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ANNALES ROMAINES. ANNÉES 205 ET 204 AVANT J. C. — SECONDE GUERRE PUNIQUE.
Messieurs, la défaite des Ilergètes révoltés , un nouveau pardon accordé à leurs roitelets Mandonius et Indibilis, un entretien avec Masinissa, ct un traité secret conclu avec ce prince numide, sont les derniers actes du proconsulat de Scipion en Espagne. Magon, l’un des frères d’Annibal, quittait cette péninsule, en signalant son départ par des violences et des infidélités nouvelles. Rome rappelait dans son sein Scipion, dont les grands enviaient la gloire, mais dont les services trouvaient leur récompense, à défaut du triomphe, dans les suffrages du peuple. Investi avec Eicinius Crassus Divès de la puissance consulaire, il en prit possession le 13 février julien 20. Il n'obtint pas les inoyens d'exécuter son projet de descente en Afrique; le vieux Fabius s’y opposa. On envoya Scipion en Sicile. Il partit avec des forces que plusieurs cités s'étaient à l'envi empressées d'accroître, en même temps que Magon, débarqué de Minorque à Gênes, sollicitait les secours des Liguriens et des Gaulois Cisalpins. En Sicile, le jeune consul disciplina sa troupe, et parvint à se former une garde de trois cents cavaliers d'élite, chargée par lui de ravager les côtes africaines. Félius reçut à Hippone la visite de Masinissa, dont, à cette occasion, je vous ai raconté les aventures personnelles, d’après des traditions suspectes au moins
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de quelque exagération. Les malheurs de ce roi détrôné le disposaient à s’allier aux Romains. Notre dernière séance s’est terminée par le récit de la prise de Locres, et des excès qu’y commit le propréteur Pléminius; je vous ai prévenus qu’on reprocherait un jour à Scipion de ne les avoir pas réprimés.
Ce général n'avait point renoncé à son projet d'expédition contre Carthage : il espérait qu’au moins il lui serait permis de l'entreprendre l’année suivante, après son consulat. Il'sy préparait par des exercices militaires, par des constructions de machines; et, pour remplir les loisirs que ces occupations lui laissaient, il cultivait son esprit en étudiant les livres grecs, fort répandus alors en Sicile. Il apprit que, depuis son départ de l'Espagne, Indibilis et Mandonius y avaient excité de nouveaux troubles; qu'ils s'étaient révoltés contre les procousuls Lentulus et Acidinus. Les deux rois assuraient que Rome épuisée n'avait plus que Sei-
pion à opposer à Annibal, et que l'Espagne, délivrée
des Carthaginois par les Romains, pourrait, quand elle le voudrait, s'affranchir du joug de ces Romains eux-mêmes. Ces discours séduisaient les Tlergètes, les Lacétans, les Ausétans, d'autres peuplades voisines. fodibilis rassembla une armée de trente mille hommes d'infanterie et quatre mille de cavalerie, et donna rendez-vous aux coufédérés dans le pays des Sédétans, encore fidèles à Rome. Les deux proconsuls, indigne: du mépris qu'on leur témoignait, unirent leurs forces, et les tournèrent contre les révoltés, Entrés d'abord dans le territoire des Ausétans, ils sy couduisirent avec une modération qu'ils croyaient propre à rame-
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putés aux deux roitelets, pour les inviter à la paix. La réponse à ce message consista daus l'envoi d'un détachement espagnol contre des fourrageurs romains : un léger combat de cavalerie servit de prélude à une guerre. Dès le lendemain, toute l'armée rebelle se disposa en bon ordre, à mille pas du camp des proconsuls : les Ausétaus au centre, les Ilergètes à l’aile droite, les troupes des autres peuples à la gauche, et vers le milieu un grand intervalle qui donnerait un passage libre à la cavalerie, Les Romains avaient ménagé de pareilles issues à leurs escadrons, Le tribun qui les commandait reçut de Lentulus l'ordre de fondre à bride abattue sur les cavaliers enneinis dès qu'ils se montreraient, Le choc commença par l'infanterie, et courageusement des deux parts, Les Ilergètes. se distinguèrent : ils pressèrent si vivement la douzième légion, postée à l'aile gauche romaine, qu'ils allaient l’enfoncer, si Lentulus, en faisant avancer la treizième, n'eût rétabli l'équilibre, Après cette manœuvre , le proconsul rejoignit sou collègue , et les cavaliers romains s'élancèrent par les intervalles sur armée ennemie. Les Espagnols, débandés, se portèrent dans l’espace que leurs chefs avaient laissé vide, et fer:mbrent ainsi le passage à la cavalerie qui accourait pour les secourir. Les légions, encouragées par leurs deux généraux, profitaient de ce désordre, lorsque Indibilis et, à son exemple, tous ses cavaliers mirent pied à terre, et combaitirent eomme fantassins en désespérés. Un javelot perça Fndibilis; ceux qui Pentouraient se firent massacrer sur ia place, et ne lui survéenrent que fort peu d'instants. La déroute des Espagnols devint générale; il en périt treize mille, outre huit cents prisonniers;
leur camp fut envahi et pillé. Les vainqueurs n’avaient perdu que deux cents guerriers de leur aile gauche. Ce qui restait des vaincus se dispersa dans les campagnes, se réfugia en des bourgades. Mandonius les rassembla, et tint conseil avec eux sur le parti à prendre; il les trouva peu disposés à courir d’autres périls. Ils se plaignirent amèrement des promoteurs de ieur défection, et résolurent d'envoyer aux proccnsuls des députés qui imploreraient leur clémence, qui ne demanderaient que la vice sauve et la liberté individuelle. Ils consentaient à déposer les armes, et à ne les reprendre que par ordre de la république, leur souveraine.
Les proconsuls exigèrent qu’on leur hivrât Mandonius vivant et ses principaux complices : autremer: campagnes allaient être dévastées et incendrée: Les
HISTOIRE ROMAINKE.
confédérés n’hésitèrent point à saisir Mandonius e{ ss chefs de la sédition :
sûre garde au camp romain. Ce qu’ils devinrent, l’his-
ils les envoyèrent sous bonne et
toire ne nous l’apprend pas : on peut croire qu’ils ont été transférés à Rome. Mais les Espagnols désarmés demeurèrent obligés de payer une double soide à leurs vainqueurs, de fourni: à chaque soldat un corset, une saie, du blé pour six mois; et les trente peuples révoltés, de livrer des otages.
Ces nouvelles consolaient Scipion de celles qu'il recevait en même temps de l'Italie méridionale. Son collègue Crassus y avait fait une campagne malheureuse; K peste continuait de régner en ce pays au mois de novembre, et l'époque des élections allait arriver. Crassus n’était point en état de se transporter à Rome pour y présider les centuries. Il proposa au sénat de rappeler du Bruttium les troupes affaiblies de Cécilius Mc-
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CENT SRIZIÈME LEÇON. 36r
tellus, et de trouver bon que ce proconsul fût nommé dictateur pour tenir les comices. Les pères conscrits y consentirent: mais la superstition prescrivitauparavant d'autres soins : les quindécemvirs déclarèrent avoir lu dans les livres sibyllins que, si jamais un étranger vesait porter la guerre en Italie, on ne pourrait l'en chasser qu’en faisant venir de l’Asie une divinité étrangère. Ils ajoutaient que les livres sacrés désignaient expressément la déesse Cybèle et la ville de Pessinonte. C’était une cité limitrophe entre la Galatie et la Phrygie, et représentée aujourd’hui par le bourg de Possène on de Balahissar en Anatolie. Cybèle est qualifiée par Lucrèce la mère des dieux et des bêtes sauvages,
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Elle semble correspondre à l'Isis des Égyptiens, Elle porte différents noms, par exemple ceux d’Ops, de Rhéa, de Tellus, de Bérécynthia, de Dindymène, de Mère Idéenne. Les mythographes la peignent sous la figure d’une femme couronnée de tours; ils la placent quelquefois sur un char traîné par des lions. Ils lui donnent pour époux tantôt Cœlus, tantôt Saturne. Plusieurs traits de ses légendes conviendraient plus ou moins à d’autres déités féminines, telles que Tunon, Cérès, Proserpine, la Lune, Hécate, Vesta, Téthys, Belione, Minerve et Vénus. Ceux qui cherchent dans l’andenne mythologie un système métaphysique ou cosmogonique font de Cybèle le principe passif dont [l'union avec le principe actif produit le cosmos ou le aonde. D'autres rapprochent son histoire de celle d'une princesse phrygienne, fille du roi Méon et de Dindyme, exposée sur le mout Cybèle, nourrie par
36a HISTOIRE ROMAINE.
une lionne, élevée par des bergères, aimée d’Atys, puis d’Apollon, et morte dans une contrée septentriouale où elle avait suivi ce dieu. Les Phrygiens lui ont depuis décerné les honneursdivins, et consacré un temple à Pessinonte. C'était à ces conditions qu'ils se délivraient d'une horrible peste; un oracle leur avait prescrit ce remède. Je supprime les détails fort variables des aventures d’Atys, premier aimant de Cybèle, J'écarte l’opuscule de Lucien sur la déesse syrienne, et sur Combabus son serviteur. Il nous suffit d’avoir reconnu qu’une Cybèle était adorée en Syrie et en Phrygie; qu’elle avait un temple et une statue à Pessinonte., Les Romains voulurent, en 205, enrichir leur ville de ce simulacre, ainsi qu’ils avaient introduit Esculape dans leurs murs en 29r. Dès que les prêtres sibyllins eurent divilgué l’oracle qu'ils disaient avoir trouvé dans leurs livres, il parut certain qu’Annibal était l'étranger désigné en ce texte prophétique, et l’on n’hésita point à prendre les mesures convenables pour se mettre en possession de la déesse étrangère. On 5} déterminait avec d’autant plus d’empressement que des orages et des grêles désolaient toutes les campagnes. Tite-Live parle de ces grêles comme des pluies de pierres : Crebrius eo anno de cælo lapidatum. Pouvait-on se passer d’une nouvelle protectrice ? D'ail. leurs les députés qui étaient allés offrir une couronne d'or au dieu de Delphes rapportaient la promesse d'une victoire plus insigne qu'aucune des précédentes. Sans doute il s'agissait de celle qu’on remporterait en Afrique, et que les dieux révélaient à Scipion par les inspirations surnaturelles dont ils continuaient de k favoriser. La difficulté consistait à savoir comment on
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CENT SEIZIÈME LEÇON. 363 disposerait les Asiatiques à céder la Mère Idéenne, qui n’était pourtant qu'une grosse pierre, tombée, disait-on, du ciel sur le mout Ida. On se flatta d’y réussir par l'entremise du roi de Pergame Attale, l’allié de Rome contre Philippe de Macédoine. On lui députa, sur une escadre de cinq quinquérèmes, cinq ambassadeurs, dont le chef était Lévinus, qui avait été, comme vous l’avez vu, Messieurs, son compagnon d'armes. À ce Lévinus ancien consul on adjoignait Métellus ancien préteur, Sulpicius jadis édile, et deux ci-devant questeurs , Trémellius Flaccus et Valérius Falto. En passant à Delphes, ils consultèrent de nouveau l’oracle, qui leur répondit qu'Attale leur rendrait immanquablement le service qu'ils attendaient de lui; mais que, lorsqu'ils auraient transporté la déesse à Rome, il fallait ne la remettre qu'aux mains du plus honnête homme de la républiae. Débarqués en un port d'Asie, ils se rendirent par terre à Pergame, où le roi les accueillit avec bienveillance. Il les conduisit lui-même à Pessinonte, sur les bords du Sangarius. Les Pessinontins leur remirent sans la moindre difficulté la mère de tous les dieux, la souveraine de toutes les cités; complaisance qui ne semble explicable qu'en supposant que ces Asiatiques élaient beaucoup moius superstitieux que les Romains, qu'ils savaient mieux estimer à sa juste valeur une pierre informe et massive. Embarquée avec les heureux ambassadeurs , elle ne fit son entrée à Rome que sous le consulat suivant; mais je n’interromprai point le réat des faits qui coucernent une si précieuse acquisition. Quand les galères approchèrent des côtes de lltalie, Pun des cinq députés, Valérius Falto, prit les devants, et annonça que la déesse allait arriver au
port d’Ostie. En effet, les quatre autres vaisseaux étaient à la hauteur d’Anxur ou T'erracine. Le sénat, solennellement convoqué, entendit le rapport de Falto, l'avis donné par l’oracle de Delphes, et se trouva fort embarrassé à choisir, parmi tant de citoyens vertueux, le plus digne de recevoir le dépôt sacré. Les pères conscrits se déclarèrent, dans leur sagesse, en faveur de Publius Cornélius Scipion Nasica, cousin germain du consul Scipion , et fils de Cnéius Scipion mort en Espagne l’an 212. Les historiens nous laissent ignorer quels titres pouvait avoir à cette préférence Nasica, parvenu à peine à sa trentième année en 204. Tite- Live avoue qu’il ne la saurait expliquer; et, les contemporains ne lui en disant rien , il s’abstient de proposer ses propres conjectures : Zd quibus virtutibus inducti ila Judicarint, sicut proditum a proximis memorie temporum illorum scriptoribus, libens posteris traderem; ila meas opiniones , conjectando rem vetustate
obrutam »/10on interponam. Noussavons seulement que |
Nasica reçut à Ostie la Mère Idéenne , et lui rendit les premiers hommages. Il était suivi des dames romaines les plus vénérables, et de quelques vestales, parmi lesquelles on distinguait Quinta Claudia. Le prénom Quinta qu’elle portait, apparemment comme cinquième enfant de Claudius, a été quelquefois changé mal à propos en Quinctia : la famille des Quinctius ne tenait aucunement à celle des Claudius. La présence
de Quinta Claudia peut ici sembler surprenante; car |
il s’en fallait que la réputation de zette vestale fût res tée intacte : on lui reprochait des manières libres, et trop de goût pour les parures mondaines. On re la vi pas moins au nombre des personnages qui eutouraient
Nasic de la escort demeu cite u seulerr Præte ne qui détails mais j” La g chure « que les formé.
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CENT SEIZIÈME LECON. 365 Nasica, lorsque, monté sur une galère, il reçut la déesse de la main des prêtres idéens, des galli, qui l'avaient escortée. Nous avons lieu de croire que ces prêtres demeurèrent et se perpétuèrent à Rome ; car Cicéron cite une loi qui leur réservait exclusivement, mais seulement à certains jours, le privilége de la mendicité : Præter Tdeæ Mairis famulos , eosque justis diebus, ne quis stipem cogito. Îl ÿ aurait lieu à beaucoup de détails sur les pratiques et les déréglements des pal; mais j’achève l’histoire du voyage de leur divinité.
La galère qui portait Nasica s’av:nça vers l’'embouchure du Tibre, et vint échouer sur un banc de sable que les chaleurs et la sécher:sse de la saison avaient formé. Un raconte que Quinta Claudia saisit cette occation de dissiper les soupçons élevés contre elle : elle supplia la déesse de lui rendre un éclatant témoignage. Plusieurs paires de bœufs et un grand nombre d’ouvriers robustes venaient d'épuiser en vain toutes leurs forces pour remettre le navire à l’eau : la vestale y attacha sa ceinture, et le dégagea sans efforts. Les auteurs païens ont admiré, à ce propos, l'équité, la bonté, la toute-puissance ou, comme on parle aujourd’hui, l’omnipotence de la Mère des dieux: quelques Pères de l'Église ont admis ce miracle, ex l’expliquant d’une autre manière. La critique moderne a bien le droit d'en contester la réalité, surtout quand nous voyons Ovide n’invoquer sur ce point que le témoignage des poêtes dramatiques :
Mira, sed et scena testificata loquar.
Des interprètes ont entendu ici, z1: scena, le licu où le prodige s’était accompli; mais il n’en restait, en c* lieu , aucun vestige, en sorte que scena ne peut signi-
366 HISTOIRE ROMAINEF.
fier que le théâtre, où l’on mettait en scène «x merveil. leux récit. Du reste, Ovide ,au quatrièmelivre deses Fas. tes, a chanté la Mère Idéenne, sa translation à Rome, ct l’intervention de Claudia, mon pourtant sans ajouter, omettre et modifier quelques circonstances. Voici, Mes. sieurs, ce morceau, traduit par Saint-Ange.
Un prêtre consulta les vers de la Sibylle,
Et l'on y lut ces mots, énigme difficile :
« Cherchez la mère absente ; amenez-la, Romains; « Mais pour la recevoir il faut de chastes mains. » Sur cet oracle obscur le sénat délibère,
En quels lieux la chercher ? et quelle est cette mère ? On consulte Apollon : « C’est la mère des dieux;
« Elle habite l’Ida. Partez, et dans ceslieux
« Amenez, répond-il , sa poupe triomphale, »
Dans les champs de Phrygie alors régnait Attale. On députe vers lui; mais, rebelle aux destins,
Attale se refuse aux désirs des Latins.
O prodige! Cybèle ébranle au loin la terre,
Et prononce ces mots sortis du sanctuaire :
« Contentez les Romains, leurs désirs sont mes vœux; « Ne me retardez pas, donnez-moi, je le veux.
« Rome est de tous les dieux le temple le plus digne. « — Eh bien! s’écrie Attale, allez, je me résigne :
« Vous nous appartiendrez aux champs ausoniens ;
« Rome par ses aïeux remonte aux Phrygiens... » Sur les flots de son fils, Cybèle triomphante
Du long détroit d’Hellé fend la vague écumante; Elle laisse Rhété, Sigée et Ténédos;
Les Cyclades loin d’elle ont vu s’enfuir Lesbos. Elle passe la mer qui vit tomber Icare,
Et les marais de Lerne, et l'antre du Ténare... Des rochers de Libye elle évite les bords,
Découvre la Sardaigne et touche enfin nos ports. Elle entre dans Ostie, où le fleuve du Tibre, Épanché dans la mer, roule en un champ plus libre. Elle voit s’avancer les ordres de l'État,
Les chevaliers romains, le peuple et le sénat,
Les vieillards, les enfants, les mères et les filles,
Et les vierges encore, honneur de leurs familles , : Qui, par de chastes soins à Vesta consacrés, deses Fas- Entretiennent le feu dans les foyers sacrés. ! Rome, ct La poupe hospitalière, en nos murs attendue, 16 ajouter, Contre la corde, en vain par mille bras tendue, a Lutte, et du Tibre à peine elle monte le cours : Voici, Mes- La terre était aride ; un long hâle en ces jours ; Avait tari le fleuve, et, stable sur sa base, La carène s'enfonce en une épaisse vase, On s’obstine à tenter des efforts pl qu'humains, Et la voix encourage et les bra nains.
Mais la nef, aux regards de la ise, Semble une ile des mers sur rise, Claudia, digne sang de l’antiq Possède des attraits égaux à ses Mais de ses envieux la langue envenimée Osa de sa pudeur ternir la renommée.
Plaire et par sa parure attirer les regards, Dans sa libre gaité plaisanter les vieillards, Voilà son crime : un cœur sûr deson innocence, Sourd à la calomnie, en croit sa conscience, Mais, trop enclin au mal, l’homme faible ou méchant A toujours pour y croire un facile penchant, es VŒUX; Elle sort de son rang, et sa main virginale Se plonge dans le fleuve, y puise une eau lustrale... digne. « Mère auguste des dieux, à tes pieds tu me vois : « D'une humble suppliante écoute ici la voix. « Qn m’accuse : à tes yeux si je suis condamnable, « Prête à subir la mort, je m’avouerai coupable, « Si je ne le suis pas, toi qui lis dans les cœurs, « Tu dois d’un faux soupçon justifier mes mœurs; « Toi, la chasteté même, à déesse puissante, « Suis-moi, cède à la main d’une vierge innocente! » Elle dit, prend le câble , et, marchant sur le bord, S'avance d’un pas libre et tire sans effort.
Ce que je vais conter tient au pouvoir céleste ; Mais le prodige est sûr, le théâtre l’atteste. Cybèle suit alors la main qui la conduit, Et proclame l'honneur du guide qu'elle suit... La nuit vient; le vaisseau que la vestale entraine Est lié par un câble au tronc noueux d’un chêne,
« merveil.
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