière laquelle il laisse la plus grande partie de sa cavalerie. Persuadés qu’ii n'en a point d'autre que celle qu’il montre dans la plaine,
les génc ses prép:
des cava qué, et.
seurs, at maaipuli ralent , n à sauter presteme cavaliers.
unissent , camp. Sci Un premi rage de se Africains.
de part et en bataille Asdrubal en sortait servé la d toujours
en avant,
sant croire nérale, Il pas tardé des provind
be; quahistorien e l’histo-
| compte valerie à yez, touf de ces om qu'on rique. On git d'une 1 loin de , conduits entreprimme pas.
es MOouveennemies, députa Siqui régnait huit villes le hommes oit, part de purs, et ne e hommes, arche, les ommencé, sur les con- Castulon, présence une plaine il laisse la squ'iinen s la plaine,
les généraux africains envoient Ja leur pour troubler ses préparatifs de campement, Mais à l'instant le corps des cavaliers romains s’élance du lieu où il est embusqué, et son apparition soudaine fait reculer les agresseurs , attaqués en même temps et poursuivis par les manipules et par les pionniers. Les Carthaginois admiraient , non sans effroi, l’adresse des guerriers de Rome à sauter de cheval, à y remonter, à se transformer si prestement de cavaliers en fantassins, de fantassins en cavaliers. Voilà donc les escadrons ennemis qui se désunissent, qui fuient à droite, à gauche, ou vers leur camp. Scipion fortifie le sien, et en élève les remparts, Un premier combat, d’un si bon augure, ranime le cours rage de ses troupes, sans amortir pourtant l’ardeur des Africains. Quelques jours se passent en escarmouches : de part et d’autre on sort des tentes, ct l’on se range en bataille, mais à peu de distance des retranchements, Asdrubal paraissait le premier dans la plaine; Scipion en sortait le dernier, après avoir chaque fois bien ohservé la disposition des lignes ennemies. Elles étaient toujours rangées dans le même ordre, les Carthaginois au centre, les Espagnols aux deux ailes, les éléphants en avant. Publius affectait de placer de même aux deux ailes les Espagnols, et au milieu ses légions, trompant ainsi Asdrubal et les Romains eux-mêmes, et leur laissant croire qu’il engagerait dans cet ordre-là l’action générale. Il ne la fit pas longtemps attendre; car il n’eût pas tardé à manquer de vivres, dans un pays éloigné des provinces les plus dévouées au parti de Rome. Avant le lever du soleil, il ordonne des sacrifices, et, s’élanant du pied des autels, il s’écrie, avec l'air et l’accent de l'enthousiasme : « Je vais obéir aux ordres du ciel ;
à devoir; et, Si jusqu'à ce jour la victoire «m'a été fidèle, c'est parce que je l'ai été moi-même « à l'inspiration. » À ces mots, On 5€ persuade que les dieux viennent de lui révéler le succès de la bataille ui va se livrer. Pour fortifier une prévention si favorable, il se fait apporter par les aruspices les entrailles des victimes, €t ÿ découvre tous Îles présages qui lui Ft conviennent. Des oiseaux, en cet instant, traversent les D airs. « Voyez-Vous; dit-il, ces messagers ailés que le
«ciel me députe pour m'assurer de sa protection ? » Il « de la divinité qui l'a-
dit; et, comme pour se délivre
gite, magnum si pectore possit excussisse deum, \
aigus, tourne sur un pied; les yeux
fixés au firmament, et imite, par Îles mouvements de
tous Ses membres, les contorsions des prophétesses.
Ses soldats 5e mettent à tournoÿcr et à se débattre comme lui; on dirait qu'il est le chef d’une armée de |
convulsionnaires. Sûrs de marcher à la victoire, ik sont impatients de fondre sur la pr leur ont livrée; et le proconsul se C bler leur ardeur, en fcignant de la mod sieurs, beaucoup Joué ces artifices : « «haute politique et la stratégie transcendentale. » Je nt reviens pas sur Une question que nous avons déjà plis d’une fois coulevée : celle de savoir si l'erreur; la superstition, la crédulité grossière peuvent jamais être utiles, et si les succès éphémères que le mensonge obtient par hasard compensent les fléaux profonds dont il accable le genre humain. Quoi qu'il en soit, Pt avoir exalté l'imagination de ses guerriers, de leur faire prendre une plus forte et plu de peur que la faim, |
« c'est moi
pousse des cris
oie que les dieux omplaît à redouérer. On a, Mes- Voilà, dit-on, li
crut à prop” s solide noul-
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mûme n leurs ân Ce jo et CNVo; l'ennemi drubal attendre léger re déjà ran Espagne l'un à Pl:
Marcius consul | ses Cava les avai par les i prescriv de lautr tance e milice | tendre | manipu à la poir auraien!
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victoire
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blius, apr
crut à propos solide nourle et l’extas
CENT QUATORZIÈME LEÇON. 30h
même n'affaiblissent la vigueur de leurs corps et de leurs âmes.
Ce jour-là, il se montra le premier dans la plaine, et envoya des cavaliers, des troupes légères insulter l'ennemi, encore enfermé dans les retranchements. Asdrubal crut son honneur intéressé à ne pas se faire attendre; et, sans laisser à son armée le temps du plus léger repas, il la rangea en bataille. Scipion avait déjà rangé la sienne, mais dans un ordre nouveau : les Espagnols au centre; les légions divisées en deux corps, l'un à l'aile gauche, sous la conduite de Silanus et de Marcius , l’autre à l'aile droite, commandé par le proconsul lui-même. À mesure que ses troupes légères et ses cavaliers revenaient de l’escarmouche à laquelle il les avait employés, il les faisait rentrer dans les lignes par les intervalles qui séparaient les manipules, en leur prescrivant de se porter ensuite à la pointe de l’une et de l’autre aile. Quand il n’y eut plus qu'un stade de distance entre les deux armées, il ordonna d’abord à la milice légère et à la cavalerie de l'aile gauche de s’étendre pour attaquer en flanc les Carthaginois; aux manipules de l'aile droite, d’envelopper aussi l’enneini ; à la pointe droite, de remplir les videsque les nanipules auraient laissés. Par un second ordre, les légionnaires des deux ailes furent avertis de s’avancer à grands pas, et au coutraire les Espaguols du centre de ne marcher qu'à pas lents. Le général voulut de plus que la première ligne de son corps de bataille ne fût pas droite, mais formât des angles saillants et admit des coupures. En résultat, l'armée romaine offrait la figure d’une double équerre; de telle sorte que les deux ailes composées de légionnaires eussent à combattre les, Espagnols des AIX. 20
deux ailes ennemies, et que les Africains formant le centre d’Asdrubal demeurassent dans l’inaction, parce que la crainte d’être enveloppés et serrés en flanc par les deux ailes du proconsul les empêcherait de s’avancer jusqu'aux Espagnols du parti romain. Une der: nière précaution de Publius fut de retarder l’engag
ment au delà de deux heures après midi : il savait qu'Asdrubal n'avait fait prendre aucune nourriture à ses soldats, et il lui convenait de les tenir à jeun le plus longtemps possible. Enfin l’action commença par les mouvements des extrémités de l’une et de l’autre aile des Romains, et par le désordre des éléphants placés à l'avant-garde carthaginoise. Les légionnaires fondirent l'épée à la main sur les Espagnols des deux ailes d'Asdrubal, et en firent un carnage horrible; puis s'élancèrent sur le centre africain, et y trouvèrent unc résistance longtemps invincible. Déjà ce rude combat éclaircissait les rangs des Romains, inférieurs en nombre. On dit que Scipion sauta de cheval, saisit un bouclier, et, armé d’un glaive, se porta au milieu d’un bataillon ennemi, en s’écriant : « Romains, suivez et «sauvez votre général! » qu’enflammés par ces paroles, les légionnaires poussèrent un grand cri, pénétrèrent dans les rangs où leur proconsul s’était enfoncé , et massacrèrent des milliers de Carthaginois, épuisés de fatigues et d’abstinence à la fin d’une si laborieuse journée; que ceux de ces Africains qui échappaient au carnage retrouvaient à peine la force de regagner leur camp; qu'ils n'auraient pu yÿ rentrer ni surtout le défendre sans un violent orage, qui empèêcha les vainqueurs de les poursuivre. Scipion rentra donc dans ses retranchements, S’était-il en effet élancé le premier au fort de
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CENT QUATORZIÈME LEÇON. 30 la mêlée, en simple soldat ? Appien seul l’affirme; le U lence de Tite-Live, de Polyhe, de tous les RE his. toriens, permet d'en douter. | Asdrubal prévoyait que, dès le matin du jour suivant les Romains voudraient achever leur victoire : « Ils vie : «dront, disait-il, escalader le camp ; la superstition se de «a pu les en détourner pendant un orage qui leur Fi ; «blaitun avertissement du ciel. » Le général africain ss ploya donc la nuit à se prémunir contre une ns Des vallons voisins on apporta des pierres | c F ss virent à élargir et à fortifier Îles dt Mie nouveaux ouvrages ne rassuraient point une Rare vaincus, Les désertions commencèrent et se multiplié pu dès cette nuit même. Ce qui restait d'Espagnols s'évadait par troupes; Attane, roitelet turdétan, do nait l'exemple de la défection, et débauchatt . Re nombre de ses compatriotes. Asdrubal, dos :
ces trahisons , et apprenant d’ailleurs que les villes a sines de Bécula se donnaient déjà aux Romains ot de quitter avant le jour un poste qu'il ne ju eait l tenable, Scipion s’y présenta dès l'aurore, et oi personne : sa cavalerie, mise aussitôt par lui à la vs suite des fuyards, n’eût pas manqué de les nes : si, sur la foi de ses guides, elle n'eût pris un Fr qui devait être plus court. Elle arriva aux bords du Bétis , pour en disputer le passage aux Cartha Fe : mais Asdrubal ne se hasarda point à traverser nr en présence d’un ennemi formidable ; il se dirigea “ l'Océan, et s’éloigna ainsi des légions romaines. Ce . dant les cavaliers et la milice légère du as poursuivaient toujours les Africains, les altaquaioné tantôt en queue, tantôt en flanc, les fatiguaient , et re-
tardaient leur marche; en sorte que Scipion eut le temps d'arriver avec le gros de ses troupes. Le combat ou plutôt la boucherie laissa presque sans ressources les trois généraux de Carthage, Asdrubal, Magon et Masinissa; il ne leur restait que six mille hommes, la plupart désarmés. Ils gagnèrent précipitamment le sommet d’un mont, et s’y fortifièrent sans peine : l’embarras était d’y subsister. Asdrubal s’embarqua sur des vaisseaux prêts à partir d’un port voisin, et, se transportant à Gadès, renvoya de là ses navires à Magon, qui s'évada non moins lâchement. Masinissa seul s'arma de constance, demeura sur la montagne, et y défendit le mieux qu’il put les misérables débris des forces carthaginoises. Peut-être commença-t-il alors à se dégoûter de ses alliés, qui l’abandonnaient sur un rocher, en proie à la disette et aux vainqueurs. Scipion, lorsqu'il sut l'évasion nocturne de Magon et d’Asdrubal, reconnut qu’il suffisait que Silanus, à la tête d’un détachement, continuât d'investir la montagne, et repartit lui-même pour Tarragone. Tandis qu’il recueillait sur son passage les plus doux témoignages de l'affection des peuples, Silanus eut un entretien secret avec Masinissa. On ne connaît pas d’une manière assez précise les conditions de l’engagement contracté par ce prince numide avec les Romains; mais, depuis, ils’y montra constamment fidèle. Les trou: pes qu'il commandait sur ce mont obtinrent la liberté de se disperser, et de se répandre en divers cantons de l'Espagne; pour lui, il regagna l'Afrique, et s’occupa d’arrangements convenables au nouveau parti qu'il avait résolu d'embrasser. De son côté, Publius Scipion envoya son frère Lucius à Rome, pour annon-
cer « péni dès 1 conq sour' aupr sur le que | d’un par le Neuv qui p
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un entrepas d’une Lgagement Romains; . Les troula liberté
veau parti é, Publius
pur annot-
CENT QUATORZIÈME LECON. 309 cer que la guerre d’Espagne et la conquête de cet péninsule étaient achevées. Quelques esprits conçurent dès lors l’idée d'employer un si habile et si heureux conquérant à une descente en Afrique; et ce projet lui sourit si fort à lui-même, qu’il entama des négociations auprès des rois voisins de Carthage. Syphax régnait sur les Massésyliens, qui n'étaient séparés de l'Espagne que par un court trajet de mer. Leurs côtes, bornées d’un côté par la Numidie proprement dite, de l’autre par là Mauritanie Tingitane, regardaient Carthage la Neuve. Scipion dépêche à Syphax l'agent le plus sûr qui puisse être chargé de cette mission délicate : c’est Lélius, l’intime ami du proconsul. Télius se fait écouter, il persuade; et, si rien ne se conclut encore, Syphax comprend du moins que les affaires d’Annibal sont presque désespérées en Italie, et celles du fils de Giscon ruinées en Espagne; il se déclare disposé à traiter directement avec le proconsul, et à le recevoir honorablement dans son royaume. Carthage, informéo de cette négociation, se hâte à son tour d'envoyer des ambassadeurs à ce roi numide; et, pendant qu'ils séjournent à sa cour, Scipion prend la résolution de s'y rendre en personne. C’est courir les risques de la traversée; c’est mettre sa vie et sa liberté à la merci d'un prince barbare. Il nimporte, Scipion a bravé bien d’autres périls; il laisse à Tarragone Marcius, chargé de veiller sur les provinces en deçà de l'Ébre; il établit Silanus à Carthage la Neuve, et s’embarque au port de cette ville avec Lélius sur deux quinquérèmes équipées pour voguer et à la rame et à la voile. Déjà les vents et les rameurs l’ont conduit à la vue des côtes africaines, quand ses deux vaisseaux sont aper-
çus d’Asdrubal, qui de Gadès vient de gagner la capitale de Syphax, et d'y mettre sept trirèmes à l'ancre dans le port. Les Carthaginoïis se préparent au combat, rangent leurs rameurs, rassemblent leurs milices, lèvent les ancres. Durant ces mouvements tumultueux, les deux galères de Scipion règlent les leurs, et sont poussées par un vent favorable dans le port, où la protection du roi les garantit de toute attaque, Publius Scipion et le fils de Giscon débarquent presqueen même temps, et sont conduits ensemble au palais de Syphax.
Un jeu de la fortune réunissait aiusi à la cour de ce petit roi deux généraux qui représentaient deux républiques rivales et puissantes, briguant l’une et l’autre son alliance. Il joua d’abord auprès d’eux le rôle de médiateur, leur offrit à tous deux une honorable hospitalité, les logea sous le même toit, en des appartements voisins, leur proposa enfin une conférence qui tendrait à les récouilisr, . à pacifier les deux peuples. Scipion s’en excusa, disant que, d’une part, il n'avait jamais eu d’inimitié personnelle contre Asdrubal, et, de l’autre, qu’il n’était point chargé de traiter avec Carthage. Mais il ne refusa point de prendre place à la table de Syphax, à côté du fils de Giscon etsur le même lit. Dans ce festin, l'esprit, les grâces, l’urbanité de Scipion, rendirent sa supériorité si sensible, qu'on prétend qu’Asdrubal même la reconnut, et s’écria : « Quel homme que ce Romain! Invincible à ta- « ble comme à la tête de l’armée, qu’on l'ait à côte de « soi ou vis-à-vis , il faut toujours lui céder. » Le Carthaginoïis eut assez de pénétration pour prévoir que Scipion , par son affabilité, sa modération , son adresse,
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1férence es deux part, il Asdrue traiter prendre e Giscon grâces, si sensinnut, el ible à taà côté de Le Carvoir que adresse,
CENT QUATORZIÈME LEÇON. di1 allait attacher les Numides au parti de Rome, Syphax, en cffet, traita secrètement avec le proconsul , et lui prodigua des hommages publics. Pour le préserver du péril d’être attaqué sur mer par les sept trirèmes carthaginoises , il amusa et retint Asdrubal en Afrique jusqu'au débarquement de Scipion en Espagne. Les deux quinquérèmes n’eurent à résister qu’à une tempête de quelques heures, et rentrèrent sans dommage au port de Carthage la Neuve.
Publius retrouvait l'Espagne aussi tranquille, aussi soumise qu’il l’avait laissée. 11 ne restait qu’à punir deux villes rebelles, Illiturgis, qui, après la mort des deux premiers Scipions, avait massacré ou livré les Romains réfugiés dans ses murs; Castulon, qui s'était donnée aux ennemis. Deux corps d'armée marchèrent contre ces deux places : Marcius assiégea Castulon; le proconsul, en cinq jours, arriva sous Illiturgis,et, après avoir harangué ses soldats, les divisa en deux troupes l'une sous ses propres ordres, l’autre sous la conduite de Lélius. Les habitants se défendirent en désespérés : tous coururent aux remparts; leurs femmes leur apportaient des pierres, et leurs enfants des traits. Plusieurs jours de suite, les Romains tentèrent vainement l'escalade ; et Scipion s’indignait de se voir arrêté par une seule ville dans le cours de ses triomphes. Il prend une échelle, la dresse contre le mur, et monte à l’assaut; mais il est atteint d’un trait entre la tête et l’épaule, et il le faut remporter dans sa tente, Lélius continue l'assaut ; ses discours animent toutes les cohortes; bientôt les remparts sont envahis, et la citadelle va céder aux efforts opiniâtres des assiégeants. Elle semblait inabordable, et l'on avait cru qu'une fai-
312 HISTOIRE ROMAINF.
ble garnison suflirait pour la défendre. Située sur une roche escarpée et taillée à pic, elle dépassait la hauteur de toutes les échelles, et défiait tous les genres d'escalade. Des déserteurs africains, passés de l’armée d’Asdrubal dans celle des Romains, attachèrent au rocher de gros clous et des crampons de fer. A l’aide de ces instruments, les premiers montés donnaient les mains aux autres, les derniers poussaient et soutenaient leurs camarades : à force d’agilité, ils grimpèrent jusqu’au sommet de la forteresse. Ni là, ni dans la ville, 1 n’y eut aucun pillage : tout fut mis à feu et à sang. Le fer moissonna la population entière, hommes, femmes et enfants; le feu dévora les maisons; et il ne resta que des ruines de cette grande cité.
Castulon ne subit point un sort Aussi rigoureu: : tes habitants se divisèrent; et, quoiqu'ils fussent defendus par une garnison carthaginoise que commandait Himilcon, leur chef et particulièrement Cerdubelle les disposèrent à se rendre. Himilcon lui-même capitula secrètement avec les Romains, et obtint d'eux pour les bourgeois, qui n’en étaient pas prévenus, un traitement moins sévère, Marcius et quelques autres lieutenants parcoururent des provinces pour achever de les soumettre. L'armée de Marcius passa le Bétis, prit possession de deux cités opulentes qui ne sont point nonmées, et delà se présenta devant Astapa, aujourd'hui Estepa, sur les confins du royaume de Grenade et de l’'Andalousie. C'était une ville dévouée à Carthage , et à laquelle Rome avait à reprocher des brigandages, des piéges dressés aux marchands et aux pourvoyeurs. Du reste, elle manquait de fortifications, soit naturelles, soit artificielles : les habitants, désespérés, apportèrent
leurs mer can sur
lemmes, bles. En leur diren crir, Si ; «le fer el «et de la ble sern vent leur mains ne détache de ent pas « npules s'a opniâtre, phent de k malheureu échappe ut et leurs fen lammes , cinquante avides sold déposés so rés ou attei ment et la places, Ra ne restait avec Mago
Scipion
honorer le précurseur lit vœu d
armée au roide de nt les naient nt jusà ville, à sang.
femmes e resta
ureui :
ent démmanit Ceri-même nt d'eux nus, un 8 autres achever le Bétis, ont point ourd’hui
ide et de
age ; et à ages , des eurs. Du aturelles, portèrent
leurs meubles sur la place publique, en firent un moncan sur lequel ils placèrent leurs enfants et leurs femmes, et qu'ils environnèrent de matières combustibles. En confiant ce dépôt à cinquante d’entre eux, ils leur dirent: « Nous allons vaincre les Romains, ou pé- «rir, Si nous sommes vaincus, promettez-nous que «le fer et le feu préserveront nos familles de l’infamie cet de la captivité. » Les cinquante prêtèrent ce terble serment. Ces mesures prises, les Astapans ouvent leurs portes, et vont livrer un combat ; les Romains ne s'attendaient pas à cette sortie. Marcius détache des cavaliers et des troupes légères, qui ne tiennent pas devant des forcenés prêts à mourir. Des manipules s'avancent, et trouvent encore une résistance opiniâtre, jusqu’à ce qu’enfin la force et l’art triom-
‘phent de la fureur. Il se fait un affreux carnage de ces malheureux Astapans ,qui sont exterminés sans qu’il en échappe un seul. Lorsqu'ils ont tous péri, leurs enfants ct leurs femmes se laissent égorger et consumer par les lammes , où se précipitent , après tant de victimes, les cinquante exécuteurs qui les ont immolées. Les plus avides soldats romains qui cherchèrent l'or et l'argent déposés sous l’amas des meubles incendiés, furent dévors ou atteints par le feu. Mais, après ce tragique événement et la soumission plus paisible de quelques autres places, Rome se vit en possession de toute l'Espagne : ne restait à Carthage que Gadès, où séjournait encore, avec Magon , Masinissa, déjà Romain au fond du cœur.
Scipion, de retour à Carthage la Neuve, voulut y honorer les mânes de son père et de son oncle, les précurseurs de ses conquêtes ct de sa gloire. Il avait
hit vœu de célébrer, en mémoire de leurs exploits im-
mortels, un combat de gladiateurs; et, au lieu d’esclaves ou de mercenaires, il se présenta des braves pour
donner ce spectacle à l’armée victorieuse. Les roite. lets du voisinage y envoyèrent quelques-uns de leurs sujets, afin d'exposer aux regards la vigueur et l’adresse des Espagnols. 1] se rencontra, dit-on, des hommes qui saisirent cette occasion de terminer par des ducls publics leurs querelles où inimitiés personnelles. On cite deux cousins germains qui se disputaient la principauté de la ville de Lacibis ou Ibis, vers le lieu où est à présent Torre de la Cevada, en Andalousie. Ces deux rivaux s’appelaient Corbis et Orsua. Le père de ce dernier n'avait régné qu'après la mort de son frèr: aîné, père de Corbis, qui en conséquence prétendait rentrer dans ses droits, rouverts par le décès de son oncle. Le proconsul s’efforça vainement de les concilier; l'aurait eu pourtant le pouvoir de juger une si petite cause. Ils s’obstinèrent à vouloir que le dieu Mars la décidât ; et Corbis, plus âgé, plus expert, mit son jeune et fougueux rival hors de combat.
Cependant, si nous en croyons Appien, Magon osait encore se mettre en campagne à la tête d’un petit corps de mercenaires celtibériens. Poursuivi par Marcius, il en perdit quinze cents, vit le reste se dissiper, et chercha son salut dans la fuite, Un Hannon, qui n'est point à confondre avec les généraux du même nom dont nous avons parlé, se retrancha sur une hauteur, y fut investi de toutes parts ; et ses troupes, pressées par la famine, demandèrent à capituler. Elles envoyérent des députés à Marcius, qui, avant de rien accorder, exigea qu'on lui livrât Hannon et tous les transfuges, ct qu'on remit en liberté les prisonniers de
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